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Santé

L’adolescence d’une crise sociale et individuelle

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Quelle crise?

Crise politique, crise sociale, crise existentielle liée à l’insécurité et la précarité, crise de nerf, crise d’adolescence, crise de folie…

Quels liens, quelles articulations existe-t-il entre ces différentes crises ?

L’accumulation des facteurs de mal-être aboutit aux débordements auxquels on assiste en ces temps de crise : des souffrances collectives induites par le terrorisme à la révolte des gilets jaunes liée à un profond sentiment d’injustice et de maltraitance.

« Quand la crise devient une chance », livre de Thierry Delcourt, éd. Eyrolles, 2018, propose de faire de la crise l’origine d’un changement réel et profitable. L’histoire collective et les histoires individuelles prouvent que c’est non seulement possible mais fréquent.

La rencontre avec les personnes qui vivent ou ont vécu une crise, permet de comprendre :

  • Comment et pourquoi il a fallu une crise pour vraiment poser le problème et l’exprimer.
  • Le processus qui révèle une ressource individuelle et/ou collective.
  • Comment s’initie le recours créatif face aux obstacles qui étaient vécus comme une impasse.

Ce recours créatif est la clé des bienfaits de la crise. Mais il faut souvent une main tendue, un fil d’Ariane proposé par une personne empathique, pour détricoter la crise et réinventer sa vie.

Inventer la vie, réinventer sa vie, ce n’est pas une illusion. C’est une alchimie entre le refus de se laisser piéger dans une impasse, l’acceptation des limites qu’imposent la réalité et l’audace pour donner corps à une utopie.

Pour que la crise devienne une chance, il y faut l’audace de l’utopie, mais sans l’aveuglement.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Santé

Au Pakistan, la nourriture est disponible, mais la malnutrition fauche les enfants

AFP

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Le Pakistan, à l’économie largement agricole, exporte chaque année des millions de tonnes de céréales. A Mithi, petite ville du Sud désertique, comme ailleurs dans le pays, des dizaines de patients souffrant de malnutrition franchissent pourtant chaque jour les portes de l’hôpital.

Une mère, paniquée, se rue dans le service pédiatrique de cet établissement. Dans ses bras, son minuscule bébé de sept mois, les yeux vides et le visage émacié, ne pèse que 2,5 kilos. Soit près de trois fois moins que le poids requis à cet âge.

Rapidement pris en charge, le nourrisson rejoint neuf autres bébés. Tous sont sous perfusion. Ils geignent dans des incubateurs, des canules dans le nez.

L’une des mères, Nazeeran, 25 ans, se désole, impuissante. « Son poids chute alors que nous avons consulté de nombreux médecins pour qu’ils la traitent malgré notre pauvreté », explique-t-elle à l’AFP, tout en tenant la main de sa petite fille aux yeux écarquillés.

Sur les 150 à 250 patients visitant quotidiennement l’hôpital civil de Mithi, environ un sur cinq souffre de malnutrition, estime le Dr Dilip Kumar, chef du service pédiatrique.

Les conséquences sont dramatiques en termes de mortalité infantile.

Avec 74,9 enfants sur 1.000 décédant avant leurs 5 ans, le Pakistan, pourtant quarantième économie au monde, se classe au niveau des pays africains les moins avancés, selon la Banque mondiale. Par opposition, ce ratio est de 39,4/1.000 en Inde et de 4,1/1.000 dans l’Union européenne.

– Situation « presque alarmante » –

L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires place de son côté le Pakistan au 106e rang sur 119 pays comptabilisés dans son indice de la faim dans le monde.

Un cinquième des plus de 200 millions de Pakistanais sont mal nourris, note ce centre de recherche, qui qualifie la situation du pays de « grave, presque alarmante ».

Le Pakistan n’est pourtant pas en manque de denrées. Il devait exporter 500.000 tonnes de blé et 7,4 millions de tonnes de riz entre mai 2018 et avril 2019, d’après le département de l’agriculture américain.

Le Pakistan fait aussi face à un excédent de pommes de terre, selon le quotidien Dawn.

Mais ce n’est pas parce que la nourriture est disponible au niveau national que les gens y ont accès localement, expliquent plusieurs experts.

Dans la région de Tharparkar, dont Mithi est la capitale, il n’y a ainsi ni disponibilité des denrées, ni accessibilité, explique Ambreen Fatima, une économiste de l’université de Karachi.



