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Côte d'Ivoire

Elections en Côte d’Ivoire: tension autour des résultats du Plateau

AFP

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Une femme met son bulletin dans l'urne, dans un bureau de vote du Plateau, à Abidjan, pour les municipales et régionales du 13 octobre 2018 / © AFP / SIA KAMBOU

Bagarre devant le siège de la Commission électorale indépendante (CEI), tirs de lacrymogènes, cortège de protestation : la tension est montée dimanche à Abidjan où les résultats de l’élection municipale au Plateau n’ont toujours pas été annoncés officiellement mais font l’objet de contestation.

Par ailleurs, deux personnes sont mortes dans un affrontement entre forces de l’ordre et partisans mécontents d’un candidat battu près de Seguela, dans le centre de la Côte d’Ivoire.

Ses « partisans ont dressé un barrage, et ils ont refusé de le lever. Il y a eu un affrontement avec les forces de l’ordre, deux personnes ont été tuées », a indiqué à l’AFP la Plateforme des Organisations de la société civile pour l’Observation des Elections en Côte d’Ivoire (Poeci).

Selon les résultats annoncés progressivement par la CEI, à Bouaké, deuxième cité du pays, le maire Nicolas Djibo a été reconduit, sous la bannière du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). A Yamoussoukro, la capitale politique, le maire Kouacou Gnrangbe Kouadio Jean (Parti démocratique de Côte d’Ivoire -PDCI) a été réélu.

A San Pedro, deuxième port ivoirien, le secrétaire d’Etat chargé des PME Félix Anoble a été déclaré vainqueur. Ancien du PDCI, il a rejoint le RHDP. A Cocody, une des communes d’Abidjan, c’est le candidat PDCI Jean-Marc Yassé qui l’a emporté. Enfin à Korhogo, la grande ville du Nord ivoirien, fief du Premier ministre, le RHDP Lazani Coulibaly a largement gagné.

Le Plateau, quartier des affaires d’Abidjan et commune la plus riche du pays, cristallisait une bonne partie des tensions.

Ce scrutin oppose le RHDP Fabrice Sawegnon, spécialiste de la communication qui a orchestré les campagnes de plusieurs chefs d’Etat africains, au discret mais bien implanté Jacques Ehouo, du PDCI. Longtemps allié au RHDP, le PDCI a claqué la porte de la coalition gouvernementale il y a deux mois. Les deux hommes revendiquent la victoire au Plateau.

Gaz lacrymogènes

Selon des pointages partiels effectués samedi soir par l’AFP ainsi que par des observateurs indépendants, Jacques Ehouo semblait en tête. Mais samedi soir, la CEI du Plateau n’a pas procédé à la compilation des voix en raison de l’absence mystérieuse de ses deux présidents.

Après une nuit de tension, les urnes ont été transférées dimanche à la CEI départementale au nord-est d’Abidjan. Les forces de l’ordre y ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène.

En début d’après-midi, lors de la compilation, la CEI, sans proclamer de résultats, a semblé donner la victoire à M. Sawegnon, malgré les protestations des représentants de M. Ehouo et sous les regards circonspects d’observateurs de l’Union européenne.

Le litige porte sur le fait que M. Ehouo est en tête dans pratiquement tous les bureaux, où le taux de participation avoisinait les 20%, alors que M. Sawegnon ne remporte qu’un seul lieu de vote, celui de la Chambre de commerce, où le taux de participation avoisine les 90%.

« Leurs procès verbaux ne correspondent pas aux nôtres. Ils viennent d’où leurs PV ? », a questionné M. Ehouo, laissant entendre qu’il s’agissait de faux.

Le numéro deux du PDCI, Maurice Kakou Guikahué, a déploré lors d’une conférence de presse « un braquage éhonté » des résultats des municipales et régionales qui selon lui, se profile à l’horizon.

Dimanche soir, M. Ehouo a organisé une marche de plusieurs centaines de personnes entre le siège de son parti à Cocody et son siège de campagne. Le cortège a été bloqué à l’entrée du Plateau par les forces de l’ordre. Les manifestants se sont assis pendant une heure environ avant que le candidat ne leur donne rendez-vous lundi. Des petites échauffourées ont eu lieu lors de la dispersion.

 Test avant la présidentielle

Joint par l’AFP dimanche, M. Sawegnon a catégoriquement réfuté les allégations de fraude.

« On a identifié des bureaux où il y a eu des irrégularités, et là il y a eu refus de signer » les PV, a-t-il expliqué. « On est légalistes, on attend les arbitrages de la CEI », a-t-il assuré.

Des incidents ont eu lieu dans plusieurs autres endroits du pays.

Des affrontements ont eu lieu entre jeunes et forces de l’ordre dans la commune de Marcory à Abidjan, où le maire sortant PDCI faisait face à une candidate RHDP et un indépendant.

La CEI de Diabo (20 km à l’ouest de Bouaké, centre) a été pillée et saccagée par des jeunes qui contestaient les résultats du scrutin de cette petite commune, a constaté un journaliste de l’AFP. A Tiebissou (40 km au nord de Yamoussoukro, centre), des jeunes ont dressé des barrages sur la route.

