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Un nouveau système de suivi pourrait enfin montrer comment les pesticides endommagent les colonies d’abeilles

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Les néonicotinoïdes, les insecticides les plus couramment utilisés dans le monde, déjouent efficacement de nombreux ravageurs des cultures, mais ils ont également des effets insidieux sur les pollinisateurs essentiels: les abeilles.

À fortes doses, ces neurotoxines – qui se retrouvent dans le pollen et le nectar collectés par les abeilles – nuisent à leur mémoire et à leur capacité de cueillir de la nourriture.

Maintenant, en utilisant une technique de suivi innovante, les chercheurs ont montré que les néonicotinoïdes réduisent globalement l’activité dans les colonies d’abeilles à bourdons, rendant les abeilles moins susceptibles de s’occuper de leurs petits et rendant difficile la régulation de la température du nid par la colonie.

Les résultats pourraient aider à résoudre un mystère de longue date: comment les pesticides nuisent aux colonies d’abeilles.

Pendant des années, des études de laboratoire ont montré les dommages que les néonicotinoïdes peuvent infliger à chaque abeille.

Mais il est beaucoup plus difficile de démontrer de manière concluante comment les pesticides endommagent des colonies entières, qui contiennent des centaines voire des milliers d’abeilles, qui interagissent en un seul « superorganisme » complexe.

Une partie de la difficulté réside dans la variabilité des conditions naturelles, où le temps, les maladies, la richesse florale du paysage et d’autres facteurs qui influent sur la santé des colonies peuvent interagir et fausser les résultats d’une manière inconnue.

Pour déterminer l’impact des pesticides sur les colonies, James Crall, biologiste du comportement animal à l’Université de Harvard, a décidé d’examiner le comportement collectif des abeilles après une exposition aux produits chimiques. Mais le faire était loin d’être simple.

Les efforts passés pour retrouver les abeilles impliquaient de les enduire de peinture, de filmer les images pendant de courtes périodes, puis d’examiner et d’annoter soigneusement leurs actions.

« Il est difficile de les suivre même pour une vidéo de 5 minutes », explique Crall. « Il est inimaginable de le faire pendant plusieurs jours pour plusieurs colonies. »

Crall et son équipe ont trouvé une solution en se tournant vers un logiciel de suivi qu’il avait écrit pour un doctorat, étudiant en biomécanique du vol des insectes à Harvard. Lui et ses collègues ont collé des étiquettes de 3 x 4 millimètres à motifs uniques sur le dos de centaines de bourdons.

Enfin, en adaptant l’équipement robotique d’un laboratoire de mouche des fruits, ils ont assemblé une plate-forme mobile avec deux caméras haute résolution. Ces caméras peuvent régulièrement espionner une douzaine de colonies de bourdons, détecter le mouvement des étiquettes et les transmettre à des ordinateurs pour analyse.

Le groupe a choisi les bourdons parce qu’ils sont beaucoup plus faciles à travailler que les abeilles emblématiques pour deux raisons: leurs colonies contiennent des centaines d’individus au lieu de dizaines de milliers; et ils sont relativement contents de chercher leur nourriture dans un espace confiné, alors que les abeilles domestiques veulent voler librement à l’extérieur.

L’équipe a ensuite donné à neuf colonies du sirop de sucre contenant six parties par milliard d’un néonicotinoïde commun appelé imidaclopride, leur permettant de se nourrir à tout moment. Au cours des 12 jours d’expérience, le niveau d’activité général des abeilles et leurs interactions sociales ont diminué.

Alors que les abeilles des colonies de contrôle passaient environ 25% de la nuit à s’occuper du couvain, par exemple, les abeilles consommateurs de pesticides en dépensaient moins de 20%, rapportent aujourd’hui les chercheurs dans Science.

L’équipe a découvert que la léthargie était inexplicablement plus forte la nuit. Dans une autre expérience, Crall et ses collègues ont montré que l’imidaclopride pouvait entraver la capacité des colonies de réguler leur température, ce qu’elles font normalement en fléchissant leurs muscles et en ventilant leurs ailes.

Il est important que la ruche reste à une température constante pour que les larves de la colonie se développent correctement.

«Cette couvée est leur avenir. S’ils ne s’en occupent pas, il est probable qu’un effet se produise sur la colonie », explique Richard Gill, écologiste des abeilles à l’Imperial College London. Plus généralement, dit-il, il est important que les nombreux travailleurs communiquent et interagissent.

«Tous les rouages ​​doivent tourner au bon moment pour que la machine fonctionne bien», explique Gill. Il est possible que les divers effets induits par les pesticides freinent la croissance de la colonie.

Maintenant que Crall a démontré ces effets, il prévoit de développer des outils de suivi et de manipulation de la température dans les colonies pour en apprendre davantage sur l’interaction des pesticides et de la température.

En fin de compte, il espère que le système de vidéosurveillance automatisé pourrait être utilisé pour rendre les tests de pesticides plus rapides, moins chers et plus sophistiqués.