Se pose aussi la question du coût des aliments: « Le plus gros défi est de rendre abordables » les produits alimentaires au Pakistan, commente Kaiser Bengali, un économiste spécialisé dans la pauvreté et la famine.

– « Jamais vu une pomme » –

Dans l’une des enquêtes qu’il a réalisées à Karachi, la capitale financière du pays, Kaiser Bengali raconte avoir « rencontré des enfants qui n’avaient jamais vu une pomme » ou « une famille qui n’avait jamais mangé d’oeufs de toute sa vie ».

D’après le Département du Plan pakistanais, une entité publique, 40% de la population vit dans un état de « pauvreté multidimensionnelle », ce qui signifie qu’outre l’argent, ces personnes manquent de services de base, comme la santé, l’eau potable ou l’électricité, qui font qu’elles ont parfois du mal à se nourrir.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « de mauvaises infrastructures, particulièrement dans les zones rurales reculées du Pakistan, limitent aussi l’accès à la nourriture ».

Tout comme l’eau de mauvaise qualité, le manque d’hygiène, d’éducation et de services de santé « contribuent à une plus grande insécurité alimentaire et à la malnutrition », insiste la FAO.

Alors que les politiciens pakistanais expliquent l’importante mortalité infantile du district de Tharparkar par la sécheresse régnant dans cette zone désertique, les véritables raisons sont en fait complexes.

La malnutrition est ainsi générée par « de fréquentes grossesses, des mariages (trop) jeunes, une carence en fer des mères, (un manque) d’allaitement, une immunisation basse et un sevrage précoce », énumère le Dr Kumar, le pédiatre en chef de l’hôpital de Mithi.

Seuls 38% des bébés sont nourris exclusivement au sein au Pakistan pendant leurs six premiers mois, du fait de traditions locales, de mères trop occupées ou du puissant marketing de l’industrie du lait.

Nombre de mamans sont également encouragées à nourrir leurs nouveaux-nés de thé ou d’herbes, ce qui occasionne des retards de croissance. L’utilisation du lait en poudre, mélangé à une eau impure, peut se révéler tout aussi désastreuse.

Que le Pakistan exporte des millions de tonnes de céréales a ainsi peu à voir avec la haute mortalité infantile sévissant dans le pays. Et comme l’observe l’économiste Kaiser Bengali, un jeune enfant n’est de toute façon « pas nourri avec du blé ou de la nourriture solide. »

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Santé

L’Assemblée achève l’examen du projet de loi santé, vote solennel mardi

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L’Assemblée nationale a achevé dans la nuit de vendredi à samedi l’examen du projet de loi santé, après avoir adopté des mesures qui doivent permettre de régulariser des médecins étrangers ou lutter contre l’influence des lobbies auprès des étudiants en santé.

Les députés avaient entamé lundi l’examen en première lecture du projet de loi porté par Agnès Buzyn. Ils ont fini leur travaux vers 3 heures du matin, au terme d’un « marathon », selon les termes du rapporteur Thomas Mesnier (LREM).

Le texte fera l’objet d’un vote solennel mardi, avant de poursuivre son parcours parlementaire au Sénat.

Dans la dernière ligne droite de l’examen du texte, les députés ont notamment adopté un article qui doit permettre de régulariser des médecins étrangers, indispensables au fonctionnement de nombreux hôpitaux publics, et d’améliorer de façon pérenne leur intégration.



Le texte doit permettre de résoudre, d’ici la fin de l’année 2021, la situation de certains de ces praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue), médecins, pharmaciens, dentistes ou sages-femmes, exerçant sans autorisation de plein exercice, après étude de leur dossier. Le projet de loi apporte par ailleurs diverses améliorations au dispositif pérenne d’autorisation.

Les députés ont également adopté, à l’initiative du gouvernement, un amendement qui « vise à interdire l’offre de tout avantage aux étudiants en santé ». Il s’agit de « mettre un terme à des pratiques d’influence qui perdurent dans les lieux de formation », selon le gouvernement.

La porte-parole LREM Aurore Bergé s’est félicitée sur Twitter de mettre ainsi fin « aux pratiques d’influence des lobbies dans les lieux de formation des professionnels de santé ».

Juste avant d’achever l’examen du texte, les députés ont aussi prévu la remise d’un rapport dans un délai de six mois par le gouvernement « sur l’accès effectif à l’interruption volontaire de grossesse et sur les difficultés d’accès rencontrées dans les territoires, y compris celles liées aux refus de pratiquer » une IVG par certains praticiens.

