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Afrique

Gabon : la Cour constitutionnelle en parfaite légalité

La Cour constitutionnelle du Gabon a accordé à Pierre-Claver Maganga Moussavou le droit de réunir autour de lui les membres du gouvernement pour statuer sur l’ordre du jour figurant dans la requête du Premier ministre.

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La Cour constitutionnelle a rendu public mercredi 15 Novembre dernier une décision relative à une requête du Premier ministre tendant à l’interprétation des dispositions des articles 13 et 16 de la Constitution. Par ce texte lu devant la presse par Anthony Adiwa, juge constitutionnelle, la Haute juridiction gabonaise a donné l’autorisation au vice-président de la République de convoquer un conseil des ministres.

 

«Dans le souci d’assurer la continuité de l’Etat et du service public, ainsi que le fonctionnement régulier du gouvernement, et en application des dispositions de l’alinéa ajouté à l’article 13 de la Constitution, la Cour constitutionnelle, en sa qualité d’organe régulateur du fonctionnement des institutions, autorise le vice-président de la République à convoquer et à présider un Conseil des ministres qui portera exclusivement sur l’ordre du jour joint à la requête du Premier ministre», précise l’arrêt.

 

«En cas d’indisponibilité temporaire du Président de la République pour quelque cause que ce soit, certaines fonctions dévolues à ce dernier, à l’exception de celles prévues aux articles 18, 19 et 109 alinéa 1er, peuvent être exercées selon le cas, soit par le vice-président de la République, soit par le Premier ministre, sur autorisation spéciale de la Cour constitutionnelle saisie par le Premier ministre ou un dixième des membres du gouvernement, chaque fois que nécessaire»,  souligne la Cour.

 

Or, d’où vient-il donc qu’une vive polémique s’installe alors que  la présidente Marie-Madeleine Mborantsuo et ses collègues ont tout simplement relu la Loi fondamentale gabonaise sans la réécrire comme tente de le faire croire une certaine opinion? Dans un article totalement erroné, la British Broadcast Corporation (BBC) Afrique annonce «Lucie Milebou Aubusson présidente par intérim du Gabon». Devant le tollé général que ce «fake news» a suscité sur la toile, la chaine britannique s’est trouvée dans l’obligation de la retirer de son site.

 

Pour les juristes, la Cour constitutionnelle n’a fait que son travail et rien de plus. «J’ai lu surtout dans les médias proches de l’opposition des analyses disant que cette décision a été prise ‘à la surprise générale’. Ça n’est pas sérieux d’écrire. C’est tout simplement faux», explique un éminent constitutionnaliste gabonais et enseignant à l’Université Omar Bongo Ondimba de Libreville. 

 

«Ensuite, j’ai également lu que la Cour constitutionnelle avait réécrit l’article 13 de la Constitution. Là aussi, c’est faux. Cette présentation est complètement fallacieuse. Elle n’a fait que préciser le contenu d’une disposition du texte constitutionnel. Ce qui est dans ses missions et ce que font l’ensemble des cours constitutionnelles partout dans le monde», poursuit-il. Une position entièrement soutenue par d’autres universitaires français et du monde.

 

«La Cour constitutionnelle gabonaise a, semble-t-il, fait ce que toutes les cours constitutionnelles font car c’est leur vocation : préciser la Loi fondamentale car les Constitutions sont, par nature, des textes courts qu’il convient, au fil du temps, quand certains cas de figure se posent, de préciser. Or, c’est précisément le rôle du juge constitutionnel et non celui du constituant», explique l’un.

 

«C’est classique. Les gens qui sont contre font de la politique en disant que le juge cherche à réécrire la Constitution. Mais c’est faux. Il ne fait que la préciser, comme c’est le cas en l’espèce. S’il ne le faisait pas, il n’exercerait pas ses missions », poursuit l’autre. La Cour constitutionnelle a le droit, selon l’article 60 de la loi organique de l’institution, d’interpréter la loi pour en donner la bonne lecture en cas de doute ou de la compléter en cas de lacune.

