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Afrique

En Afrique du Sud, les cimetières débordent

AFP

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Des fossoyeurs creusent de nouvelles tombes dans le cimetière de Roodepoort, à Johannesburg, le 22 novembre 2018.n / © AFP / GIANLUIGI GUERCIA

C’est une scène devenue familière dans les cimetières d’Afrique du Sud. La population n’en finit pas de croître et la place manque. Alors les fossoyeurs n’ont pas d’autre choix que d’y inhumer les morts dans les tombes existantes.

Dans les cimetières de la plus grande ville du pays Johannesburg, 45 à 60 sépultures sont ainsi rouvertes chaque semaine. Les autorités locales s’en inquiètent, au point d’envisager de rendre les incinérations obligatoires.

« Nos cimetières étouffent. C’est le résultat des très forts mouvements de population, aussi bien internes qu’externes, qui affectent Johannesburg », constate, fataliste, Reggie Moloi, responsable municipal du secteur.

La situation des autres grandes villes n’est guère plus enviable. Sur les rives de l’océan Indien, Durban (nord-est) a tiré la sonnette d’alarme de la surpopulation funéraire il y a déjà une dizaine d’années.

Au début des années 1990, les violences politiques qui ont accompagné la transition de l’apartheid à la démocratie et les ravages de l’épidémie de sida ont considérablement accru la mortalité dans la capitale de la province du KwaZulu Natal.

« Nous avions alors constaté que les cimetières se remplissaient très vite et que (…) nous allions manquer rapidement de place », se souvient Thembinkosi Ngcobo, responsable des parcs pour la municipalité d’eThekwini, qui inclut Durban.

Les craintes se sont depuis confirmées. Et les familles de l’agglomération sont menacées de se voir fermer la porte des cimetières municipaux au nez.

« Nous sommes confrontés à un sérieux problème », résume, inquiet, Thembinkosi Ngcobo.

– « Des cimetières pleins » –

« La situation est grave et difficile à comprendre par le citoyen moyen et les décideurs qui, à la vue des grands espaces inoccupés de notre pays, présument que nous disposons encore de beaucoup de place », abonde Denis Ing, vice-président de l’Association sud-africaine des cimetières.

La crise a forcé les autorités locales à réfléchir en urgence à des alternatives innovantes.

Le recyclage des tombes anciennes en est une, la crémation une autre. Mais cette dernière solution se heurte aux réticences d’une population encore très attachée à ses traditions.

Dans le quartier de Roodeport, à Johannesburg, la famille Sipamla a fait le choix d’enterrer la grand-mère Caroline, 87 ans, dans la même sépulture que son fils.

« Les cimetières sont complètement pleins », constate, elle aussi, la fille de la défunte, Puleng Sipamla. « Il nous a semblé plus facile et surtout bien moins cher de rouvrir la tombe (de son frère) que d’en faire creuser une autre ».

Caroline avait explicitement refusé d’être incinérée. « Elle a été très clair », se souvient sa petite-fille Zoleka Sipamla, « elle avait aussi dit +vous pouvez m’enterrer sur mon fils+ ».

Le révérend Harold Ginya, de l’Eglise de Nazareth, recommande sans détour la même solution à ses ouailles.

« C’est clairement ce qu’on préfère. Personne ne viendra jamais se plaindre en disant +vous êtes au-dessus de moi+ », fait remarquer benoitement l’ecclésiastique. « Et puis surtout, on ne croit pas en l’incinération ».

Nombre de Sud-Africains partagent son opinion. Spécialement parmi les plus « anciens », qui associent encore volontiers l’image du feu à celle de l’enfer.

– « Pas d’autre choix » –

« Les gens nous disent souvent +pourquoi enverrais-je en enfer celui que j’aime ?+ », rapporte Reggie Moloi.

D’autres refusent l’incinération car ils sont persuadés que seul un corps complet peut rejoindre l’au-delà.

« La crémation leur est culturellement inimaginable car ils croient en l’importance du corps humain, à son pouvoir », note l’anthropologiste Casey Golomski, de l’université du New Hampshire (Etats-Unis).

