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La guerre commerciale rend le FMI moins optimiste pour la croissance mondiale

AFP

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Photo remise par le FMI de la conférence de presse à Bali le 9 octobre 2018 avec Maurice Obstfeld (centre), économiste en chef du Fonds, du directeur adjoint Gian Maria Milesi-Ferretti (gauche) et de la responsable de la communication Wafa Amr (droite) / © INTERNATIONAL MONETARY FUND/AFP / Stephen Jaffe

La guerre commerciale qui fait rage entre les États-Unis et la Chine est une ombre au tableau de l’économie mondiale, a souligné le Fonds monétaire international en abaissant les perspectives de croissance pour 2018 et 2019.

Le FMI, qui pointe également du doigt les risques entourant la crise des devises dans certains pays émergents, table désormais sur une croissance du produit intérieur brut mondial (PIB) de 3,7% pour chacune de ces deux années (-0,2 point), une hausse similaire à celle de 2017.

Alors que les ministres des Finances de la planète et les banquiers centraux convergent vers Bali, en Indonésie, où s’ouvre mardi la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale, le sujet de la montée du protectionisme et de son effet sur la croissance est au centre des préoccupations.

« La croissance économique mondiale est toujours solide comparée à ce qu’elle était plus tôt au cours de cette décennie, mais elle semble avoir plafonné », a commenté Maurice Obstfeld, le chef économiste du FMI.

« La politique commerciale reflète le contexte politique et le contexte politique est incertain dans plusieurs pays, ce qui représente des risques supplémentaires », a-t-il averti au cours d’une conférence de presse.

En effet, « quand les deux plus importantes économies mondiales – les États-Unis et la Chine – s’affrontent », cela « crée une situation dans laquelle tout le monde va souffrir ». Et « la croissance est beaucoup plus inégale » qu’il y a six mois, a relevé l’économiste, qui doit passer la main en décembre.

L’expansion est donc moins synchronisée entre les pays, moins d’économies y participent tandis que la dette publique et celle des entreprises atteint des nouveaux records, observe le Fonds.

Éviter le protectionnisme

Au printemps, le FMI évoquait déjà ces risques, citant en particulier les taxes douanières que l’administration Trump envisageait alors d’imposer sur les marchandises de ses partenaires, notamment chinois.

Depuis, Washington est passé des paroles aux actes: 250 milliards de dollars d’importations chinoises sont sous le coup de droits de douane supplémentaires. Et Pékin a rétorqué en imposant des taxes sur 110 milliards de dollars de marchandises américaines.

Pour l’heure, les prévisions de croissance en 2018 des États-Unis et de la Chine, les deux premières puissances économiques du monde, ont été maintenues, à respectivement +2,9% et +6,6%: des rythmes encore très soutenus. Pour les États-Unis, la croissance envisagée se situe au-dessus de celle des pays avancés (+2,4%). Pour la Chine, elle dépasse légèrement celle de la région Asie en développement (+6,5%).

Mais le FMI estime que la croissance va ralentir en 2019, à 2,5% pour les Etats-Unis (-0,2%) et +6,2% (-0,2%) pour la Chine.

In fine, les croissances des deux géants pourraient faiblir encore davantage puisque ces nouvelles prévisions n’incluent pas les autres menaces de Donald Trump, dont de nouvelles taxes sur 267 milliards de dollars de marchandises chinoises supplémentaires. Cela reviendrait à surtaxer la totalité des exportations chinoises vers les États-Unis.

Le président américain et son homologue chinois Xi Jinping se sont montrés jusqu’alors inflexibles. Donald Trump justifie son offensive par le fait qu’il entend obtenir de Pékin un changement concernant des pratiques commerciales qu’il juge « déloyales » (transfert de technologies forcé, dumping, « vol » de propriété intellectuelle). L’administration chinoise ne compte pas négocier avec « un couteau sous la gorge ».

« Éviter des réactions protectionnistes et trouver des solutions prônant la coopération pour promouvoir la croissance du commerce des biens et services demeure essentiel pour préserver et étendre l’expansion mondiale », insiste le FMI.