 

Critiquée par l’opposition pour cette décision de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo a répondu. Marie Madeleine Mborantsuo, a d’emblée tenu à mettre les choses au clair. « La décision ne modifie pas la Constitution. Cette décision prise sur le fondement de l’article 83 et 88 de la Constitution permet de trouver une solution provisoire à une question qui n’a pas été traitée par la Constitution. Et c’est donc sur la base de cette saisine que la Cour a statué », a-t-elle indiqué.

Et de poursuivre : « c’est parce que nous ne sommes pas dans le cas de la vacance de la présidence de la République ou de l’empêchement définitif, qu’il fallait prévoir des dispositions provisoires pour régler le cas d’une indisponibilité temporaire, qui elle n’est pas prévue dans la Constitution actuellement », a rappelé la présidence de la Cour constitutionnelle.

Précisant les conditions prévues par l’actuelle Constitution pour constater la vacance du pouvoir, Mme Mborantsuo a dit qu’ »il est difficile aujourd’hui de parler d’une vacance de pouvoir ». « L’absence prolongée n’est pas un empêchement définitif », a-t-elle précisé.

 

Donc, les politiques qui critiquent aujourd’hui le collège de juges et la présidente Marie-Madeleine Mborantsuo font dans la mauvaise foi et par jalousie. Parce que ce n’est pas la première fois que ce genre de situation se produise. Les prédécesseurs de Emmanuel Issoze Ngondet ont à plusieurs reprises saisi la Cour constitutionnelle pour combler d’autres lacunes.

 

Jean Eyeghe Ndong par exemple qui crie ici et là, Premier ministre à l’époque, avait saisi la Cour constitutionnelle en 2009 pour constater la vacance du pouvoir après le décès d’Omar Bongo Ondimba. Le désormais ancien partenaire de Jean Ping sait bien que l’article 13 de la Constitution avait beaucoup de lacunes. Il a fallu que la Cour constitutionnelle le complète avec des alinéas pour que Rose Francine Rogombe soit installée comme présidente de la République par intérim. Et ce n’est qu’à la révision constitutionnelle de 2011, soit deux ans plus tard, que le constituant les a insérés dans la Constitution.  

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Maroc

Enrico Macias: Il est venu, il a chanté

Enrico Macias a chanté à Casablanca.

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Macias

Le chanteur Enrico Macias, Gaston Ghrenassia, de son vrai nom, a bien chanté, le 14 février 2019, à Casablanca, bravant les quelques dizaines de manifestants, pour la plupart des nostalgiques de l’extrême-gauche et des radicaux islamistes enrobés de certains militants d’organisations pro-palestiniennes, venus face au Megarama d’Ain Diab pour observer un sit in de protestation.

La venue du chanteur français au Maroc n’est pas passée inaperçue puisqu’en France on note la réaction maladroite d’un élu français d’origine algérienne via un message publié, le 02 février 2019, sur son compte twitter dans lequel Madjid Messaoudene, Conseiller Municipal (Front de Gauche) à Saint-Denis (Île-de-France) avait exprimé son souhait qu’Enrico Macias ne puisse « plus jamais se produire dans aucun pays arabe et le Maroc ne devait pas le laisser jouer ».

De quoi je me mèle ?
Par contre, la Ligue Internationale Contre le Racisme et Antisémitisme (LICRA) a apporté tout son soutien à Enrico Macias, victime d’une cabale de la part d’obscurantistes patentés et de sycophantes activistes qui sont toujours du côté du boycott et de la censure, jamais du côté de la liberté et de la culture.

Sans omettre de citer un des derniers des mohicans encore vivant, à savoir le terroriste extrême-gauchiste des années 1970, Sion Assidon, un des initiateurs de cette campagne anti-Macias, qui s’est fendu dans une déclaration stupide dans laquelle il déclarait que le chanteur n’était pas le bienvenu au Maroc en raison de ses positions et de son soutien constant en faveur des sionistes. A t’il oublié son appartenance au mouvement du 23 mars et à celui d’Ila Al Amam et à ses intentions de poser des bombes dans les cinémas de Rabat ?

