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Biodiversité

Le monde au chevet de l’urgence climatique

AFP

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Les signes sont clairs: la planète se réchauffe, déchaînant les catastrophes. Face à l’urgence, quelque 200 pays réunis en Pologne vont tenter de mettre en orbite l’accord de Paris, malgré des vents contraires peu propices à une réponse ambitieuse.

Désastres météo, incidence sur la santé ou les rendements agricoles… « La science montre clairement que nous avons seulement une décennie pour juguler les émissions de gaz à effet de serre », souligne Johan Rockströem, du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK).

« C’est pourquoi nous devons commencer maintenant », sous peine que les gouvernements d’aujourd’hui restent « dans les mémoires pendant des générations » pour leur échec, plaide-t-il alors que commence dimanche, pour deux semaines, la 24e conférence de l’ONU sur le climat (COP24) à Katowice, en pleine région houillère.

Avec l’accord de Paris en 2015, le monde s’est engagé à limiter la hausse de la température à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, et idéalement à +1,5°C.

Et le récent rapport des scientifiques du Giec a souligné la différence « nette » des impacts entre ces deux objectifs, que ce soit sur les vagues de chaleur ou l’augmentation du niveau des mers.

Mais les engagements pris aujourd’hui par les signataires de Paris mèneraient à un monde à +3°C.

Alors que la planète a déjà gagné +1°C, il faudrait, pour rester sous +1,5°C, que les émissions de CO2 soient réduites de près de 50% d’ici à 2030 par rapport à 2010, selon le Giec.

Les États seront-ils prêts à répondre à ce signal d’alarme lors de cette COP24 –dont l’ouverture prévue est reportée à 10H30 GMT ?

Les membres du G20, à l’exception des États-Unis, ont certes réaffirmé samedi leur soutien à l’accord de Paris. Cela « aide les négociations en Pologne à commencer du bon pied », estime David Waskow, expert du World Resources Institute.

Malgré tout, « on ne peut pas dire que les vents soient très porteurs » en faveur d’une hausse des ambitions climatiques, note Michel Colombier, directeur scientifique de l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales), en référence au contexte géopolitique.

Ainsi, Donald Trump a répété au G20 son rejet de l’accord de Paris et le futur président brésilien Jair Bolsonaro, a évoqué une sortie de son pays également du pacte climatique. « Les étoiles ne sont plus alignées, manifestement », déplore Seyni Nafo, porte-parole du groupe Afrique.

– « Ça coûtera cher » –

« Mais pour l’Afrique, quelles que soient les péripéties de la géopolitique, nous n’avons pas le choix. Nous ressentons les impacts du changement climatique tous les jours (…) Nous allons amplifier notre action contre le changement climatique », déclare-t-il à l’AFP.

Le sommet d’une journée lundi à Katowice, où seuls une vingtaine de dirigeants sont confirmés, dont les Premiers ministres néerlandais et espagnol ou les présidents du Nigeria et du Botswana, pourrait donner un signe des intentions du reste du monde.

Mais malgré le dialogue politique dit de « Talanoa » destiné à évoquer une hausse des ambitions, les observateurs craignent que la plupart des États, encouragés à réviser leurs engagements pour 2020, attendent un autre sommet convoqué par le secrétaire général de l’ONU en septembre 2019 à New York pour afficher leurs objectifs.

Quant à la Pologne, hôte de la réunion et défenseur acharné de son industrie du charbon, son « principal » objectif est l’adoption du manuel d’utilisation de l’Accord de Paris.

Comme une loi a besoin d’un décret d’application, l’accord ne pourra libérer son potentiel sans des règles précises notamment sur la « transparence » (comment les États rendent compte de leurs actions, leurs financements, leurs résultats) ou le degré de flexibilité accordé aux pays les plus pauvres.

« Il n’y a pas d’accord de Paris sans Katowice », martèle la présidence polonaise de la COP24.

Mais les débats risquent d’être très âpres sur ces sujets sensibles, tout comme sur la question des financements Nord-Sud.

Les pays développés se sont engagés à porter à 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 le financement aux politiques climatiques des pays en développement. Même si ces flux sont en augmentation selon l’OCDE, beaucoup de pays du Sud réclament des engagements plus clairs pour que cette promesse soit tenue.

