Connect with us

Cameroun

Akere Mouna, ex-candidat à la presidentielle au Cameroun: « J’ai été naïf »

Publié

le

akere muna

Dans une interview accordée au journal Jeune Afrique, Akere Mouna, l’ex candidat aux élections présidentielles au Cameroun confirme entre autre qu’il a été naïf lors de la présidentielle et revient sur le contentieux post électoral ainsi que sur la crise anglophone qui secoue le Cameroun depuis 2ans maintenant.

Quel bilan faites-vous du déroulement de la présidentielle du 7 octobre, durant laquelle vous vous êtes rallié à Maurice Kamto à quelques heures du scrutin ?

Akere Muna : J’ai été naïf. Naïf, dans le sens où je pensais que les Camerounais allaient agir en suivant leur volonté de changement. C’est pourquoi j’ai toujours dit que quelque soit le type de fraude mis en place, le peuple l’écarterait. Malheureusement chacun s’est cantonné à jouer la partition qui lui a été donnée : tronquer les règles, tout cacher, œuvrer dans l’opacité… ce qui est triste.

Naïf, aussi, parce que je pensais que les textes pourraient permettre de forcer un peu les choses, ce qui n’a pas été le cas. Le Conseil constitutionnel [chargé d’examiner les demandes d’annulation du scrutin présidentiel déposées par l’opposition, ndlr] a déclaré qu’il ne pouvait pas rendre justice puisque les textes ne lui en donnaient pas la possibilité… Il faut absolument qu’on revoit tout ça, il y a à faire. En réalité, notre système n’envisage nullement une transition par l’alternance.

Cameroun: «Pourquoi Kamto n’a pas perdu» l’élection présidentielle 2018

L’élection est désormais terminée, quelle suite entendez-vous donner à votre engagement politique ?
Mon engagement politique n’était pas quelque chose de ponctuel. Je pense que la seule façon d’amener le changement dans un pays, c’est par les élections. Concrètement, je pensais que la meilleure façon de résoudre la crise anglophone était d’être aux affaires. Je prends donc un coup en voyant les tueries et tout ce qui se passe actuellement. Comme quoi, la première solution que j’ai choisie n’a pas marché. Mais je ne vais pas baisser les bras : il faut que je persiste, il faut aller aux municipales, aux législatives et trouver d’autres tactiques. Donc je ne pars pas, je suis là.

Irez-vous aux législatives même si le code électoral que vous avez décrié durant la présidentielle reste le même ?
Certainement. Il se dit que l’État ne changera pas les textes du code électoral, au motif que c’est un chemin qui n’arrange pas les citoyens. Mais un pays, c’est un peu comme une cocotte-minute. Une fois sur le feu, la valve laisse sortir de la vapeur. Au Cameroun on a pourtant l’impression que la valve est constamment refermée, ce qui peut provoquer une implosion. Soit on essaye d’arranger les choses pour le peuple camerounais, soit on laisse tout exploser. Je l’ai dit mille fois. Ce n’est pas normal que, chez nous, l’élection ne veuille rien dire. On dénie au peuple de voir sa volonté appliquée. En anglais on parle de « state capture », d’un État pris en otage.

Vous vous dites préoccupé par la crise qui secoue les deux régions anglophones, dont l’une est votre région d’origine. Prendrez-vous part à la conférence initiée par le cardinal Tumi ?
Je suis anglophone et je suis avocat. J’ai eu à écrire sur ce problème et je connais ses contours. Je ne peux donc pas ne pas apporter ma contribution à cette conférence. Christian Tumi est un guide spirituel que je rencontre d’ailleurs fréquemment pour échanger sur divers sujets.
Cela dit, à l’heure où l’on parle du dialogue, j’aurais pensé que l’État sauterait sur cette occasion pour démarrer la discussion avec les anglophones… mais chaque jour, on pousse la plupart des anglophones vers l’extrémisme.

Yaoundé est-il prêt à dialoguer sur ce sujet ?
Je ne vais pas analyser l’attitude du gouvernement. Je dis juste que si on ne parle pas de ce problème, la guerre va se poursuivre, surtout dans une situation politique aussi délicate que celle-ci. Car il ne s’agit pas d’un conflit comme celui de Boko Haram, où il y avait des envahisseurs. Quand des gens se battent pour leur idéologie, ça n’en finit pas car l’amertume se transmet de père en fils. Il est donc plus qu’impératif de passer à la phase de dialogue.
Envisagez-vous de rencontrer des sécessionnistes dans le cadre d’un dialogue ?
Je suis prêt à aller vers des Camerounais. Qui appelez-vous les « sécessionnistes » ?

