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France

Grand débat: Jouanno doit « tirer les enseignements » de son retrait, selon Griveaux

AFP

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Chantal Jouanno, qui s’est retirée de l’organisation du grand débat national, sans toutefois démissionner de la présidence de la Commission nationale du débat public (CNDP), devrait « tirer les enseignements » de ce retrait « incompréhensible », a estimé Benjamin Griveaux jeudi.

« Je trouve assez incompréhensible qu’elle s’en soit elle-même exclue, c’est un rendez-vous manqué, et je trouve ça dommage. C’est à elle d’en tirer les enseignements ou à la commission de le faire », a estimé le porte-parole du gouvernement sur RTL.

Interrogé pour savoir si elle n’était donc plus en mesure de présider la CNDP, M. Griveaux a jugé « assez incompréhensible pour nos concitoyens de démissionner de la principale mission confiée à la commission qu’on préside soi-même ».

Mme Jouanno a annoncé mardi soir son retrait du « grand débat national » destiné à tenter de sortir de la crise des « gilets jaunes », après la polémique suscitée par son salaire mensuel brut de 14.666 euros.

Le Premier ministre Édouard Philippe a regretté mercredi sa décision, parce qu' »elle intervient tard dans le processus, et que c’est une complexité supplémentaire de ce débat ». Il avait toutefois dit n’y voir qu’une « péripétie ».

Interrogé sur une éventuelle démission de Mme Jouanno de la CNDP, M. Philippe a souligné que son mandat était « irrévocable », tout en estimant qu’il lui appartenait de « se déterminer ». « Elle le fera en conscience, elle aura l’occasion de le faire, ça me semble parfaitement naturel », a-t-il dit.

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France

Nouvelle charge d’Alexandre Djouhri contre une « machination politique »

AFP

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Alexandre Djouhri, personnage-clé de l’enquête sur le financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a de nouveau dénoncé mardi une « machination politique » lors d’un entretien sur LCI, un mois après la décision de la Grande-Bretagne de l’extrader vers la France.

L’hommes d’affaires de 60 ans, qui a fait appel de cette décision et réside à Londres, a lancé une nouvelle charge contre une justice qu’il juge « politique ».

Arrêté en janvier 2018 à Londres et libéré sous caution, M. Djouhri est réclamé par la justice française en vertu d’un mandat d’arrêt européen, notamment pour « complicité de détournements de fonds publics » et « corruption ».

« On a essayé de construire une affaire, c’est une machination politique », a-t-il affirmé. « J’ai rencontré Kadhafi avec Bachir Saleh (ex-argentier du dictateur et un proche de M. Djouhri, ndlr) mais jamais il n’a été question de financement ».

« Je pense qu’ils ont essayé de trouver quelque chose qui pouvait faire échouer Nicolas Sarkozy », a-t-il estimé, accusant le site Mediapart d’y être parvenu avec ses révélations sur l’affaire entre les deux tours de la campagne présidentielle de 2012.



Si ce financement avait été envisagé, « j’aurais été au courant, j’aurais entendu quelque chose », a-t-il assuré. « Maintenant, il peut y avoir eu des détournements de fonds concernant des Libyens et d’autres personnes X, qui ont peut-être fait croire qu’il y avait un financement politique ».

Le nom d’Alexandre Djouhri, un proche de Claude Guéant, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, est apparu dans l’enquête notamment en raison de la vente suspecte en 2009 d’une villa située à Mougins, sur la Côte d’Azur, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh.

Il est soupçonné d’en avoir été, derrière plusieurs prête-noms, le véritable propriétaire et de l’avoir cédée à un prix surévalué, ce qui aurait pu permettre de dissimuler d’éventuels versements occultes.

« C’est l’imaginaire et la machination, j’ai jamais eu de villa en prête-nom et j’ai jamais vendu de villa à Bachir Saleh », s’est-il défendu. « Il y a un ayant-droit économique qui s’appelle Ahmed Salem qui a revendu à un autre client qui s’appelle Bachir Saleh, à un fonds. Je n’ai jamais touché un centime dans cette transaction », a-t-il plaidé.

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France

Prison de Condé-sur-Sarthe: les grévistes de se prononcent mercredi sur le blocage

AFP

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Les surveillants qui bloquent depuis deux semaines la prison de Condé-sur-Sarthe/Alençon se prononceront mercredi matin sur des propositions faites mardi par la direction de l’administration pénitentiaire (DAP), selon FO.

Les grévistes de cette prison où deux surveillants ont été grièvement blessés le 5 mars par un détenu radicalisé « décideront mercredi matin des suites à donner » à plusieurs heures de discussions mardi entre le directeur de l’administration pénitentiaire, Stéphane Bredin, et des représentants locaux des personnels, a indiqué à l’AFP un délégué national FO, Emmanuel Guimaraes.

« C’est la première fois » depuis le début du blocage que M. Bredin « se rend » à Condé, avait indiqué vers 19h la DAP. Son but était « d’entendre les demandes et les revendications des agents » selon la même source.

