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RD Congo

RD Congo: L’Eglise catholique dit connaître le vainqueur

Reuters

Publié le

L’Eglise catholique de la République démocratique du Congo (RDC) a affirmé jeudi connaître le vainqueur de l’élection présidentielle qui avait lieu dimanche dernier et a réclamé que la commission électorale en publie des résultats “dans le respect de la vérité et de la justice”.

La mission d’observation électorale de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) “constate que les résultats en sa possession, issus des procès-verbaux de vote, consacrent le choix d’un candidat comme président”, a déclaré à la presse son secrétaire général, Donatien Nshole, qui n’a pas précisé son nom.

L’Eglise, qui est l’une des institutions les plus crédibles du pays, avait déployé plus de 40.000 observateurs pour surveiller le déroulement du scrutin censé marquer le premier transfert démocratique du pouvoir.

Elle appelle la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à “publier, en toute responsabilité, les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice”, a-t-il ajouté.

Vingt-et-un candidats étaient en lice le 30 décembre pour succéder à Joseph Kabila, au pouvoir depuis l’assassinat de son père, Laurent-Désiré, en 2001, et qui avait accepté de ne pas se représenter en application de la loi sur la limitation des mandats.

Le président sortant soutenait son ancien ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, que des sondages sur les intentions de vote avant le scrutin donnaient derrière les deux principaux candidats de l’opposition, Félix Tshisekedi et Martin Fayulu.

Les observateurs de la Cenco, de même qu’un collectif d’observateurs locaux, ont fait part de problèmes lors de l’élection qui ont, disent-ils, empêché de nombreux électeurs de voter.

Selon la Synergie des missions des observations citoyennes des élections (Symocel), 27% des bureaux où se trouvaient ses enquêteurs ont ouvert leurs portes plus tard que stipulé par la loi, et 24% ont fermé prématurément.

La Symocel, qui a déployé des milliers d’observateurs à travers le pays dimanche dernier, précise que 18% des bureaux de vote où elle se trouvait ont connu des problèmes de fonctionnement avec les machines à voter.

La Conférence épiscopale a également fait part de dysfonctionnements lors du scrutin. Selon elle, dans 9% des bureaux de vote où elle avait des observateurs, l’identité des électeurs n’a pas été correctement vérifiée. Dans 6% des bureaux, il y a eu avec les machines à voter des problèmes qui ont duré plus d’une heure.

Le gouvernement congolais, pour sa part, a défendu la crédibilité du scrutin présidentiel.

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a déclaré jeudi que les opérations électorales s’étaient bien passées sauf dans les villes de Beni et de Butembo, dans l’est du pays, touchées par l’épidémie de fièvre Ebola et où la tenue du scrutin avait été interdite.

Les résultats provisoires sont attendus pour dimanche avant la publication le 15 janvier des résultats définitifs en vue d’une investiture du successeur de Kabila le 18. Mais la commission électorale a indiqué mercredi que la publication des résultats pourrait être repoussée du fait de remontées en nombre insuffisant des bureaux de vote.

Pour l’opposition, ce retard laisse craindre une tentative de fraude.

Lambert Mende a justifié la décision des autorités de couper internet jusqu’à la publication des résultats, affirmant qu’il s’agissait d’éviter la diffusion de fausses nouvelles.

Mercredi, les observateurs africains déployés pour superviser les élections ont jugé que le scrutin s’était déroulé “relativement bien” malgré les incidents qui ont empêché de nombreux électeurs de voter.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

RD Congo

Meurtre d’un médecin camerounais anti-Ebola en RDC: onze arrestations

AFP

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Les autorités congolaises ont annoncé jeudi l’arrestation de onze responsables présumés du meurtre vendredi d’un médecin camerounais déployé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour lutter contre l’épidémie Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo.

“Dans ce lot, il y a quatre présumés auteurs moraux et trois présumés auteurs matériels, c’est à dire des personnes qui avaient tiré sur l’épidémiologiste camerounais aux cliniques universitaires catholiques du Graben (à Butembo)”, a déclaré à la presse le colonel Kumbu Ngoma, magistrat à la cour militaire du Nord-Kivu.

“Nous espérons qu’avec ces multiples arrestations, les forces de l’ordre arriveront à identifier et traduire en justice toutes les personnes qui sont impliquées dans ces violences contre le personnel médical et les infrastructures sanitaires à Butembo, ainsi que celles qui instrumentalisent les délinquants contre la riposte”, a réagi le ministère de la Santé dans un communiqué.

Rumeurs et défiance entravent le travail des personnels de santé dans la région, où une partie des habitants de la région sont dans un déni de la maladie, qui prend parfois des formes violentes.

Mercredi, des dizaines de médecins et infirmiers en blouses blanches ont manifesté contre l’insécurité à Butembo, où s’est déplacé l’épicentre de l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola déclarée le 1er août à Mangina près de Beni.

Les personnels soignants ont donné aux autorités “une semaine pour nous sécuriser” a déclaré un de leur porte-parole, le docteur Adelart Kalima.

“Si cela n’est pas fait, nous allons décréter une grève sèche la première semaine de mai. On va se réunir pour évaluer la situation”, a-t-il ajouté.

Les Centre de traitements d’Ebola (CTE) de Katwa (à huit km de Butembo) puis de Butembo ont été attaqués fin février et début mars. Au moins un policier a été tué à Butembo.

L’ONG Médecins sans frontière (MSF) avait indiqué qu’elle “suspendait” ses activités après ces attaques, laissant l’OMS et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en première ligne avec le ministère de la Santé.

Les décès sont repartis à la hausse après ces attaques. “Au total, il y a eu 885 décès (819 confirmés et 66 probables)”, a indiqué le ministère de la Santé dans son dernier bulletin mercredi soir.