Cameroun: deux séparatistes tués à Buea, à deux jours de l’élection présidentielle

Il s’agit bien de l’aile radicale qui est accusée par le gouvernement de commettre des actes terroristes…
Je pense que si on commence par étiqueter les gens, cela rend le dialogue difficile. Et c’est ici que l’initiative du cardinal Tumi prend tout son sens, puisqu’elle permettra aux anglophones de tous bords de parler.
Les étiquetages ne sont pas une bonne solution car ils bloquent les débats. S’il y a un problème national, il faut se retrouver et en parler. Bien sûr que certains veulent la sécession, mais si nous pensons que ce sont des Camerounais, il faut les considérer comme tel.

De manière concrète, quelles sont vos propositions pour une sortie de crise ?
D’abord, il faut se parler. Ensuite, il est impératif de ramener les choses au plus prêt de la situation telle qu’elle l’était il y a deux ans, c’est-à-dire libérer les détenus, les amnistier et mettre en place les conditions nécessaires pour le désarmement. Et ce n’est pas cette armée qui le fera, il faut donc trouver un tiers. Comme la Belgique, le Canada, la Suisse, ou un pays qui n’est pas partie prenante, vu que certains sont réticents à une intervention de l’ONU.
Ce pays devra accepter de venir avec une force tampon qui se déploiera dans les zones en crise et procédera au désarmement. Ensuite, il devra passer à la réhabilitation et à la reconstruction des villages et faire revenir les habitants chez eux. Il faut qu’on essaye au maximum de revenir au statu quo ante. Lorsqu’on l’aura fait, on pourra alors commencer à attaquer les questions globales du cadre dans lequel nous souhaitons vivre.

Vous parlez d’une armée tampon, est-ce un appel à une implication de la communauté internationale ?
Pas du tout. Je décline une stratégie nationale de réconciliation. Et je dis qu’en ce qui concerne le désarmement, il est utopique de penser que les soldats de l’armée qui étaient là hier, qui ont vu leurs camarades tués, vont se placer en face des combattants ambazoniens, qui peuvent reconnaître certains d’entre eux, et que ces derniers vont accepter de leur remettre des armes. Avec l’amertume, la situation ira dans tous les sens. Il faudrait que ce soit fait derrière un écran, c’est un rôle que peut jouer un autre pays. Celui-ci serait invité par le Cameroun selon des conditions précises édictées, et partirait ensuite après le travail fait. Mais penser que c’est cette armée qui procédera au désarmement, cela va être très difficile pour les deux camps.

Né en 1952 Akere Muna est le fils de Salomon Tandeng Muna, ancien président de l’Assemblée Générale du Cameroun et l’un des architectes du vivre ensemble et d’un Cameroun unis. Avocat international, il est engagé dans nombreux instances internationales qui luttent pour la bonne gouvernance et contre l’évasion fiscale en Afrique.

Son engagement en politique auprès de Maurice Kamto dont il s’est rallié n’a pas produit des fruits escompté mais il compte  poursuivre son engagement politique dans l’optique de la résolution de la crise anglophone.

L’année 2019 s’annonce être une autre année électorales avec les élections législatives et municipales à venir.

 

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

Cameroun

Des ONGs réclament la libération d’Amadou Vamoulké, ancien directeur général de la Crtv

Plusieurs associations, dont Reporters sans Frontières (RSF) et la FIDH, ont demandé mercredi à Paris la libération de l’ancien patron de la radio et télévision publique camerounaise, la CRTV, incarcéré à Yaoundé depuis près de deux ans et demi.

Published

on

By

Officiellement, Amadou Vamoulké est poursuivi pour détournement de fonds publics, près de 6 millions d’euros, non pas à des fins personnels, mais au profit de la chaîne de télévision publique qu’il a dirigée entre 2005 et 2016. Aucun rapport d’audit et aucun témoin n’ont appuyé ces accusations depuis le début du procès dont la plupart des 14 audiences qui se sont tenues à ce jour n’ont duré qu’une poignée de minutes.

«Aucun élément à charge ni aucun témoin n’ont été apportés par l’accusation depuis le début de son procès dont la plupart des 15 audiences qui se sont déjà tenues n’ont duré qu’une poignée de minutes», pointe RSF dans un communiqué.