« L’accord de Paris ne peut être appliqué sans financement pour que les pays en développement prennent des mesures (….) Plus les pays pauvres auront à attendre, plus cela coûtera cher », met en garde Gebru Jember Endalew, président du groupe des Pays les moins avancés.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Biodiversité

Anak Krakatau: Comment un tsunami pourrait-il anéantir les derniers rhinocéros de Java

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Les écologistes ont prévenu que l’espèce entière du rhinocéros de Java, gravement menacée d’extinction, pourrait être éliminée si un tsunami venait de se produire.

Ils ont déjà parcouru les jungles de l’Asie du Sud-Est et de l’Inde, mais il n’existe aujourd’hui que 67 personnes dans le parc national Ujung Kulon, touché par le tsunami de la semaine dernière.

Le parc se trouve à l’ombre d’Anak Krakatau, le volcan qui a provoqué des vagues qui ont tué des centaines de personnes.

Le volcan reste actif et les autorités se précipitent maintenant pour les déplacer.

A LIRE AUSSI: Un Tsunami meurtrier frappe l’Indonésie

Parmi les 430 personnes tuées par le tsunami, deux fonctionnaires du parc ont été tués et de nombreux bâtiments et navires du parc ont également été détruits lors du tsunami de samedi dernier.

Mais les rhinocéros de Java restés dans le parc – les seuls qui restent au monde – ont été laissés indemnes.

Les rhinocéros vivent généralement le long de la côte sud du parc et ce tsunami a touché la côte nord – beaucoup sont conscients que les rhinocéros pourraient ne pas être aussi chanceux en cas de nouveau désastre.

Une espèce entière en danger

Les rhinocéros de Java sont les cinq espèces de rhinocéros les plus menacées au monde. Elles figurent sur la liste des espèces en danger critique d’extinction de la Liste rouge de l’UICN.

Ils ont déjà été trouvés dans le nord-est de l’Inde et en Asie du Sud-Est, mais leur population s’est rapidement épuisée en raison du braconnage, de la destruction de l’habitat par l’agriculture, entre autres facteurs.

Selon le WWF, le dernier rhinocéros javanais du Vietnam a été braconné en 2010.

« Comme il n’y a aucun rhinocéros de Javan en captivité dans le monde, si nous perdons cette population, nous avons essentiellement perdu l’espèce entière », a déclaré Nicola Loweth de la  WWF, dans une déclaration sur les rhinocéros en Indonésie.

La recherche de l’emplacement idéal

Anak Krakatau a commencé à montrer des signes croissants d’activité volcanique depuis juin plus tôt cette année.

Mais c’est samedi dernier que l’activité volcanique d’Anak Krakatau aurait provoqué des glissements de terrain sous-marins, déclenchant un tsunami qui a déjà fait au moins 430 victimes.

Selon les autorités, Anak Krakatau est toujours actif et le fait de plus en plus avec ce que l’on appelle des éruptions stromboliennes – des explosions de lave de courte durée et explosives – étant émises.

« Nous comprenons que nous ne pouvons pas laisser les rhinocéros de Java vivre uniquement à Ujung Julon », a déclaré Widodo Sukohadi Ramono, président de la Fondation indonésienne du rhinocéros (YABI), à BBC News.

M. Ramono a ajouté qu’il était prévu de déplacer un groupe de rhinocéros plus petit vers un site secondaire, bien qu’il faille « beaucoup de choses à prendre en considération ».

Les rhinocéros qui seraient déplacés devraient être en bonne santé, avoir des liens étroits et pouvoir se reproduire.

Mais déplacer les rhinocéros à un autre endroit est plus facile à dire qu’à faire.

Le nouvel emplacement devrait comporter plus de 200 espèces de plantes, sources de nourriture pour le rhinocéros de Java. Il lui faudrait aussi un approvisionnement en eau abondant, un type de sol idéal, des conditions de terrain et un lieu où le climat est humide toute l’année.

« Il est difficile de trouver le lieu idéal. Il nous faut au moins cinq mille hectares sur un site. Il doit fournir [aux rhinocéros] de la nourriture [convenable], de l’eau. Mamat Rahmat, chef de la TNUK, a déclaré à BBC News Indonesia que ses prédateurs étaient très favorables à la communauté locale.

Les responsables gouvernementaux cherchent depuis des années à trouver un deuxième emplacement approprié pour les rhinocéros de Java. Ils étaient censés en avoir trouvé un en 2017 – mais cela ne s’est jamais matérialisé.

