Connect with us

Algérie

L’Eglise béatifie en Algérie 19 religieux catholiques assassinés

AFP

Publié le

La tombe d'un des moines français assassinés durant la guerre civile en Algérie dans les années 1990, le 28 novembre 2018 au monastère de Tibéhirine, à environ 80 kilomètres d'Alger.n / © AFP/Archives / RYAD KRAMDI

L’Eglise catholique a béatifié samedi en Algérie 19 religieux et religieuses catholiques, assassinés pendant la guerre civile, dont les sept « moines de Tibéhirine », première béatification organisée dans un pays musulman.

Quelque 1.200 personnes, dont quelques centaines venues de l’étranger, étaient rassemblées sur l’esplanade de la chapelle Notre-Dame de la Cruz, qui domine la ville d’Oran (400 km à l’ouest d’Alger) durant les 2H30 de cérémonie.

Que « Mgr Pierre Claverie (…) et ses 18 compagnons, fidèles messagers de l’Evangile, humbles artisans de paix (…) soient dès maintenant appelés bienheureux », a déclaré le cardinal Angelo Becciu, envoyé spécial du Pape, lisant le décret de béatification en latin.

Les applaudissements se sont ensuite mêlés aux youyous.

Les proches des bienheureux côtoyaient le clergé d’Algérie, des religieux catholiques et des imams, ainsi que le ministre algérien des Affaires religieuses Mohamed Aïssa et le secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne.

Les accolades entre prêtres et imams présents, lors du « geste de paix » de la messe, ont été très applaudis.

En ouvrant la cérémonie, Mgr Paul Desfarges, archevêque d’Alger, a rendu hommage « aux milliers et milliers de victimes de la guerre civile algérienne (…) héros anonymes du quotidien ». Une minute de silence a ensuite été observée.

Dans un message lu par Mgr Becciu, le Pape François a souhaité que « cette célébration aide à panser les blessures du passé et crée une dynamique nouvelle de la rencontre et du vivre ensemble à la suite de nos bienheureux ».

« En faisant mémoire de la mort de ces 19 victimes chrétiennes, les catholiques d’Algérie et du monde veulent célébrer la fidélité de ces martyrs au projet de Paix que Dieu inspire à tous les hommes », a indiqué François. « Ils veulent, en même temps, prendre dans leur prière tous les fils et filles de l’Algérie qui ont été, comme eux, victimes de la même violence ».

« L’Eglise ne désire rien d’autre que servir le peuple algérien, témoignant de son amour envers tous », a assuré Mgr Becciu dans son homélie.

Il reste peu de chrétiens en Algérie, la plupart ayant quitté le pays à l’indépendance du pays, où l’islam est religion d’Etat mais où la Constitution garantit la liberté de culte.

– « Tués dans la haine » –

Lors de la Prière de l’Angelus Place Saint-Pierre, le Pape a également évoqué la béatification des 19 « religieux et religieuses tués dans la haine de la foi ».

Ces « 19 martyrs d’Algérie » sont 15 Français, deux Espagnoles, un Belge et une Maltaise, issus de huit congrégations catholiques différentes, assassinés entre 1994 et 1996, pendant la guerre civile en Algérie.

Mgr Pierre Claverie, dominicain et archevêque d’Oran, fervent partisan du dialogue avec l’islam, a été tué en 1996 par une bombe avec son jeune chauffeur algérien Mohamed Bouchikhi, à qui il a aussi été rendu hommage.

Sont également béatifiés les sept moines trappistes de Tibéhirine, enlevés en 1996 et dont seules les têtes furent retrouvées, un assassinat dont les circonstances exactes restent mystérieuses.

Leur destin tragique a inspiré le film du réalisateur français Xavier Beauvois, « Des Hommes et des Dieux », récompensé au Festival de Cannes, qui les a fait connaître.

A leurs côtés, quatre Pères blancs mitraillés dans la cour de leur mission de Tizi-Ouzou (100 km à l’est d’Alger) fin 1994, ainsi qu’un frère mariste, une sœur de l’Assomption, deux sœurs espagnoles augustines missionnaires, deux sœurs de Notre-Dame des Apôtres et une sœur du Sacré-Cœur, tous tués par balles à Alger en 1994 et 1995.

Tous avaient refusés, malgré les risques, de quitter l’Algérie et sa population, auprès de laquelle ils étaient investis.

D’où la volonté de l’Eglise catholique que leur béatification ait lieu en Algérie, selon Mgr Paul Desfarges.

– Béatification en pays musulman –

« Nous ne voulions pas d’une béatification entre chrétiens, car ces frères et sœurs sont morts au milieu de dizaines et dizaines de milliers d’Algériens » musulmans qui ont péri durant la décennie de guerre civile (1992-2002), a expliqué Mgr Desfarges.

