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RD Congo: 13 personnes tuées dans une attaque des rebelles à Beni

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Les rebelles congolais ont tué 13 civils et enlevé une douzaine d’enfants lors d’un attentat au centre de contrôle de l’épidémie d’Ebola, a déclaré dimanche l’armée, ajoutant que les violences menaçaient de forcer la suspension des efforts cruciaux de contrôle du virus.

Le capitaine Mak Hazukay Mongha a déclaré à l’Associated Press que les rebelles des forces démocratiques alliées avaient attaqué des positions de l’armée congolaise et de plusieurs quartiers de Beni samedi et dimanche. La mission de maintien de la paix américaine a déclaré que ses troupes avaient échangé des coups de feu avec des rebelles samedi dans la région de Mayangose ​​à Beni lors d’une attaque contre des civils.

En colère contre l’attaque, les habitants de Beni ont porté dimanche matin quatre des corps à la mairie, où la police les a dispersés avec du gaz lacrymogène. Les rebelles des ADF ont tué des centaines de civils ces dernières années et ne sont que l’un des nombreux groupes rebelles actifs dans l’extrême nord-est du Congo.

À la fin du mois dernier, les efforts de lutte contre l’épidémie d’Ebola ont dû être suspendus pendant plusieurs jours à Beni après une attaque meurtrière des rebelles, compliquant considérablement les travaux visant à rechercher et à suivre les contacts présumés de personnes infectées. Depuis lors, bon nombre des nouveaux cas confirmés d’Ebola ont été signalés à Beni, le taux de nouveaux cas ayant plus que doublé.

Cette nouvelle attaque intervient alors qu’un autre groupe armé a abattu deux agents médicaux de l’armée congolaise – la première fois que des agents de santé ont été tués par des rebelles lors de cette épidémie d’Ebola.

C’est un «jour sombre» pour tous ceux qui combattent le virus mortel, a déclaré samedi le ministre de la Santé du Congo.

Les rebelles Maï Maï sont sortis de la forêt et ont ouvert le feu sur des agents non armés avec l’unité médicale d’intervention rapide de l’armée à l’entrée de la ville de Butembo, a annoncé le ministère de la Santé.

L’attaque de jour semblait préméditée, les civils présents étant laissés indemnes, a indiqué le communiqué. Les agents médicaux avaient été placés dans des «zones dangereuses» pour aider les responsables de la santé.

Les cas confirmés d’Ebola ont maintenant atteint 200, dont 117 décès. Des groupes d’aide ont exprimé leur inquiétude après que l’insécurité et la résistance parfois hostile de la communauté aient amené le nombre de nouveaux cas à plus du double ce mois-ci.

Les agents de santé impliqués dans cette épidémie, déclarée le 1er août, ont déclaré avoir entendu des coups de feu chaque jour, opérant sous escorte armée de soldats de la paix ou des forces de sécurité congolaises du Royaume-Uni et devant cesser les travaux au coucher du soleil pour réduire le risque d’attaque.

Le ministère congolais de la Santé a fait état de «nombreuses agressions» contre des agents de santé. Au début de ce mois, deux volontaires de la Croix-Rouge ont été grièvement blessés dans une confrontation avec des membres de la communauté inquiets dans une région traumatisée par des décennies de conflit et confrontée pour la première fois à une épidémie d’Ebola.

« Les agents de santé ne sont pas la cible des groupes armés« , a déclaré le ministre de la Santé, Oly Ilunga. «Nos agents continueront à se rendre sur le terrain chaque jour pour remplir la mission qui leur est confiée. Ce sont de vrais héros et nous continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’ils puissent faire leur travail en toute sécurité. ”

Mercredi, l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré qu’elle était « profondément préoccupée » par l’épidémie mais qu’elle ne justifie pas encore d’être déclarée urgence mondiale. Une épidémie doit être «un événement extraordinaire» susceptible de traverser les frontières, nécessitant une réponse coordonnée. Des cas confirmés ont été découverts près de la frontière très fréquentée avec l’Ouganda.