« Ils veulent donc à tout prix éviter la crémation », ajoute ce spécialiste des coutumes dans l’eSwatini (ex-Swaziland).

De fait, très peu de Noirs sont incinérés à Durban. Un seul en moyenne chaque semaine, contre plusieurs dizaines d’enterrements traditionnels, selon les autorités.

Pour s’affranchir des réticences qu’elle suscite, « il serait peut-être utile que l’on explique aux gens pourquoi ils doivent choisir l’incinération », suggère la jeune Zoleka Sipamla. « On peut simplement leur dire que l’espace n’est pas infini ».

Que l’on soit pour ou contre, la crémation risque bientôt de s’imposer à tous.

A l’heure où le gouvernement sud-africain souhaite relancer la redistribution des terres au profit de la majorité noire spoliée sous l’apartheid, la pression foncière est telle que les cimetières ne seront sûrement pas servis les premiers.

Certaines municipalités agitent donc publiquement l’idée de rendre l’incinération obligatoire.

« Il y a un moment où les habitants de Johannesburg n’auront pas d’autre choix que le crématorium ou la réutilisation des tombes existantes », prévient Reggie Moloi, « la pression immobilière est telle que nous pouvons plus attribuer de terres aux cimetières ».

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

Afrique

Zimbabwe : une femme marche deux heures pour faire un don aux victimes du cyclone

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Des habitants de Harare, la capitale du Zimbabwe, ont donné de la nourriture, des vêtements et d’autres produits de première nécessité aux victimes du cyclone Idai à l’église presbytérienne.

Une des volontaires de l’église, Natalie Detering, a raconté à la BBC qu’elle avait été surprise de constater qu’une femme s’était présentée juste avant 07h00 heure locale, après avoir marché pendant environ deux heures pour faire son don.

Mme Detering a déclaré que le donateur avait déclaré qu’elle ne pouvait pas payer son billet de bus, mais qu’elle avait fait tout le chemin depuis chez elle parce que Jésus lui avait dit de le faire.

Parmi ses dons, qu’elle portait sur sa tête, se trouvaient un pot, une couverture, des vêtements et une serviette.

« J’ai pleuré toute la journée à chaque fois que j’y pensais », a déclaré Mme Detering.

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Algérie

Algérie: le camp Bouteflika se fissure, selon les analystes

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Le camp du président Abdelaziz Bouteflika continue mercredi de se fissurer face à la contestation sans précédent dont est la cible depuis un mois le chef de l’Etat algérien, qui apparaît de plus en plus isolé, estiment des analystes.

Depuis quelques semaines, les craquelures apparaissaient déjà au grand jour au sein de deux piliers du pouvoir: la centrale syndicale UGTA (Union générale des travailleurs algériens) et l’organisation patronale FCE (Forum des chefs d’entreprises).

Mercredi, c’est le propre parti du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN) qui a apporté publiquement son soutien au « mouvement populaire », tout en prônant le dialogue proposé par le chef de l’Etat pour sortir d’une crise qui dure depuis un mois.

« Les militants du FLN soutiennent pleinement le mouvement populaire » de contestation, par lequel « le peuple a demandé, à travers des marches gigantesques, le changement » a déclaré à la presse Mouad Bouchareb, patron du parti, à l’issue d’une réunion de responsables de sections, décrite comme houleuse par plusieurs médias.

– « Forces non-constitutionnelles » –

« Il faut se mettre autour d’une table de dialogue pour arriver à une Algérie nouvelle », a néanmoins précisé M. Bouchareb, soulignant que M. Bouteflika, président du parti, avait annoncé « clairement qu’il allait vers un changement du système ».

Pour tenter de calmer la contestation, inédite, M. Bouteflika, à la tête de l’Etat depuis 20 ans, a récemment annoncé la mise sur pied, à une date pas encore fixée, d’une Conférence nationale, « ouverte à tous » et chargée de réformer le pays et de proposer une nouvelle Constitution.