« Parfois, le plan [ne fonctionne pas] », a déclaré M. Mamat. « Il existe de nombreux obstacles, facteurs techniques, contraintes internes et facteurs externes [à prendre en compte]. »

M. Mamat a ajouté que le gouvernement avait étudié 10 sites possibles, dont l’un était considéré comme un candidat approprié: la réserve faunique de Cikepuh dans l’ouest de Java.

Cependant, cela n’a pas été sans problèmes.

« Il existe un accord avec l’armée sur l’utilisation de la terre pour des exercices de combat. Nous devons approfondir nos recherches sur la manière dont le bruit des armes à feu et des canons pourrait avoir un impact sur les rhinocéros. »

Des activités humaines existent également autour de la réserve faunique – ce qui pourrait mettre les rhinocéros en danger.

Le projet de transfert vers la réserve faunique de Cikepuh semble avoir pris du retard, mais après le récent tsunami, les responsables se sont à nouveau déplacés de toute urgence.

« Nous allons [faire] plus de pas rapidement dans la préparation d’un deuxième habitat « , a déclaré M. Mamat.

« Si un jour Ujung Kulon était touché par une éruption, nous espérions qu’il resterait des réserves [de rhinocéros de Java] dans un nouvel endroit. »

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Afrique

Gouvernance Foncière: Le Repar pour un plaidoyer en faveur des jeunes

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« Alléger la procédure et le coût d’immatriculation des terres et promouvoir la gratuité des procédures d’acquisition des terres pour les jeunes porteurs de projets ». C’est l’une des recommandations fortes adressée au gouvernement à l’issu des travaux du forum parlement gouvernement sur le foncier au Cameroun. L’objectif de ce dialogue de deux jours (06 et 07 décembre) était de permettre une réflexion participative relative au rapport des jeunes à la terre.

Sur la table, le gouvernement, représenté par le ministre des domaines du cadastre et des affaires foncières. Le parlement, représenté entre autre par la section camerounaise du Réseau des parlementaires pour la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique Centrale (Répar-Cameroun), les chefs traditionnels, les jeunes dont la présidente du Conseil National de la Jeunesse du Cameroun et les députés jeunes. Cette plate-forme d’échanges a été soutenue par l’union européenne représentée par le chef de Coopération à la Délégation de l’UE au Cameroun. Arnaud DEMOOR, a émis le vœu de voir les recommandations de ces assises intégrées dans la réforme foncière en cours.

Ce qui avait pour thème « Accès des jeunes à la terre : Etat des lieux » a permis de lever des équivoques sur cette problématique. Ce faisant, les parties prenantes ont penché sur les opportunités à saisir, les problèmes à résoudre ainsi que les défis à relever pour faciliter l’accès à la terre aux jeunes. Elles ont également convenu de ce qu’il importe d’accentuer la sensibilisation des jeunes et l’accès à l’information sur les opportunités à saisir dans le domaine agropastoral.

C’est ainsi que l’Honorable DATOUO Théodore, Vice-président de l’Assemblée Nationale du Cameroun, en président les cérémonies d’ouverture et clôture des travaux à l’Assemblée Nationale, a salué l’initiative du Répar-Cameroun qui entend « Poursuivre le travail avec la société civile, les jeunes et les autres parties prenantes du processus d’acquisition de terre, en vue de la valorisation des propositions relatives à la prise en compte des jeunes dans la gouvernance et la réforme foncière ». Ainsi, le parlement devrait s’assurer de la cohérence de la réforme en cours avec les engagements internationaux pris par le Cameroun.

 Les chefs traditionnels présents quant à eux, ce sont engagés à « Faciliter à travers des mécanismes coutumiers communautaires l’accès des jeunes à la terre ». Alors que pour les principaux acteurs, la terre reste une équation à plusieurs inconnues, certains députés jeunes ont confié être rentrés de ces assises avec moins de préjugés sur la question. Ces jeunes qui ont partagé leurs expériences nourrissent surtout le vœu de voir se concrétiser les principales recommandations.

Organisé à l’initiative du Projet LandCam et conduit conjointement par le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), le Réseau de Lutte contre la Faim au Cameroun (RELUFA) et l’Institut International pour l’Environnement et le Développement (IIED), sur financement de l’Union européenne en liaison avec le Répar-Cameroun et le Mindcaf, les fruits de cette coopération (ne fut-ce qu’en terme de plaidoyer, Ndlr) devraient être perceptibles dès la législature de mars prochain.