Dans le dernier signe des rumeurs qui posent un autre problème sérieux pour contenir le virus mortel, le ministère de la Santé a déclaré que 22 jeunes de Butembo avaient déterré le corps d’une victime d’Ebola et avaient ouvert le sac mortuaire, « voulant vérifier qu’aucun organe n’avait été prélevé du corps par les agents de santé.  »

Ils ont fini par toucher des fluides corporels extrêmement infectieux, a indiqué le ministère. «Le lendemain, ils ont accepté de se faire vacciner», rejoignant plus de 20 000 personnes qui ont été vaccinées jusqu’à présent.

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RD Congo

RDC: l’ONU s’engage vers une stratégie de retrait progressif

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L’ONU a entrepris d’élaborer une stratégie de retrait progressif de Casques bleus de République démocratique du Congo, qui pourrait se traduire à moyen terme par de premiers ajustements et changements de priorités.

Après l’élection d’un président, une ouverture de l’espace politique et une amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs régions, « nous allons ajuster progressivement la Monusco, tant dans sa taille que dans sa mission et sa présence », indique un responsable de l’ONU sous couvert d’anonymat.

Les Nations unies sont présentes en RDC depuis une vingtaine d’années et la Monusco, avec ses quelque 16.000 Casques bleus, représente l’une de ses missions actuelles les plus importantes et les plus coûteuses.

« Nous regardons comment l’ajuster » au nouveau contexte dans le pays « et probablement la réduire. Le processus et les modalités restent à définir », ajoute le même responsable. A moyen terme, « la Monusco peut être réduite dans des proportions relativement modestes », précise-t-il.

« Nous devons travailler avec les Congolais sur un processus conduisant à une stratégie de sortie progressive », résume ce responsable.

A la différence de l’ex-président Joseph Kabila qui réclamait régulièrement le départ de la Monusco, le nouveau chef d’Etat Félix Tshisekedi a plutôt montré jusqu’à présent de bonnes dispositions à l’égard de l’ONU.

« Il a indiqué vouloir garder la Monusco et sortir de la relation conflictuelle » entretenue jusqu’alors avec l’ancien président, indique un diplomate.

En conséquence, le Conseil de sécurité pourrait être amené fin mars, à l’échéance du mandat de la Monusco, à la prolonger de sept mois sans grands changements fondamentaux. En juin, lors de la renégociation annuelle du budget des opérations de paix de l’ONU, l’enveloppe consacrée à la RDCongo (1,11 milliard de dollars par an) ne serait fixée que pour six mois.

Ces échéances permettraient de donner du temps aux nouvelles autorités congolaises et à l’ONU pour définir l’avenir de la Monusco, indique le diplomate.

Dans plusieurs régions, l’ONU a constaté un intérêt croissant de groupes armés à déposer les armes et à rejoindre un processus de réintégration, notamment dans le Kasai ou en Ituri, selon le responsable de l’ONU.

Les violences continuent en revanche dans le Kivu (est) et l’ONU devra probablement renforcer à terme ses contingents dans cette partie du territoire alors qu’elle allégera sa présence dans l’ouest, selon une source proche du dossier.

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RD Congo

La riposte à Ebola en RDC « ne parvient pas à maîtriser » l’épidémie, selon MSF

AFP

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La riposte à Ebola en RDC « ne parvient pas à maîtriser » l’épidémie, a affirmé jeudi l’ONG Médecins Sans Frontières, imputant cet échec à la militarisation de la réponse et au manque de confiance des communautés affectées.

« Sept mois après le début de la plus importante épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, et dans un climat de méfiance croissante de la part de la communauté, la riposte ne parvient pas à prendre le dessus » et à « maitriser l’épidémie », a indiqué MSF dans un communiqué.

Près de 900 cas ont été enregistrés, dont 563 décès, selon les autorités. Depuis le début de l’année, plus de 40% des nouveaux cas sont des personnes décédées d’Ebola chez elles, dans les communautés.

« Cela signifie que nous ne pouvons pas les atteindre et qu’elles n’ont pas cherché des soins », a déclaré la présidente de MSF, Joanne Liu, lors d’une conférence de presse à Genève.