Selon FO, M. Bredin est arrivé vers 15h30/16h à la prison et l’entretien s’est achevé peu après 22H.

Les surveillants sont « toujours aussi déterminés », avait déclaré dans une vidéo diffusée mardi matin en direct sur Facebook Allasan Sall, délégué FO de Condé. « Nous voulons travailler dans des conditions de sécurité », avait-il ajouté. « Nous sommes aux alentours de 80 (surveillants à bloquer, ndlr), voire plus », avait indiqué le syndicaliste.

L’Observatoire international des prisons (OIP) a affirmé mardi que la prison était « au bord de l’explosion » en raison du mouvement social qui a, selon l’OIP, « des conséquences dramatiques pour les personnes incarcérées ». « Les poubelles ne sont plus évacuées. L’odeur devient insupportable », ajoute l’Observatoire.



Selon la DAP, « la situation niveau personnel à Condé s’est sensiblement améliorée depuis lundi, avec une soixantaine d’agents sur place ». « Les effectifs étant plus conséquents, deux repas chauds seront assurés ce jour (mardi) (…) La distribution de la cantine tabac a également été reprise », précise la direction.

Le tribunal administratif de Caen doit examiner mercredi à 13h30 un recours de l’association des avocats pour la défense des droits des détenus (A3D) pour que l’Etat « rétablisse » les modes habituels d’échanges entre détenus et avocats à Condé, selon le greffe.

Depuis le début du blocage, les forces de l’ordre interviennent chaque jour ponctuellement, le temps de faire rentrer le personnel non gréviste et des vivres. Mais le barrage se reforme aussitôt.

Au lendemain de l’attaque de Condé-sur-Sarthe, un mouvement social avait touché de nombreuses prisons. Mais depuis vendredi, seule Condé demeure bloquée. Jeudi, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait reçu une délégation syndicale.

« Des groupes des travail et une augmentation de 7 euros brut à l’horizon 2020. C’est rien. C’est du mépris », avait estimé M. Sall, évoquant les propositions de la ministre.

Dans le cadre d’un mouvement social national, tous secteurs confondus, la DAP a recensé mardi des rassemblements devant une quinzaine de prisons en France.

Radicalisé en prison, Michaël Chiolo, 27 ans, avait poignardé deux surveillants le 5 mars avant de se retrancher avec sa compagne pendant près de dix heures dans l’unité de vie familiale de la prison. Après négociations, le RAID avait lancé l’assaut, interpellant le détenu et tuant sa compagne.

Dans cette prison qui accueille des détenus particulièrement dangereux, radicalisés ou posant des problèmes de discipline, le taux d’occupation était au 1er février de 56% (110 personnes pour 195 places).

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France

Le pape refuse la démission de Barbarin, qui se met en retrait

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Le Pape François a refusé la démission du cardinal Philippe Barbarin, invoquant « la présomption d’innocence », a annoncé mardi le prélat français dans un communiqué, en précisant qu’il se mettrait « quelque temps » en retrait de son diocèse de Lyon.

« Lundi matin, j’ai remis ma mission entre les mains du Saint Père. En invoquant la présomption d’innocence, il n’a pas voulu accepter cette démission », a annoncé Mgr Barbarin.

Philippe Barbarin reste donc archevêque de Lyon en attendant son procès en appel, mais il a annoncé qu’il se mettait « en retrait pour quelque temps ».

Il laissera « la conduite du diocèse au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten », sur « suggestion » du pape « et parce que l’Église de Lyon souffre depuis » qu’a éclaté voici trois ans le scandale de pédophilie du diocèse de Lyon.

A Rome, le Vatican a confirmé par communiqué que « le Saint-Père n’a pas accepté la démission présentée par le Cardinal Philippe Barbarin ».

« Conscient, cependant, des difficultés que connaît actuellement l’archidiocèse, le Saint-Père a laissé le cardinal Barbarin libre de prendre la décision la plus appropriée pour son diocèse », ajoute le texte.



Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules (titre honorifique conféré à l’archevêque de Lyon depuis le XIe siècle), Mgr Philippe Barbarin est considéré à 68 ans comme le plus haut dignitaire de l’Eglise de France.

A l’issue d’un procès devenu symbole de la crise de l’Eglise face aux actes pédophiles, il a été condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agressions pédophiles imputées par des scouts au père Bernard Preynat dans les années 1980/1990 et dont il avait été informé par une victime en 2014.

Le cardinal a martelé durant le procès n’avoir « jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles ». Mais le jugement considère qu’il a choisi de ne rien dire aux autorités françaises « pour préserver l’institution » de l’Eglise, empêchant ainsi « la découverte de très nombreuses victimes d’abus sexuels par la justice ».

Ses avocats ont fait appel et il faudra donc attendre le jugement de ce second procès pour connaître le sort définitif du prélat.

Réputé proche de Mgr Barbarin, le pape argentin a longtemps pris personnellement la défense du cardinal français. Lorsque l’affaire avait éclaté en 2016, il avait déjà rejeté une démission du prélat, jugeant qu’elle serait « un contresens, une imprudence », avant l’issue de son procès.

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