HUGO BOYO

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Biodiversité

Changement climatique: l’accord de la COP24 donnera vie à celui de Paris

Les négociateurs en Pologne ont finalement trouvé un accord sur une série de mesures qui rendront opérationnel le pacte de Paris pour le climat en 2020.

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Reuters

Des querelles de dernière minute sur les marchés du carbone ont menacé de faire dérailler la réunion – et l’ont retardée d’une journée.

Les délégués estiment que les nouvelles règles garantiront que les pays tiennent leurs promesses de réduction du carbone.

L’accord de Katowice vise à atteindre les objectifs de Paris de limiter la hausse de la température mondiale bien en dessous de 2C.

« Construire le programme de travail de l’accord de Paris est une grande responsabilité », a déclaré le président des négociations, connu sous le nom de COP24, Michal Kurtyka.

« La route a été longue. Nous avons fait de notre mieux pour ne laisser personne derrière. »

Le règlement commun envisage la flexibilité pour les pays les plus pauvres.

Les pays en développement cherchent à être reconnus et indemnisés pour l’impact de la hausse des températures.

L’idée d’être juridiquement responsable du changement climatique a longtemps été rejetée par les pays les plus riches, qui redoutent d’énormes projets de loi très longtemps.

Le week-end dernier, des scientifiques et des délégués ont été choqués par l’opposition des États-Unis, de l’Arabie saoudite, de la Russie et du Koweït à cette réunion, qui avait « accueilli avec satisfaction » un récent rapport des Nations unies sur le maintien de la température mondiale dans la limite de 1,5 ° C.

Le rapport indique que le monde est maintenant complètement hors de propos, se dirigeant davantage vers 3C ce siècle.

Pour atteindre l’objectif souhaité, il faudrait « des changements rapides, profonds et sans précédent dans tous les aspects de la société ».

Sur quoi les délégués se sont-ils concentrés?

Des représentants de 196 États ont pris part aux discussions. Ils essayaient de résoudre certaines questions très délicates concernant le livre de règles de l’accord de Paris.

Ce sont ces réglementations qui régiront les rouages ​​de la réduction des émissions de dioxyde de carbone par les pays, fourniront des financements aux pays les plus pauvres et veilleront à ce que chacun fasse ce qu’il dit.

Cela semble facile mais très technique. Les pays ont souvent des définitions et des calendriers différents pour leurs actions de réduction du carbone.

Les pays les plus pauvres veulent une certaine « souplesse » dans les règles afin de ne pas être submergés par des réglementations qu’ils ne sont pas en mesure de mettre en pratique.

Est-ce assez?

Laurence Tubiana, l’une des principales architectes de l’accord de Paris et maintenant membre de la Fondation européenne pour le climat, a déclaré que l’accord était un atout majeur pour le pacte de Paris.

« L’essentiel était d’avoir un bon système de transparence car il instaurait la confiance entre les pays et permettait de mesurer ce qui se faisait et qu’il était suffisamment précis », a-t-elle déclaré à BBC News en marge de cette réunion.

« Je suis content de ça. Personne ne peut dire que ce n’est pas clair, on ne sait pas quoi faire, ou que ce n’est plus vrai. C’est très clair, »

Elle a dit que des pays comme la Russie, qui avaient refusé de ratifier l’accord de Paris parce qu’ils n’étaient pas certains des règles, ne pourraient plus utiliser cette excuse.

Cependant, selon certains observateurs, l’accord n’est pas suffisamment puissant pour faire face à l’urgence du problème climatique.

Selon les mots d’un délégué, « c’est ce qui est possible, mais pas ce qui est nécessaire ».

Qu’en est-il de réduire le carbone plus rapidement?

Les pays ont été fortement incités à renforcer leur ambition, à réduire le carbone de manière plus profonde et plus urgente.

De nombreux délégués souhaitent voir une augmentation rapide de leur ambition avant 2020 de conserver les chances de rester en dessous de 1,5 ° C.

À l’heure actuelle, les plans présentés par les pays dans le cadre de l’accord de Paris ne s’en approchent pas, qualifié de « grossièrement insuffisant » par un délégué d’un pays vulnérable au climat.

Les entreprises recherchent également un signal de cette réunion concernant l’avenir.

« Les entreprises sont prêtes à investir et les banques à financer », a déclaré Carlos Salle du conglomérat espagnol de l’énergie, Iberdrola.

« Nous avons donc besoin de cette ambition plus grande dans la politique pour permettre aux entreprises d’aller plus loin et plus rapidement. »

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