Le journaliste doit comparaître le 22 janvier 2019 pour la seizième fois en un an et demi. RSF a annoncé mercredi la saisine du groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU. «Après deux ans et demi derrière les barreaux sans avoir été condamné, le caractère arbitraire de la détention ne fait aucun doute. Il est essentiel qu’il soit reconnu par l’ONU afin d’accentuer la pression sur les autorités camerounaises pour obtenir sa libération», estime Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

«La défense des libertés est aujourd’hui plus qu’hier, une nécessité au Cameroun», a ajouté Florent Geel, responsable Afrique à la Fédération internationale des droits de l’homme.

Selon une enquête de RSF publiée en décembre dernier, Amadou Vamoulké est un «fervent partisan du pluralisme médiatique» et «un ardent défenseur de la liberté de la presse». Amadou Vamoulké est l’une des grandes figures de la presse camerounaise. Major de la promotion de l’école supérieure de journalisme de Yaoundé fondée par Hervé Bourges, ancien président de plusieurs chaînes françaises (TF1, France Télévisions, RFI) et du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) qui a lui aussi apporté son soutien, il fut le premier président de l’Union des journalistes du Cameroun.

Il milita activement pour l’ouverture du marché audiovisuel camerounais pour mettre fin au monopole d’information détenu par la chaîne publique. Il est également connu pour être un fervent défenseur de la dépénalisation des délits de presse. A l’instar de RSF, il s’était engagé pour obtenir la libération de Pius Njawé, icône de la presse indépendante camerounaise, détenu pendant 10 mois pour avoir évoqué la santé de Paul Biya dans un article de son journal.

RSF ne cesse de demander la fin des détentions arbitraires de journalistes au Cameroun. L’organisation avait dénoncé les 29 mois d’emprisonnement du correspondant de RFI Ahmed Abba, finalement libéré le 22 décembre 2017. Plus récemment, au début du mois de novembre 2018, le président Paul Biya a ordonné la remise en liberté de la présentatrice d’Equinoxe TV Mimi Mefo, dont RSF avait dénoncé la veille le placement en détention provisoire et les poursuites engagées devant une juridiction militaire.

Lire la suite

Cameroun

Cameroun: l’opposant Maurice Kamto annonce une marche pacifique le 26 janvier 2019

Published

on

By

Le président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun a fait cette annonce le 15 janvier 2019. C’était au cours de la cérémonie de présentation de meilleurs vœux à la presse qu’il a organisée à Yaoundé.

«Le 26 janvier 2019, nous lancerons les marches que j’ai annoncées dans mon message de fin d’année. Dans les principales villes du Cameroun, nous allons sortir, nous allons marcher pacifiquement, dans la paix, sans armes. Mais pour dire non! Ce qui se passe au Nord-Ouest et au Sud-Ouest ne se fait pas en notre monde. Non au hold-up électoral! Non à l’atteinte sauvage à la fortune publique», a déclaré Maurice Kamto.

Face à la presse, le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et candidat malheureux de la Présidentielle 2018 s’est montré plutôt résolu et très engagé dans les manifestations qu’il prévoit faire dans «les principales villes» du pays. Lors de ladite présentation Maurice Kamto a affirmé que ses militants et lui vont dénoncer le hold-up électoral, l’atteinte sauvage à la fortune publique «avec fermeté». Il a par ailleurs ajouté «et si, on devait nous tuer à cette occasion, on nous tuera tous. Et si je devais être seul, qu’on me tue moi. C’est une cause qui me dépasse et elle vaut la peine que l’on mène des combats».

Seulement il convient d’indiquer que si, ces marches ne sont pas déclarées et autorisées, elles seront illégales. Et elles pourront très bien avoir le même sort que celles que le parti avait initiées après la proclamation des résultats de la dernière élection présidentielle qui a eu lieu le 7 octobre 2018. On se rappelle que le Mrc avait mis en place un Plan de résistance national qui avait comme slogan «non au hold up électoral». Me Michelle Ndoki et des militants du Mrc s’étaient retrouvés dans les rues de Douala dans le cadre dudit Plan. Ils s’étaient lancés dans une marche certes pacifique mais qui n’avait pas été déclarée. Conséquence, ils avaient été interpellés par les Forces de maintien de l’ordre. Le 4 décembre 2018, le Tribunal de Première Instance de Douala a décidé de l’arrêt des poursuites engagées contre eux.

