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Asie

Birmanie: trois journalistes emprisonnés pour un article critique sur un proche de Suu Kyi

AFP

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Trois journalistes birmans ont été emprisonnés mercredi pour un article critique sur un politicien considéré comme un protégé de la chef du gouvernement Aung San Suu Kyi.

Kyaw Zaw Lin, Nayi Min et Phyo Wai Win ont été conduits sous escorte policière, menottés, devant un tribunal de Rangoun devant lequel les attendaient de nombreux journalistes, dont l’AFP.

« Ils ont tous les trois été emmenés à la prison d’Insein après l’ouverture d’une affaire contre eux en vertu de l’article 505b », a déclaré leur avocat, Kyee Myint.

Ils risquent jusqu’à deux ans de prison s’ils sont reconnus coupables d’avoir fait « circuler une rumeur dans le but d’alarmer le public », comme le prévoit l’article 505b, utilisé sous la junte précédemment au pouvoir pour censurer toute critique.

Selon l’avocat, la plainte a été déposée par un haut-responsable du gouvernement régional de Rangoun, Aung Kyaw Khaing, incriminant un article paru dans le journal Eleven du 8 octobre.

Celui-ci évoque les plans d’investissements controversés du chef de l’administration de Rangoun, Phyo Min Thein, considéré comme un protégé d’Aung San Suu Kyi.

Aucune réaction n’a pu être obtenue du côté de l’administration de Rangoun.

Est notamment reproché à ce membre important de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Suu Kyi un manque de transparence dans l’achat d’une flotte de bus à Pékin.

Ces arrestations interviennent dans un contexte de « réduction de l’espace démocratique » en Birmanie, comme l’a relevé cette semaine la rapporteuse spéciale de l’ONU Yanghee Lee.

Deux reporters birmans de Reuters accusés d' »atteinte au secret d’Etat » pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas par l’armée en Birmanie ont été condamnés début septembre à sept ans de prison, un procès qui a entaché un peu plus l’image de la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

Ces nouvelles arrestations ont suscité une grande émotion parmi les journalistes birmans. « Il ne s’agit pas seulement d’Eleven Media ou de Reuters. Toute l’industrie des médias est menacée », a réagi Hlaing Thit Zin Wai, du Comité de protection des journalistes.

La prochaine audience est prévue le 17 octobre.

Asie

Chine: deux Canadiens soupçonnés de menace à la « sécurité nationale »

AFP

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Un magasin Huawei à Pékin, le 10 décembre 2018 afp.com/Greg Baker

La Chine a confirmé jeudi qu’elle soupçonnait deux Canadiens « d’activités menaçant sa sécurité nationale » et avait pris des « mesures coercitives » à leur encontre, près de deux semaines après l’arrestation au Canada d’une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei.

Michael Kovrig, un ex-diplomate de passage à Pékin, et Michael Spavor, un consultant vivant au Liaoning, une province du nord-est de la Chine, « ont mené des activités qui menacent la sécurité nationale de la Chine. Ces cas font actuellement l’objet d’une enquête », a déclaré lors d’un point presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lu Kang.

« Ils font l’objet de mesures coercitives de la part d’organismes de sécurité de la province du Liaoning et de Pékin, conformément à la loi », a précisé Lu Kang.

Ces accusations frappant coup sur coup deux ressortissants canadiens interviennent alors que la tension est vive entre Ottawa et Pékin. La Chine ne décolère pas depuis l’arrestation à Vancouver début décembre de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, à la demande des États-Unis.

La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland avait annoncé mercredi être sans nouvelles du deuxième Canadien. Il a été ensuite identifié comme étant Michael Spavor, qui avait contacté les autorités canadiennes parce qu’il était interrogé par les autorités chinoises.

En ce qui concerne Michael Kovrig, Ottawa a indiqué avoir été officiellement informé par télécopie mercredi matin de l’arrestation de l’ex-diplomate, actuellement en congé sans solde et employé par un centre de réflexion, l’International Crisis Group (ICG).

La diplomatie chinoise s’était jusqu’à présent refusée à tout commentaire sur son sort, indiquant uniquement que si M. Kovrig avait eu des activités en Chine, elles auraient été illégales, l’ICG n’étant pas enregistré dans le pays.

L’ICG a fermé son bureau à Pékin après l’adoption en Chine d’une loi sur les ONG, entrée en vigueur en 2017, visant à mieux contrôler les activités des organisations étrangères.

– En photo avec Kim –

Pour sa part, Michael Spavor aide à organiser des voyages en Corée du Nord. Il s’était fait connaître en permettant à l’ancien basketteur américain Dennis Rodman de se rendre à Pyongyang en 2013 et 2014. Et il a lui-même rencontré le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, selon des photos de médias officiels nord-coréens.

« Nous n’avons pas pu le contacter depuis qu’il nous a prévenus. Nous travaillons dur pour déterminer où il se trouve et nous avons également soulevé la question auprès des autorités chinoises », avait affirmé la cheffe de la diplomatie canadienne.

« Après avoir pris des mesures coercitives, les organismes de sécurité ont notifié la représentation du Canada en Chine sans délai, conformément à l’accord consulaire sino-canadien », a de son côté déclaré Lu Kang.

La diplomatie chinoise a beaucoup fait référence à cet accord consulaire dernièrement pour reprocher à Ottawa de ne pas l’avoir immédiatement prévenue, selon elle, de l’arrestation à Vancouver le 1er décembre de Meng Wanzhou, fille du fondateur de l’équipementier Huawei.