Quoi qu’il en soit, Enrico Macias, chantre du pacifisme depuis près de 50 ans, a toujours plaidé pour la paix entre la Palestine et Israël. Il a, en outre, chanté pour Yasser Arafat et s’est toujours mouillé pour promouvoir la paix israélo-arabe.

Aussi, Enrico Macias, tout en se revendiquant « juif, berbère et arabe » était heureux de chanter à Casablanca parce qu’il connait le peuple marocain tout en comparant le Maroc à l’Andalousie d’antan avant l’avènement d’Isabelle la Catholique, un pays de tolérance.

En revanche, il n’a jamais pu, à 80 ans, retourner en Algérie, son pays natal qu’il avait quitté avec sa famille en 1962, pendant l’exode pied-noir.

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Cameroun

Pourquoi Jeune Afrique s’attaque à Chantal Biya: les dessous du « black market » de Jeune Afrique

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Le citoyen « lambda » n’a peut-être jamais entendu parler du black market du journalisme. C’est pourtant une pratique courante dans les médias (africains, mais pas seulement) ; qui plus est quand ils sont gros et qu’ils impriment du papier. Car contrairement à l’Internet qui est quasiment gratuit, imprimer un magazine et le distribuer sur tout un continent, coûte une fortune – et la publicité ne permet plus de survivre comme ce fût encore le cas dans les années 1990.

Pour bien décrire ce qu’est le « Black Market », prenez la dernière édition de Jeune Afrique (11 février 2019) – et analysez-là. Il s’agit d’une attaque violence et ad hominem, contre la Première Dame du Cameroun et contre certaines personnalités politiques qualifiées d’influentes.

Pourquoi une telle attaque ? Pourquoi des articles aussi violents ? Pourquoi maintenant ? Pour répondre à ces questions: il faut d’abord trouver la réponse à tous ces problèmes: qui est derrière cette campagne, à la frontière de la diffamation, de la manipulation, et de la propagande ?

Malheureusement, Jeune Afrique est connu pour ces pratiques là. Plusieurs sources, au Cameroun, au Gabon, au Congo et en Algérie, confirment avoir été approché par des journalistes de ce média. «Pour quarante ou cinquante mille dollars, le journaliste publiera une « enquête » ou dévoilera des informations qui pourraient être bénéfiques au bon payeur. Si le payeur refuse, alors il sera à coup sûr, attaqué, dans au moins un article à venir » nous explique une « victime » de Jeune Afrique. « Dans mon cas, comme probablement dans cette affaire qui vise à salir Chantal Biya, le journaliste avait été payé par des opposants en diaspora. Il a monté son enquête sans vraiment chercher à vérifier le vrai du faux – mais surtout : il est reparti chez lui avec une valise pleine de dollars. »

Alors, on peut reprocher tout le mal du monde à Chantal Biya et à toutes les personnes attaquées par Jeune Afrique. Mais les seuls escrocs ne sont-ils pas ceux qui bafouent les valeurs du journalisme ? Ne sont-ils pas ceux qui violent la mémoire du grand Albert Londres ? Bien entendu, il existe aussi des journalistes honnêtes dans la rédaction de Jeune Afrique: mais tant que ces techniques de vol et de racket seront en place, tant que ce black market fera la loi, alors il est peu probable que l’image des médias s’améliore – en Afrique comme partout ailleurs dans le monde.

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Algérie

La nouvelle vie d’un village algérien grâce au figuier de Barbarie

AFP

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Sidi Fredj (Algérie) (AFP) – « Mon avenir est ici, rien ne sert d’aller à l’étranger », sourit Fethi Gueldasmi, agriculteur à Sidi Fredj en Algérie. Le figuier de Barbarie a ranimé cette commune autrefois pauvre où beaucoup rêvaient d’émigration.

Originaire du Mexique, le cactus Opuntia ficus-indica s’est répandu sur le pourtour méditerranéen après la découverte des Amériques au XVe siècle. Avec ses grands rameaux aplatis appelés « raquettes », il fait partie du paysage aride des campagnes algériennes, à l’état sauvage ou planté comme haie naturelle.