Il s’agit de la plus grave des dix épidémies d’Ebola enregistrées sur le sol congolais depuis 1976 et de la deuxième la plus grave après celle en Afrique de l’ouest en 2014 (plus de 11.000 morts en Guinée, Sierra Leone et au Liberia principalement).

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RD Congo

RDC: l’ONU s’engage vers une stratégie de retrait progressif

AFP

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L’ONU a entrepris d’élaborer une stratégie de retrait progressif de Casques bleus de République démocratique du Congo, qui pourrait se traduire à moyen terme par de premiers ajustements et changements de priorités.

Après l’élection d’un président, une ouverture de l’espace politique et une amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs régions, “nous allons ajuster progressivement la Monusco, tant dans sa taille que dans sa mission et sa présence”, indique un responsable de l’ONU sous couvert d’anonymat.

Les Nations unies sont présentes en RDC depuis une vingtaine d’années et la Monusco, avec ses quelque 16.000 Casques bleus, représente l’une de ses missions actuelles les plus importantes et les plus coûteuses.

“Nous regardons comment l’ajuster” au nouveau contexte dans le pays “et probablement la réduire. Le processus et les modalités restent à définir”, ajoute le même responsable. A moyen terme, “la Monusco peut être réduite dans des proportions relativement modestes”, précise-t-il.

“Nous devons travailler avec les Congolais sur un processus conduisant à une stratégie de sortie progressive”, résume ce responsable.

A la différence de l’ex-président Joseph Kabila qui réclamait régulièrement le départ de la Monusco, le nouveau chef d’Etat Félix Tshisekedi a plutôt montré jusqu’à présent de bonnes dispositions à l’égard de l’ONU.

“Il a indiqué vouloir garder la Monusco et sortir de la relation conflictuelle” entretenue jusqu’alors avec l’ancien président, indique un diplomate.

En conséquence, le Conseil de sécurité pourrait être amené fin mars, à l’échéance du mandat de la Monusco, à la prolonger de sept mois sans grands changements fondamentaux. En juin, lors de la renégociation annuelle du budget des opérations de paix de l’ONU, l’enveloppe consacrée à la RDCongo (1,11 milliard de dollars par an) ne serait fixée que pour six mois.

Ces échéances permettraient de donner du temps aux nouvelles autorités congolaises et à l’ONU pour définir l’avenir de la Monusco, indique le diplomate.

Dans plusieurs régions, l’ONU a constaté un intérêt croissant de groupes armés à déposer les armes et à rejoindre un processus de réintégration, notamment dans le Kasai ou en Ituri, selon le responsable de l’ONU.

Les violences continuent en revanche dans le Kivu (est) et l’ONU devra probablement renforcer à terme ses contingents dans cette partie du territoire alors qu’elle allégera sa présence dans l’ouest, selon une source proche du dossier.

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RD Congo

La riposte à Ebola en RDC “ne parvient pas à maîtriser” l’épidémie, selon MSF

AFP

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La riposte à Ebola en RDC “ne parvient pas à maîtriser” l’épidémie, a affirmé jeudi l’ONG Médecins Sans Frontières, imputant cet échec à la militarisation de la réponse et au manque de confiance des communautés affectées.

“Sept mois après le début de la plus importante épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, et dans un climat de méfiance croissante de la part de la communauté, la riposte ne parvient pas à prendre le dessus” et à “maitriser l’épidémie”, a indiqué MSF dans un communiqué.

Près de 900 cas ont été enregistrés, dont 563 décès, selon les autorités. Depuis le début de l’année, plus de 40% des nouveaux cas sont des personnes décédées d’Ebola chez elles, dans les communautés.

“Cela signifie que nous ne pouvons pas les atteindre et qu’elles n’ont pas cherché des soins”, a déclaré la présidente de MSF, Joanne Liu, lors d’une conférence de presse à Genève.

“Nous sommes face à une contradiction frappante: d’un côté, une réponse rapide et importante grâce à de nouveaux outils médicaux comme les vaccins et les traitements qui donnent des résultats prometteurs quand les patients arrivent tôt, de l’autre, des personnes infectées par Ebola qui meurent dans leurs communautés et qui n’ont pas suffisamment confiance en la réponse pour venir se faire soigner”, a-t-elle relevé, dans le communiqué.



La dixième épidémie d’Ebola a été déclarée le 1er août 2018 dans la province du Nord-Kivu avant de toucher quelques jours plus tard la province voisine de l’Ituri (nord-est).

Les activités de riposte contre l’épidémie ont, à plusieurs reprises, été perturbées par des attaques dans cette région de la RDC, en proie à des conflits.

La semaine dernière, MSF a suspendu ses activités de lutte contre Ebola à Katwa et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, à la suite d’attaques successives sur deux centres de traitement.

Durant le mois de février uniquement, des dizaines d’incidents sécuritaires ont eu lieu à l’encontre de l’ensemble des activités Ebola, selon MSF.

“Une série de problèmes a conduit à ces tensions”, dont “le déploiement massif de ressources financières centré seulement sur Ebola”, ainsi que “le report officiel des élections en raison de l’épidémie Ebola, exacerbant les soupçons selon lesquels Ebola serait une manigance politique”, a-t-elle poursuivi.

L’ONG déplore aussi l’utilisation de la police et des forces armées pour “imposer aux gens des mesures sanitaires”, car cela conduit les communautés locales “à se mettre davantage à l’écart”, ce qui est “contreproductif”.

“La force ne doit pas être utilisée comme un outil pour tracer et traiter les patients, contraindre à des enterrements sécurisés ou décontaminer les maisons”, a insisté MSF.

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