Pendant la cérémonie, le père Thierry Becker, curé d’Oran, a chanté en arabe une prière à la Vierge Marie.

Les dignitaires musulmans de la ville se sont associés à la célébration en recevant les familles des bienheureux à la Grande Mosquée Ibn Badis, en présence du cardinal Becciu et du ministre algérien des Affaires religieuses.

« Cet événement, nous musulmans, nous y associons avec beaucoup de joie », a dit un imam, Mostapha Jaber, à la Grande Mosquée. « Ces martyrs chrétiens tués pendant cette tragédie nationale étaient (…) des hommes qui avaient une mission bien déterminée celle de répandre la paix ».

« Ces gens ont passé leur vie au milieu de gens du pays (…) », a rappelé à l’AFP le père Thierry Becker, ancien adjoint de Mgr Claverie. Leur béatification « montre qu’une vie partagée avec ceux d’une autre religion, c’est chrétien ».

Pour Sœur Bénédicte de la Croix, cistercienne – confrérie des moines de Tibéhirine- venue de France pour la cérémonie, à travers les religieux béatifiés, « on pense à tous ceux qui ont perdu la vie » durant la guerre civile qui fit quelque 200.000 morts.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

Continue Reading
Advertisement
laisser un commenataire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Algérie

Un responsable algérien vide sa haine contre l’Union Européenne

Nouvelle défaite diplomatique algérienne infligée par le Maroc

Published

on

Comme à leur habitude, les dirigeants algériens et la presse qui leur sont inféodés ont réagi promptement à l’adoption, le 16 janvier 2019, de l’Accord Agricole et de Pêche Maroc-Union Européenne par le Parlement Européen.

Ainsi, l’Ambassadeur Algérien à Bruxelles, Amar Belani, a été activée par ses maîtres d’Alger, pour déverser tout son fiel contre l’Union Européenne.

Nul ne peut ignorer que cet Ambassadeur a qualifié de funeste pour les institutions européennes et le droit international, le jour où cet Accord a été adopté à une majorité écrasante par les eurodéputés et ce, par 440 voix pour et 167 contre.

Il est vrai que cet oiseau très bavard, accrédité à Bruxelles pour servir la pâtée à l’entité fantoche RASD, au lieu de servir les intérêts des algériens, aurait mieux fait de déclarer que ce 16 janvier 2019 restera un jour funeste plutôt pour Alger.

Un pays qui continue d’apporter un soutien financier de plus de 350 milliards de dollars gaspillés à entretenir une chimère au dépens du pauvre contribuable algérien aux plans diplomatique et militaire, abstraction faite du refuge qu’elle continue d’offrir à ce front de la honte et où près de 20.000 sahraouis marocains sont pris en otage et humiliés de manière systématique dans les camps de la honte à Tindouf depuis maintenant plus de quarante ans.

Quant aux dernières sorties du Ministre algérien des Affaires Etrangères, Abdelkader Messahel, elles constituent un tournant tout aussi dangereux qu’inédit dans les relations entre le Maroc et l’Algérie.

Le choix des angles d’attaque, les mots utilisés, le timing choisi sont autant d’indicateurs qui renseignent sur une hostilité froidement planifiée, sur une envie d’en découdre avec le voisin marocain. Il est vrai que le langage ordurier utilisé par Massahel peut donner cette impression d’un pétage de câbles, d’une irruption incontrôlée, d’une jalousie morbide et obsessionnelle qu’un Ministre à la tête d’une administration impuissante et incompétente peut couver, mais il ne s’agit là que de la partie visible d’un iceberg en pleine décomposition interne.

C’est pourquoi le Maroc a toujours été ce pays vers lequel les frustrations de la classe politique dirigeante algérienne ont été dirigées à chaque pic de tensions, la démarche de ce responsable algérien peut trouver ses racines et ses justifications dans la catastrophique situation politique et économique de l’Algérie.

D’un côté, le bas de laine énergétique ayant fondu ces dernières années comme neige au soleil, le gouvernement d’Ahmed Ouyahia trouve d’immenses difficultés à continuer à subventionner la paix sociale et s’apprête à demander de grands sacrifices aux classes populaires algériennes dont une grande majorité est habituée à un assistanat à la soviétique. Cette politique porte en elle même les germes d’une grande explosion sociale.

Autre raclée reçue magistralement par Abdelkader Messahel est celle de l’adoption des aides américaines au Maroc. Le Sénat et la Chambre des Représentants américains ont choisi de modifier considérablement le libellé adopté il y a quinze jours, en réaffirmant explicitement que le Sahara marocain fait partie intégrante des aides américaines au Maroc.

Un vote franc et massif des députés européens qui, combiné à celui des législateurs américains, constitue bel et bien un double camouflet au tandem Alger-polisario, et une consécration des droits inaliénables du Maroc sur ses provinces sahariennes.