Meng Wanzhou a été relâchée sous caution par la justice canadienne mardi, dans l’attente d’une procédure d’extradition vers les États-Unis. Washington la soupçonne de complicité de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

Pékin a menacé Ottawa de « conséquences graves » si elle n’était pas immédiatement relâchée.

Après l’arrestation de M. Kovrig, certains de ses proches ont fait le lien avec l’affaire Meng Wanzhou. « Il est clair que le gouvernement chinois veut mettre le maximum de pression sur le gouvernement canadien », a estimé Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine.

De son côté, Ottawa insiste sur le fait que la décision d’extrader ou pas Mme Meng reviendra au ministre canadien de la Justice et sera prise sur des considérations judiciaires et non politiques.

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Asie

Carlos Ghosn : pas de mise en liberté pour l’ex-président de Nissan

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Un tribunal de Tokyo a rejeté mardi l’appel du président déchu de Nissan Motor, Carlos Ghosn, de mettre fin à sa détention après son arrestation le mois dernier, suite à des allégations de faute financière.

Ghosn est détenu dans une prison de Tokyo depuis son arrestation le 19 novembre, soupçonné d’avoir conspiré pour sous-estimer son salaire d’environ la moitié des 10 milliards de yens (88 millions de dollars) accordés sur cinq ans à compter de 2010. Il a été officiellement inculpé lundi.

Il a également été arrêté de nouveau après de nouvelles allégations de sous-estimation de son revenu pendant trois années supplémentaires jusqu’en mars 2018, le tribunal de district de Tokyo prolongeant sa détention jusqu’au 20 décembre.

Les avocats de Ghosn ont formé un recours en annulation de la détention mardi, mais celle-ci a été rejetée par le tribunal dans la soirée.

À compter de la mise en accusation, les affaires mettent habituellement des mois à se poursuivre. Dans le passé, les suspects mis en accusation ont rarement été libérés sous caution, mais cette pratique est devenue plus courante ces dernières années, a déclaré Masashi Akita, avocat de la défense.

Il n’est pas clair si M. Ghosn serait libéré sous caution, certains experts juridiques l’ayant dit, il pourrait être exposé à un risque de fuite.

Nissan, qui a limogé M. Ghosn au poste de président quelques jours après son arrestation, a déclaré que l’inconduite avait été conçue par l’exécutif avec l’aide de l’ancien représentant du directeur, Greg Kelly, également inculpé lundi. Kelly restera également en détention jusqu’au 20 décembre, a annoncé le tribunal de district.

L’avocat de Ghosn à Tokyo, Motonari Otsuru, n’a pas pu être contacté à son bureau pour commentaires.

Mais l’avocat de Kelly, Yoichi Kitamura, a déclaré qu’il était certain que l’innocence de son client serait clairement établie devant un tribunal.

« La raison pour laquelle je suis confiant, c’est parce qu’il n’y a pas eu violation des instruments financiers et de la loi sur les changes », a-t-il déclaré.

L’arrestation de Ghosn marque une chute dramatique pour un dirigeant qui avait jadis salué le fait de sauver Nissan du bord de la faillite.

L’exécutif a été traité comme les autres en détention, enfermé dans une petite pièce froide, avec des possibilités limitées de se doucher et de se raser, a déclaré une personne familière avec l’affaire.

Interrogé sur les critiques selon lesquelles les procureurs japonais essaient souvent de forcer des suspects à obtenir des aveux, le procureur adjoint du parquet du district de Tokyo, Shin Kukimoto, a déclaré qu’aucune de ces méthodes n’était utilisée avec Ghosn et Kelly.

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Asie

Affaire Huawei: la Chine « ne restera pas les bras croisés »

AFP

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La Chine « ne restera pas les bras croisés » si ses citoyens sont « maltraités » à l’étranger, a déclaré mardi le ministre chinois des Affaires étrangères, un apparent sous-entendu à la détention au Canada d’une dirigeante de Huawei.

La directrice financière du géant chinois des télécoms, Meng Wanzhou, a été arrêtée le 1er décembre à l’aéroport de Vancouver sur demande américaine, une initiative qui a provoqué la colère de Pékin.

La justice américaine réclame l’extradition de la dirigeante de 46 ans, en raison de soupçons de complicité de fraude visant à contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

Mme Meng a expliqué être hospitalisée depuis son arrestation car elle souffre de problèmes de santé, notamment d’hypertension. Elle demande sa remise en liberté.

« Nous nous soucions en permanence de la sécurité et du bien-être de tous nos compatriotes à l’étranger », a déclaré le ministre Wang Yi dans un discours prononcé à Pékin lors d’un colloque diplomatique, et dont le verbatim a été publié sur le site de son ministère.

« La Chine ne restera jamais les bras croisés face aux mauvais traitements qui portent arbitrairement atteinte aux droits et intérêts légitimes des citoyens chinois. Elle ne ménagera aucun effort pour protéger les droits légaux des citoyens chinois », a-t-il déclaré.

La phrase de M. Wang, prononcée au milieu d’une longue allocution sur les réalisations de la diplomatie chinoise, ne fait aucune référence directe à l’affaire Huawei. Elle a cependant été largement mise en avant par les médias chinois.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait dénoncé la veille le traitement « inhumain » réservé à Meng Wanzhou par les autorités canadiennes.

La dirigeante, qui est également la fille du fondateur de Huawei, est prête à se soumettre à de strictes mesures de surveillance si sa demande de remise en liberté est acceptée, a déclaré lundi l’un de ses avocats.

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