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Santé

Condamné pour euthanasie, un médecin monte sur scène à Madrid

AFP

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S’avançant sur scène, Marcos Hourmann se présente: « Je suis le premier médecin condamné en Espagne pour avoir pratiqué l’euthanasie ». Puis, face au public d’un théâtre madrilène, il dit: « j’aimerais que ce soir, vous me jugiez ».

A quelques semaines des élections législatives du 28 avril en Espagne, le spectacle documentaire « Celebraré mi muerte » (« Je fêterai ma mort ») relance d’une façon inédite le débat sur la fin de vie.

Et ce alors que le dirigeant socialiste sortant Pedro Sanchez promet de « reconnaître le droit à l’euthanasie », légale aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, s’il dispose d’une majorité suffisante après le scrutin.

Au Teatro del Barrio, le Dr Hourmann se déleste chaque soir de son histoire, quatorze ans après avoir abrégé, d’au moins quelques heures, la vie d’une patiente en Espagne.

« Ce cadeau qu’on me fait (de monter sur scène), c’est la possibilité de vomir » les paroles jamais dites, dit à l’AFP ce médecin qui avait été condamné pour homicide involontaire sans procès ni débat public.

« Quinze jours avant le procès, en 2009, le parquet avait demandé un accord que nous avions accepté: la peine avait été abaissée, des dix ans de prison initialement requis pour homicide à une année, et comme je n’avais pas de casier judiciaire, je n’avais pas été écroué », dit-il.

Cet Argentin de 59 ans avait cru ensuite pouvoir refaire sa vie de médecin au Royaume-Uni… jusqu’à ce qu’en 2010, le tabloid The Sun fasse campagne contre lui en le traitant de « killer doc » (docteur assassin).

– « Aider à mourir » –

Le 28 mars 2005, il était de garde aux urgences de l’hôpital de Tarragone (Catalogne, nord-est de l’Espagne) quand arriva une patiente affectée d’un cancer du côlon en phase terminale et de multiples pathologies. Par deux fois, elle lui dit « je veux mourir », assure-t-il.

« La femme que j’ai tuée s’appelait Carmen. Elle avait 82 ans. Je lui ai admnistré du chlorure de potassium », dit-il.

Pourquoi avoir alors pris la décision de consigner son acte par écrit dans le certificat de décès, ce qui lui valut d’être poursuivi par l’hôpital?, demande une voix off durant la pièce.



« Si je ne l’avais pas écrit, je serais allé contre mes idées », répond-il, en rejetant l' »hypocrisie ».

Un mois plus tôt, en février 2005, le réalisateur hispano-chilien Alejandro Amenabar avait reçu un oscar à Hollywood pour son film « Mar adentro » inspiré de la vie de l’Espagnol Ramon Sampedro: devenu tétraplégique à 25 ans, ce marin avait ensuite passé 29 années à militer pour le droit à l’euthanasie, décrivant la « torture de vivre collé à un corps mort ».

Le même mois de février 2005, une amie de Sampedro avait admis devant la justice – une fois le délit prescrit – avoir participé à son suicide assisté en 1998.

Dans le cas du Dr Hourmann, le spectacle montre qu’il fit d’abord ce qu’on attendait d’un urgentiste: tenter de sauver la vie puis pratiquer légalement une sédation profonde quand il n’y avait plus d’espoir.

Mais « l’infirmière m’a réveillé parce que Carmen continuait de s’étouffer. Sa fille m’a dit: +je ne peux la voir comme ça+ », rapporte-t-il, pour justifier d’avoir finalement pratiqué l’injection létale afin d’éviter une mort atroce par asphyxie.

« Si je ne peux plus l’aider à vivre, n’est-ce pas mon devoir de médecin de l’aider à mourir? », demande-t-il.

Par souci d’équilibre, le spectacle fait aussi entendre des déclarations d’experts ou d’élus « totalement opposés à l’euthanasie », souligne le metteur en scène Alberto San Juan. Tel un médecin faisant valoir que l’éthique permet d' »en finir avec la souffrance » mais interdit d' »en finir avec le patient »…

Les socialistes ont présenté en juin une proposition de loi de régulation de l’euthanasie, avec le soutien de Podemos (gauche radicale). Mais le Parti populaire (PP, conservateur) et Ciudadanos (libéral) – majoritaires au bureau du Congrès – en ont bloqué l’examen depuis octobre.

« Le Parti socialiste est un expert pour créer des problèmes inexistants », a accusé le président du PP Pablo Casado, appelant à « ne pas intervenir dans la vie ni la conscience » des gens.

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