En attendant, il a reporté la présidentielle prévue le 18 avril, prolongeant de fait son mandat au-delà de son expiration le 28 avril.

Des mesures rejetées par les manifestants descendus en masse dans les rues depuis le 22 février et qui continuent de réclamer d’abord le départ du chef de l’Etat et celui du « système » au pouvoir.

Plusieurs cadres ou élus du FLN avaient déjà publiquement fait défection depuis le début du mouvement de contestation et l’autorité de M. Bouchareb est fortement contestée au sein de l’ancien parti unique, au pouvoir sans interruption depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962.



Principal allié du FLN au sein de la majorité présidentielle, le Rassemblement national démocratique (RND) se lézarde également. Mardi soir, son porte-parole Seddik Chihab a publiquement affirmé que le parti s’était « trompé » en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un 5e mandat, qui avait jeté les Algériens dans la rue.

Plus grave, il a également accusé des « forces non constitutionnelles » de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide « réellement » à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika, 82 ans, affaibli par les séquelles d’un AVC qui, depuis 2013, l’ont empêché de s’adresser de vive voix aux Algériens et ont rendu rares ses apparitions publiques.

Même si le RND –dirigé par l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, fidèle du chef de l’Etat récemment sacrifié à la colère populaire– a estimé que M. Chihab « avait perdu la maîtrise de ses nerfs » et assuré continuer de soutenir le plan présidentiel de sortie de crise, le mal est fait.

– « Sauver les meubles » –

« Bouteflika est en train de perdre la main et chacun essaye de sauver les meubles », a expliqué à l’AFP Rachid Grim, enseignant en Sciences politiques à l’Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP) d’Alger. Il « n’a plus de base, le peuple l’a lâché. Tout le monde le lâche ».

Interrogé par l’AFP, Mohamed Hennad, ancien professeur de sciences politiques à l’université d’Alger, voit dans les récentes déclarations du FLN, après celles du porte-parole du RND, « un signe supplémentaire de l’effondrement du système et que le changement est proche ».

L’ensemble du camp présidentiel semble désormais prendre l’eau. A l’UGTA, unique interlocuteur syndical jugé « représentatif » par les autorités, qui revendique 3 millions d’adhérents, c’est l’hémorragie.

Des dizaines de sections locales ou de syndicats affiliés ont dénoncé ces dernières semaines l’autorité du secrétaire général Abdelmadjid Sidi Saïd, thuriféraire du chef de l’Etat, et ses exhortations au 5e mandat du président.

Mais aussi ses supposées compromissions avec le FCE d’Ali Haddad, patron des patrons, proche du clan présidentiel et qui avait aussi apporté le soutien inconditionnel de son organisation –où les démissions se multiplient– à un nouveau quinquennat.

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Cameroun

Cameroun: l’opposant Cabral Libii crée son parti politique « Les citoyens »

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Au Cameroun, un nouveau parti politique vient de voir le jour : Le parti des onze millions des Citoyens, en abrégé « Les citoyens ».

Ce nouveau parti se réclame de l’opposant Cabral Libii Li Ngue Ngue troisième à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 avec 6,25% derrière Paul Biya (71,28%) et Maurice Kamto (14,23%).

Cabral Libii s’était présenté à l’élection présidentielle sous les couleurs du parti Univers de Nkou Mvondo, mais il avait annoncé son intention de créer sa propre formation politique plus tard.



L’assemblée constitutive de ce nouveau parti s’est tenue le 6 mars 2019 à Yaoundé. Son dossier a été déposé dans les services du gouverneur de la région du Centre.

A ce jour ledit dossier a été examiné par les services compétents et transférés conformément à la loi, au ministère de l’administration territoriale (Minat, équivalent du ministère de l’intérieur), seul habilité à autoriser l’existence légale d’un parti politique.

En cas de silence gardé pendant trois (3) mois à compter de la date de dépôt du dossier auprès des services du gouverneur territorialement compétent, le parti est réputé exister légalement.

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