« Nous sommes face à une contradiction frappante: d’un côté, une réponse rapide et importante grâce à de nouveaux outils médicaux comme les vaccins et les traitements qui donnent des résultats prometteurs quand les patients arrivent tôt, de l’autre, des personnes infectées par Ebola qui meurent dans leurs communautés et qui n’ont pas suffisamment confiance en la réponse pour venir se faire soigner », a-t-elle relevé, dans le communiqué.

La dixième épidémie d’Ebola a été déclarée le 1er août 2018 dans la province du Nord-Kivu avant de toucher quelques jours plus tard la province voisine de l’Ituri (nord-est).

Les activités de riposte contre l’épidémie ont, à plusieurs reprises, été perturbées par des attaques dans cette région de la RDC, en proie à des conflits.

La semaine dernière, MSF a suspendu ses activités de lutte contre Ebola à Katwa et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, à la suite d’attaques successives sur deux centres de traitement.

Durant le mois de février uniquement, des dizaines d’incidents sécuritaires ont eu lieu à l’encontre de l’ensemble des activités Ebola, selon MSF.

« Une série de problèmes a conduit à ces tensions », dont « le déploiement massif de ressources financières centré seulement sur Ebola », ainsi que « le report officiel des élections en raison de l’épidémie Ebola, exacerbant les soupçons selon lesquels Ebola serait une manigance politique », a-t-elle poursuivi.

L’ONG déplore aussi l’utilisation de la police et des forces armées pour « imposer aux gens des mesures sanitaires », car cela conduit les communautés locales « à se mettre davantage à l’écart », ce qui est « contreproductif ».

« La force ne doit pas être utilisée comme un outil pour tracer et traiter les patients, contraindre à des enterrements sécurisés ou décontaminer les maisons », a insisté MSF.

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RD Congo

RDC : risque de « recrudescence » d’Ebola après l’attaque de centres de traitement

AFP

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Les autorités sanitaires congolaises ont redouté vendredi une « recrudescence importante » des cas de fièvre hémorragique après la destruction de deux centres de traitement d’Ebola dans une région de l’est de la République démocratique du Congo touchée par l’épidémie.

Dimanche et mercredi, deux attaques distinctes ont visé deux centres de traitement d’Ebola cogérés par l’organisation Médecins sans frontières (MSF) et le ministère de la Sante dans la province du Nord-Kivu (est).

« Ces deux incidents ont énormément perturbé les équipes de la riposte » et « il faudra s’attendre à une recrudescence importante des cas dans les zones de santé de Katwa et Butembo dans les prochains jours », s’est inquiété le ministère congolais de la Santé.

MSF a suspendu ses activités dans les deux centres après ces attaques. « Au regard de ces deux incidents violents, nous n’avons pas d’autre choix que de suspendre nos activités jusqu’à nouvel ordre », explique Hugues Robert, responsable des programmes d’urgence pour MSF, cité dans un communiqué de cette ONG médicale.

« Aucun membre du personnel ni aucun patient n’a été blessé, mais les deux attaques ont été traumatisantes pour les patients, leurs proches et les équipes qui se trouvaient dans les CTE à ce moment-là », note MSF.

Depuis plusieurs jours, les équipes de lutte contre Ebola sont « la cible d’attaques et de menaces qui ont fortement ralenti les activités de la riposte, plus particulièrement le suivi des contacts, l’investigation des alertes, la vaccination des contacts et les activités de prévention et contrôle des infections (PCI) », affirme le ministère dans son bulletin d’information daté de jeudi.

Le ministre de la Santé, Oly Ilunga Kalenga, accompagné du représentant de l’OMS en RDC, s’est rendu à Butembo jeudi pour s’enquérir de la situation sur le terrain suite aux deux incendies criminels ayant détruit les CTE à Katwa et Butembo, indique le ministère.

Le Dr Oly Ilunga a estimé qu’il sera « impossible de maîtriser l’épidémie dans la ville (de Butembo) tant que la sécurité des agents de la riposte n’est pas assurée ».

Déclarée le 1er août 2018, la dixième épidémie d’Ebola sévit dans les provinces du Nord-Kivu (est) et de l’Ituri (nord-est) et a déjà fait « 555 décès (490 confirmés et 65 probables) », selon le ministère de la Santé. L’épicentre de l’épidémie est aujourd’hui à Butembo, grand centre commercial d’un million d’habitants.

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