Il faut souligner que les marches annoncées le 15 janvier dernier par Maurice Kamto, dans son discours de fin d’année 2018 adressé aux camerounais, il en parlait déjà. Il conviait ces derniers à s’y joindre. Il avait invité les Camerounais à «préparer activement la réussite populaire de la grande mobilisation citoyenne, républicaine et pacifique, qui débutera en mi-janvier sur l’ensemble du territoire national». Car pour lui il s’agit en fait, «des marches de l’indignation, de protestation et de la colère, à la fois: contre la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest pour dire ; contre l’assassinat de la démocratie par les fraudes électorales massives et le vol de l’élection ; contre la corruption, les détournements et le pillage dans l’impunité de l’argent public et des ressources de la Nation».

Sachant bien que ces marches pourraient déboucher sur des heurts avec les Forces de maintien de l’ordre, Maurice Kamto avait engagé ses militants «à la discipline, à ne pas céder aux provocations du régime qui ne manqueront pas, et à vous vêtir en blanc (vêtements, T-Shirt, foulard, brassard, bref tout signe distinctif blanc) pendant cette mobilisation populaire que nous baptisons la ‘‘Marche Blanche».

Lire la suite

Cameroun

Cameroun : Anatole Adolf Ebongo s’est éteint

Le dernier de l’école de Foulassi, l’ancien directeur des douanes s’est éteint à 107an

Published

on

Anatol Ebongo

Anatole Adolf Ebongo, est mort !!!

Vous le connaissez ?

Non, répondront certains.

Le défunt qui avait 107 ans, est présenté comme le dernier survivant de l’Ecole de Foulassi, berceau de l’hymne national du Cameroun…

Il est le deuxième Directeur camerounais des Douanes camerounaise (1968 – 1071) après Eitel Momo (1961 – 1968). Avant eux, les Douanes étaient dirigées depuis 1918 par des Expatriés.

Anatole Adolf Ebongo, l’un des premiers résistants camerounais, est aussi le papa de la respectable Henriette Ekwe, journaliste et militante politique.

Le Cameroun a perdu l’un de ses dignes fils immortels ce samedi des suites de maladie.

Ci-dessous, un article qui date de six ans,  sorti des Archives et de certains journaux tels que le Journal du Cameroun, pour mieux connaitre l’illustre disparu.

PETITE HISTOIRE D’ANATOLE EBONGO

A 101 ans, cet ancien élève de l’école normale de Foulassi dans la période 1925-1933, directeur des douanes retraité reste alerte et bien lucide.

La star lors de la conférence de Foulassi sur l’hymne national était incontestablement ce vieil homme encore bien lucide pour ses presque 102 ans. Anatole Adolf Ebongo, quand il a été informé la décision du comité d’organisation d’organiser la conférence sur le thème de l’hymne national à Foulassi avec lui comme invité spécial, il a instruit son fils de lui trouver une tenue kaki et un béret. Cet accoutrement porté le 17 avril dernier était la tenue des élèves de l’école normale de Foulassi à son époque. Comme élève, il fut aussi très brillant depuis son entrée à Foulassi après son Cepe, si l’on s’en tien à son bulletin de note de 3ème année signé le 19 juin 1930. 1er sur 10 élèves avec 10/10 en conduite, 8/ 10 en travail manuel, 10/10 en religion, 18/20 en orthographe, 9/10 en français, 9/I0 en géographie, 9,5/ 10 en écrit, etc. Aucune absence ne lui ait imputée. Il fut un condisciple de Um Nyobé qui dirigeât une révolte contre les responsables pour refuser d’exécuter une punition consistant à tailler les moellons devant servir à la construction de la paroisse.

Après Foulassi, il sera fonctionnaire des douanes avec comme couronnement de sa carrière, le poste de directeur des douanes. D’ailleurs, cela lui a plu de raconter le plaisir qu’il éprouvait de voir des blancs alignés devant sa porte, lui l’indigène, chef de poste des douanes à Ambam. Il fut le premier indigène chef du bureau central des douanes de Douala, poste où il traversa tous les contrôles et audits sans problème. C’est pourquoi dans lors de sa prise de parole, il déclarait être fièr qu’après 32 ans de carrière, il prit sa retraite sans un débet à son encontre et sans avoir puisé dans les caisses comme beaucoup de le font aujourd’hui. Cette probité, il l’avait promise à son directeur après avoir reçu la note de 20/20 pour une dissertation faite dans le cadre d’une punition infligée à toute la classe, après avoir aidé un camarade à faire son devoir de mathématique. Il souhaite que l’hymne national soit rebaptisé la « Foulassiène » en souvenir de ses camarades. D’ailleurs en souvenir de cette période, il vient de publier aux éditions Clé, « souvenir d’un enfant du siècle ».

Lire la suite
Advertisement

Facebook




cinéma

Advertisement