Au regard de ce qui précède, il est certain que les apparatchiks algériens « vomis » par leur peuple ne craignent plus le ridicule !

Lire la suite

Algérie

Algérie: l’élection présidentielle annoncée pour le 18 avril

L’annonce a été faite vendredi selon un article de l’agence algérienne de presse.

AFP

Published

on

By

La prochaine élection présidentielle en Algérie se déroulera le 18 avril, a annoncé vendredi la présidence de la République, citée par l’agence de presse d’Etat Algérie Presse Services (APS).

Le mandat du président Abdelaziz Bouteflika, à la tête de l’Algérie depuis 1999, expire le 28 avril. Son camp l’appelle depuis plusieurs mois à se représenter pour un cinquième mandat, mais M. Bouteflika, 81 ans, n’a pour l’heure pas fait part de ses intentions.

Le « président de la République a pris ce jour (vendredi), un décret présidentiel convoquant le corps électoral pour l’élection présidentielle qui se déroulera le jeudi 18 avril 2019 », indique le communiqué de la présidence, cité par l’APS.

Selon la loi, les candidats éventuels ont désormais 45 jours à partir de la publication du décret, soit jusqu’au 4 mars, pour déposer leur dossier auprès du Conseil constitutionnel.

L’incertitude autour d’une nouvelle candidature du chef de l’Etat, diminué par les séquelles d’un AVC dont il a été victime en 2013, a monopolisé ces derniers mois le débat politique en Algérie.

Aucun candidat d’importance n’a pour l’heure annoncé son intention de se présenter.

Pour la précédente présidentielle en 2014, M. Bouteflika avait déposé sa candidature dans les ultimes jours avant l’expiration du délai.

Lire la suite

Algérie

Les dirigeants algériens au bord du gouffre

Algérie en pleine guerre de succession à Bouteflika.

Published

on

algerie

Nul ne peut, aujourd’hui, contester que les responsables algériens se trouvent à la peine pour définir les conditions d’une éventuelle succession du Président Bouteflika, excepté le Général de Corps d’Armée Gaid Salah.

Avec un Président Bouteflika aujourd’hui à bout de force et privé de parole , il n’y a plus de pilote dans l’avion algérien. Plus que jamais, le système de gouvernance est une boite noire. Plus grave, l’armée algérienne, qui a toujours été le premier et le dernier recours dans les moments de crise, est divisée comme jamais.

Dans ce face à face on retrouve trois clans s’affronter au sein de l’institution militaire algérienne dans un duel mortel. Le premier, le plus puissant, est dirigé par le Chef d’Etat-Major et vice-Ministre de la Défense, Gaïd Salah, le second est, quant à lui, regroupé autour du Général Tartag, le patron de la Direction du Service de Sécurité (anciennement DRS) et préposé aux basses oeuvres de Saïd Bouteflika, le frère du Président algérien et enfin le troisième groupe constitué, pour sa part, par les réseaux du Général Mohamed Médiene, dit Toufik, qui fut, pendant un quart de siècle, le Chef de la redoutable DRS et le vrai patron de l’Algérie.

Aujourd’hui, nul en Algérie ne peut échapper à l’image du Général Gaïd Salah puisqu’il s’offre l’ouverture de tous les JT du pays qu’il occupe pendant de longues minutes. Par ses apparitions quotidiennes, Gaïd Salah transmet le message subliminal qu’est : « Moi ou le chaos ».

Face à ce potentiel risque, au Palais Zéralda, l’obsession est de gagner du temps dans une espèce de course pathétique vers l’abime. L’objectif de Saïd Bouteflika est de trouver un successeur à son propre frère qui soit susceptible de garantir au clan familial une sécurité judiciaire à l’heure des règlements de compte.

Face à une telle situation, les décideurs algériens pourraient s’entendre avec l’armée algérienne pour dégager un consensus entre un clan présidentiel considérablement affaibli et un Chef d’Etat-Major plus que gourmand.

Or, le Général Gaïd Salah parviendra t’il pour autant à restaurer, dans les semaines qui viennent, la cohésion de l’institution militaire ? Saura t’il promouvoir une solution politique qui soit crédible ? Pourra t’il rassurer les Français qui n’aiment guère cet ami des Russes et cet adversaire déclaré du Maroc ? Impossible !

Les dirigeants algériens, qui se baladent en rouflaquettes, multiplient les exercices militaires à balles réelles, lancent l’exploitation de gaz de schistes bitumeux, laissent mourir des immigrés en plein désert et trafiquent dans la drogue et l’évasion de devises fortes, sont devenus totalement maboules.

Lire la suite
Advertisement

Facebook




cinéma

Advertisement