Les élections municipales et régionales constituaient un test avant le scrutin présidentiel de 2020, déjà dans toutes les têtes.

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Côte d'Ivoire

Le « Yako! », l’indemnisation des victimes de crises violentes en Côte d’Ivoire

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Ce fonds a complètement changé ma vie », exulte Mariam Cissé, veuve : l’opération d’indemnisation des victimes de la crise post-électorale connaît un franc succès en Côte d’Ivoire, où les bénéficiaires se disent toutefois inquiets d’un retour des violences, à un an de la présidentielle.

« J’étais désespérée, après le décès de mon mari, j’étais mendiante. Je quémandais de gauche à droite pour nourrir mes enfants », témoigne Mariam Cissé, assise dans sa petite boutique de lingerie dans le quartier populaire de Yopougon à Abidjan, théâtre de nombreuses exactions durant la crise postélectorale de 2010-11.

« Grâce au fonds j’ai pu ouvrir une boutique. J’arrive à me prendre en charge et à scolariser mes enfants », raconte-t-elle, entourée de ses gamins.

Sinistrée du quartier populaire d’Abobo, Hélène Kouakou, grand-mère, a bénéficié de ce fonds gouvernemental pour ouvrir son commerce de bois de chauffe et s’occuper de ses petits enfants dont le père a été tué.

« Ce commerce m’a redonné goût à la vie, je me sens naître de nouveau », raconte la quinquagénaire en écrasant des larmes, assise devant une petite maison délabrée.

Et Alphonse Yéo Navigué, 25 ans, les deux mains amputées, a pu investir dans un kiosque à café qui lui procure des revenus et lui permet de « croire maintenant à l’avenir ».

La Côte d’Ivoire a connu une décennie de troubles entre 2002 et 2011 avec un pays coupé en deux, entre pouvoir et rebelles. Les tensions ont culminé avec la crise post-électorale de 2010-2011 qui a « fait 3.248 morts, et plus de 1.000 blessées et invalides », selon la ministre ivoirienne de la Solidarité et de la cohésion sociale, Mariatou Koné, qui pilote l’opération de « réparation des préjudices » alimenté par un fonds gouvernemental de 15 millions d’euros.

Le pays, première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, 8 pays), a connu des crises depuis 1990 et l’avènement du multipartisme, « mais c’est la première fois (…) que l’on effectue des réparations de préjudices », précise-t-elle.

– « pardon » –

Depuis 2017, 3.000 victimes sur les 3.243 recensées ont reçu chacune un chèque d’un million de FCFA (environ 1.500 euros) pour « les droits violés, les dommages subis et les outrages endurés », une opération appelée « Yako! » (« pardon » ou « condoléances » en langue akan). Soit un taux de réalisation de 90%.

Les blessés bénéficient d’une prise en charge médicale jusqu’à leur rétablissement.

Bien qu’il ait globalement pris en compte les ayant droits de 2011, le processus d’indemnisation vise aussi toutes les victimes des crises depuis 1990, comme l’a recommandé un rapport de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), une structure dont les travaux débutés fin septembre 2011 se sont achevées en 2015.

La Commission avait tenté d’adapter le concept de justice « transitionnelle » instauré dans l’Afrique du Sud post-apartheid, qui avait permis à ce pays, à force d’écoute et de dialogue entre bourreaux et victimes, de ne pas sombrer dans le chaos.

A partir d’un certificat de décès, d’un procès verbal de famille authentique, les ayant droits ont endossé en toute transparence leur chèque.

Un succès à faire pâlir d’envie les victimes de déchets toxiques déversés en 2006 à Abidjan, qui réclament toujours réparation, alors que Transfigura (la société mise en cause) avait versé la somme de 100 milliards de FCFA (152 millions d’euros) pour leur indemnisation, après un accord à l’amiable avec le gouvernement. Mais ces fonds ont été détournés par des associations de fausses victimes.

L’expérience acquise par Mme Mariatou Koné, lorsqu’elle dirigeait de 2012 à 2016 le Programme national de cohésion sociale, une structure étatique en charge de l’indemnisation des victimes, a largement contribué au succès de l’opération ivoirienne, vue comme un modèle à l’extérieur.

« Le Mali, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Togo sont venus à notre école pour s’inspirer de notre modèle. Le fait que nous ayons pu franchir le pas et commencer les indemnisations a été fortement apprécié. C’est une fierté pour nous », affirme Mme Koné.

Mais traumatisées par les crises qu’a connues le pays depuis 25 ans, les victimes ne cachent pas leur inquiétude à l’approche de la présidentielle de 2020.

« Nous avons des craintes pour 2020, on a commencé à avoir le sommeil difficile (…) Nous avons peur à cause des propos des politiciens », dit Mamadou Soromidjo Coulibaly, président de la principale association de victimes de la crise.