La cosmétique et de nouveaux débouchés alimentaires ont dopé cette production ces dernières années, alors qu’il était jusque-là cultivé surtout pour son fruit à la chair goûteuse et sucrée ? rapportant à peine de quoi vivre, avec des figues vendues 10 dinars pièce (7 centimes d’euro).

L’industrie cosmétique et les magazines de mode européens et américains vantent les propriétés antirides de l’huile de figue de Barbarie, tirée des pépins, et des études scientifiques ont aussi révélé les multiples vertus nutritionnelles et médicinales de cette plante. Les fleurs, riches notamment en vitamine C, calcium et magnésium, se consomment en tisanes. Et la pulpe du fruit sert pour des confitures, des jus ou du vinaigre.

A l’exception des épines dont on ne tire rien, la plante peut ainsi être entièrement utilisée et valorisée.

  • Expertise mexicaine –

Aussi la Chambre d’agriculture de la région de Souk Ahras, où se trouve Sidi Fredj, a-t-elle encouragé depuis 2013 le développement d’une filière algérienne du figuier de Barbarie en attirant des experts du Mexique, pays d’origine et premier producteur mondial de cette plante, à l’honneur sur le drapeau national.

Des experts mexicains aident les agriculteurs algériens à améliorer les rendements en identifiant les « variétés les plus avantageuses » à cultiver sur leurs terres, explique à l’AFP Gabriel Rosenzweig, ambassadeur du Mexique en Algérie.

Une première unité de production a ouvert dès 2015 à Sidi Fredj, dédiée aux huiles, vinaigres et jus.

Et une nouvelle usine inaugurée en 2018 doit doper la production régionale. Elle était de 1.000 litres en 2018, et l’objectif visé en 2019 est de 7.000 litres.

A la clef, l’une des huiles les plus chères au monde: pas moins d’une tonne de graines est nécessaire pour produire un litre de cet « élixir » qui peut se vendre plus de 2.000 euros le litre en Europe, une fois conditionné en petits flacons.

  • 2.000 euros le litre –

Les producteurs de la région de Sidi Fredj en tirent 500 euros du litre vendu en gros.

Certifiée bio par des organismes étrangers ? une telle certification n’existe pas en Algérie ?, cette huile de figue de Barbarie s’exporte en France, en Allemagne, au Qatar et bientôt aux Etats-Unis, explique à l’AFP un agriculteur, Djamel Chaib.

Dans la région conservatrice de Souk Ahras, la transformation du cactus a fait émerger une économie familiale qui offre aux femmes, souvent employées pour la récolte, une indépendance financière et aux jeunes un espoir d’avenir.

La mère de Fethi Gueldasmi cultive sa propre parcelle et peut ainsi économiser pour effectuer un pèlerinage à La Mecque. Grâce au boom du cactus, la famille Gueldasmi affirme avoir décuplé ses revenus. Fini le crédit chez l’épicier, ils agrandissent la maison familiale.

Ces terres qui « permettaient juste de survivre nous donnent de l’espoir. Pas besoin d’aller ailleurs », se réjouit Fethi, 40 ans, aujourd’hui serein pour son avenir et celui de sa fille de 10 ans dans le village de leurs ancêtres.

En Algérie, 30% des jeunes sont au chômage et beaucoup voient l’émigration comme seule échappatoire. Mais dans la région de Sidi Fredj, « plusieurs centaines de familles » vivent désormais de la culture des figuiers, indique Mohamed Mohamedi, président de la coopérative agricole.

  • « Puits botanique » –

Le père de Fethi se réjouit aussi d’avoir pu planter des pistachiers entre les cactus-raquettes, source de revenus supplémentaires.

Réservoir naturel d’eau, le figuier de Barbarie est « un puits botanique capable de fournir jusqu’à 180 tonnes d’eau par hectare » et ses racines améliorent la fertilité des sols, relève la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Dans les endroits où de l’orge a été plantée entre les rangées de figuiers, les rendements à l’hectare de la céréale ont été multipliés par sept, souligne le Pr Khodir Madani, directeur d’un laboratoire universitaire de recherche.

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