L’entomologiste Reed Johnson de l’Ohio State University à Wooster, qui n’a pas participé à la recherche, pense que cela est probable. « C’est l’avenir de la façon dont nous allons examiner les effets des pesticides. »

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Ariane 5 décolle et lance deux satellites pour la Corée du Sud et l’Inde

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La dernière Ariane 5 de l’année 2018 a décollé du centre spatial de Kourou en Guyane française mardi soir avec à son bord deux satellites pour la Corée du Sud et l’Inde, a constaté l’AFP.

Le lanceur lourd européen Ariane 5 a décollé depuis le centre spatial guyanais (CSG) de Kourou à 17H37 heure locale, a constaté l’AFP.

La fusée emmène à son bord deux satellites: un de télécommunication pour l’Inde et un météorologique pour la Corée du Sud.

La mission dure environ 34 minutes du décollage à la séparation des satellites.

GSAT-11 est un satellite de télécommunication conçu et fabriqué par l’agence spatiale indienne. C’est « le plus gros satellite jamais construit » par l’ISRO (Indian Space Research Organisation), a indiqué un communiqué d’Arianespace, la société de lancements. GSAT-11 réduira la fracture numérique dans le sous-continent indien. Sa durée de vie est estimée à plus de 15 ans.

GEO-KOMPSAT-2A, développé par l’Institut coréen de recherche sur le spatial pour le gouvernement sud-coréen fournira des données permettant d’effectuer des prévisions météorologiques et de surveiller la météorologie spatiale. Sa durée de vie est estimée à 10 ans.

Il s’agit du sixième et dernier lancement de l’année 2018 d’une Ariane 5 depuis la Guyane française.

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SpaceX a placé 64 satellites en orbite d’un coup

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SpaceX a placé lundi 64 mini-satellites en orbite terrestre, un record américain et la première fois que la société californienne dédie entièrement un lancement au marché croissant des petits satellites.

La société d’Elon Musk a battu un autre record en réutilisant pour la troisième fois un premier étage de sa fusée Falcon 9. Ce premier étage, aussi appelé booster, est revenu se poser sans incident sur une plateforme automatisée au large de la Californie, selon des images diffusées par SpaceX.

A bord de la fusée se trouvaient 15 microsatellites et 49 Cubesats, appartenant à 34 clients différents, privés, publics et universitaires, venant de 17 pays dont la France, la Corée du Sud et le Kazakhstan.

La fusée avait été entièrement affrétée par la société Spaceflight, spécialisée dans le « rideshare », c’est-à-dire le fait de mettre plusieurs satellites à bord d’une même fusée.

Les microsatellites pèsent quelques dizaines de kilogrammes. Les Cubesats sont des satellites plus petits encore, construits à partir de modules standards.

La fusée est partie du pas de tir de la base aérienne de Vandenberg en Californie. Un peu plus de sept minutes plus tard, le premier étage, après s’être séparé du second, est revenu se poser.

La coiffe, qui enferme et protège les satellites au sommet de la fusée pendant la sortie de l’atmosphère, devait également être récupérée par un bateau équipé de grands filets, baptisé « Mr. Steven ». Mais chaque moitié de la coiffe a raté le filet, a tweeté Elon Musk. Les deux moitiés seront repêchées, a-t-il écrit.

Les satellites devaient être placés en orbite pendant une période de cinq à six heures, selon chaque engin, à des altitudes différentes selon les besoins des clients. Spaceflight a conçu un « distributeur » spécial pour la mission, qui éjectera les satellites individuellement.

Tous les clients n’ont pas des missions scientifiques.

Le musée d’art du Nevada a ainsi envoyé une sculpture légère de l’artiste Trevor Paglen qui, une fois dépliée, est censée être visible depuis la Terre à l’oeil nu la nuit.

Au total, SpaceX a réalisé 19 lancements en 2018, battant son record de 18 lancements en 2017. Et d’autres sont encore prévus avant la fin de l’année, dont un nouveau ravitaillement de la Station spatiale internationale, mardi.

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Ariane 5 lancera mardi des satellites pour l’Inde et la Corée du Sud

AFP

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Une fusée Ariane 5 doit décoller mardi de Kourou, en Guyane française, pour mettre en orbite deux satellites: un de télécommunication pour l’Inde et un météorologique pour la Corée du Sud.

« Arianespace sert les ambitions spatiales de deux agences de premier plan en mettant en orbite les satellites GSAT-11 pour l’ISRO (Indian Space Research Organisation) et GEO-KOMPSAT-2A pour le KARI (Korea Aerospace Research Institute) », indique la société européenne de lancement dans un communiqué.

Le décollage est prévu mardi entre 17H37 et 18H53, heure de Kourou (entre 20H37 GMT et 21H53 GMT, 21H37 et 22H53, heure de Paris). La mission durera environ 34 minutes du décollage à la séparation des satellites.

GSAT-11 est un satellite de télécommunication conçu et fabriqué par l’agence spatiale indienne afin de réduire la fracture numérique dans le sous-continent indien. Sa durée de vie est estimée à plus de 15 ans.

GEO-KOMPSAT-2A, développé par l’Institut Coréen de Recherche sur le Spatial pour le gouvernement sud-coréen, fournira des données permettant d’effectuer des prévisions météorologiques et de surveiller la météorologie spatiale. Sa durée de vie est estimée à 10 ans.

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