« Nous devrons faire en sorte que nous n’ayons pas à revivre ce que nous avons connu en 2011, en étant tolérant (…) dans nos comportements », conseille la ministre ivoirienne. « Nous n’avons qu’un seul pays ».

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Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire : panne d’un réacteur d’un A380 d’Air France lors d’un vol entre Abidjan et Paris

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crédit photo : Airbus Industries, Gousse H.

L’un des quatre réacteurs d’un Airbus A380 d’Air France, qui effectuait la liaison Abidjan-Paris cette nuit avec 501 passagers, est tombé en panne, contraignant l’appareil à faire demi-tour. L’avion s’est posé sans dommage, selon la compagnie et un passager.

« Nous volions au-dessus du Niger, d’après l’écran de géolocalisation. J’ai vu une boule de feu pendant quelques secondes puis j’ai entendu un grand bruit du côté gauche de l’avion », a témoigné aujourd’hui auprès de l’AFP un journaliste de l’agence Bloomberg, Baudelaire Mieu. « L’avion a commencé à tanguer, tout tremblait, les gens ont commencé à paniquer. Le pilote a annoncé « nous venons de perdre un moteur gauche, nous rentrons à Abidjan » ».

« Des phénomènes connus et maîtrisés »

Le directeur général d’Air France KLM pour l’Afrique de l’Ouest, Jean-Luc Mévellec, a confirmé à l’AFP qu’un moteur était tombé en panne. « Techniquement , c’est ce qu’on appelle un pompage réacteur. C’est une avarie moteur qui est connue », a expliqué à l’AFP un porte-parole d’Air France à Paris.

« Ca arrive de temps en temps. Ce sont des phénomènes connus, maîtrisés, les équipages sont parfaitement entraînés toute l’année au simulateur à gérer ce type de panne », a-t-il assuré. « Ca peut être lié à l’ingestion d’un oiseau par un réacteur au décollage ». L’appareil est âgé d’ »entre 8 ans et 10 ans », d’après ce porte-parole.

Selon Baudelaire Mieu, journaliste à Jeune Afrique, « l’avion a continué de vibrer pendant tout le retour vers Abidjan, les gens priaient, j’entendais des « Seigneur », des « Allah » ». L’appareil s’est finalement posé sans problème à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, tous les passagers ont applaudi et ont pu débarquer sains et saufs, selon le journaliste. « C’était chaud ! J’ai eu la peur de ma vie ! », a confié Baudelaire Mieu. Air France « va mettre mettre en place un vol supplémentaire, un Boeing 777-200 qui opérera demain matin, en complément des vols réguliers de ce soir et de demain soir », a déclaré le porte-parole.

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Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire: partenariat entre Magic System et l’UE pour la paix

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Magic System, groupe star de la musique ivoirienne et l'Union européenne signent un partenariat pour promouvoir des valeurs de paix, de gouvernance en Côte d'Ivoire à Abidjan, Côte d'Ivoire, le 2 mars 2019. (Facebook/Magic System)

Magic System, groupe star de la musique ivoirienne et l’Union européenne ont établi un partenariat pour promouvoir des valeurs de paix, de gouvernance en Côte d’Ivoire, avant une présidentielle prévue en 2020 dans ce pays phare d’Afrique de l’Ouest.

L’accord de partenariat de « UE/Magic Tour » a été signé vendredi soir entre, l’ambassadeur de l’UE à Abidjan, Jobst Von Kirchmann, et le chanteur Salif Traoré, dit A’Salfo, leader de Magic System.

« 60% des investissements étrangers en Côte d’Ivoire viennent de l’UE » a expliqué Von Kirchmann. « Ce qui distingue l’UE des autres partenaires internationaux, toutes nos actions sont basées sur des valeurs et des principes, notamment la bonne gouvernance, la paix, la démocratie, la justice, l’égalité, ou encore la protection de l’environnement ».

« On commence une carrière et on devient artiste. La première valeur de l’artiste est le partage » a souligné, de son côté, A’Salfo qui a fêté ses 20 ans en 2017.

« UE/Magic Tour » va démarrer à Abidjan le 12 avril prochain, par un bus qui embarquera une vingtaine d’artistes et se poursuivra dans les villes de Daloa (centre-ouest), Odienné (nord), Bouaké (centre), Bondoukou (Est) et San Pedro (sud-ouest). La tournée prendra fin en novembre 2019 après des concerts et des débats publics sur « l’emploi des jeunes et la croissance durable et inclusive, la migration… ».

L’UE/Magic Tour s’inscrit également dans la nouvelle Alliance Afrique-Europe pour des emplois et des investissements durables, lancée en septembre 2018 par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Cette alliance prévoit de contribuer à la création de 10 millions d’emplois en Afrique au cours des cinq prochaines années et de permettre à 750.000 personnes de bénéficier de formation professionnelle.

Magic System enchaîne les tubes en Afrique et en Europe depuis son succès « Premier Gaou ». Le groupe a annoncé une tournée en 2019 pour « appeler à l’apaisement » en vue de l’élection présidentielle de 2020.

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