L’institution s’inquiète en particulier d’une nouvelle intensification des tensions commerciales qui pourrait créer un peu plus d’incertitude, éroder la confiance des entreprises et des marchés financiers, conduire à plus de volatilité financière et ralentir enfin les investissements et le commerce, moteurs de la croissance mondiale.

Elle a d’ailleurs déjà revu en baisse la croissance du volume du commerce mondial à 4,2% cette année (-0,6 point) et à 4% l’année prochaine (-0,5 point).

Au total, le PIB mondial pourrait être réduit de 0,8% d’ici 2020 contre 0,5% estimé en juillet.

Risques politiques

Ailleurs dans le monde, le Fonds a également abaissé la prévision de croissance de la zone euro à 2% cette année (-0,2 point) dont celle de l’Allemagne (+1,9% soit -0,3 point) et de la France (+1,6% soit -0,2 point) dont les exportations pâtissent du ralentissement économique en Chine.

Il se montre encore plus pessimiste pour l’Amérique Latine et la zone des Caraïbes dont le PIB pour 2018 est désormais attendu en hausse de 1,2% (-0,4 point).

Dans cette partie du monde, le Venezuela s’enlise dans la récession et la reprise de l’expansion au Brésil, première puissance économique d’Amérique du Sud, sera bien moins forte que prévu. Enfin, l’Argentine, qui a obtenu du FMI une aide financière de 57 milliards de dollars, n’est pas épargnée par la crise des devises de certains pays émergents.

La mauvaise passe de ces économies suit jusqu’à présent un scénario plus ou moins classique. Les États-Unis relèvent leurs taux d’intérêt. Les pays lourdement endettés en dollars en pâtissent. Les investisseurs se tournent vers des placements en dollars redevenus attractifs. Et les devises émergentes flanchent.

Le FMI relève par ailleurs les tensions politiques et diplomatiques qui ont contribué à affaiblir certaines économies. Et de citer les difficultés récentes en Italie de former un gouvernement, les incertitudes que fait toujours peser le Brexit en Grande-Bretagne, les tensions politiques entre les Etats-Unis et la Turquie ou encore la réimposition des sanctions américaines sur l’Iran.

Sans surprise enfin, la hausse récente du prix du pétrole profite aux économies exportatrices d’Afrique sub-saharienne et du Moyen-Orient.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

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Augmentation du chiffre d’affaire de Cigna

Les recettes totales de l’assureur-maladie sont passées de 10,63 milliards de dollars à 14,30 milliards de dollars.

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Cigna Corp a enregistré une hausse de 34,5% de son chiffre d’affaires trimestriel, favorisée par l’augmentation du nombre d’inscriptions au premier trimestre depuis la clôture de l’acquisition de Express Scripts, gestionnaire des avantages pharmaceutiques.

Le bénéfice net de Cigna est tombé à 144 millions de dollars, ou 55 cents par action, au quatrième trimestre clos le 31 décembre, contre 266 millions de dollars, ou 1,07 $ par action, un an plus tôt.

Les recettes totales de l’assureur-maladie sont passées de 10,63 milliards de dollars à 14,30 milliards de dollars.

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Juul annonce son entrée sur le marché de la cigarette électronique en Inde

La société américaine de cigarettes électroniques Juul Labs Inc espère lancer ses produits en Inde d’ici à fin 2019

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La société américaine de cigarettes électroniques Juul Labs Inc espère lancer ses produits en Inde d’ici à fin 2019, a expliqué à Reuters une personne familière avec la stratégie, marquant l’un de ses projets les plus audacieux de se développer loin de chez lui.
Après avoir recruté l’exécutif d’Uber India, Rachit Ranjan, en tant que stratège principal en politiques publiques, Juul a engagé ce mois-ci Rohan Mishra, un dirigeant de Mastercard, en tant que responsable des relations gouvernementales.

Il prévoit d’embaucher au moins trois autres cadres, dont un directeur général pour l’Inde, selon les offres d’emploi de LinkedIn. Il prévoit également «une nouvelle filiale en Inde», selon un poste.

« Le plan est actuellement à un stade exploratoire, mais la société a besoin de personnel sur le terrain en Inde », a déclaré la source.

Les élégants dispositifs de vapotage de Juul, qui ressemblent à une clé USB et offrent des saveurs telles que mangue et crème, font sensation aux États-Unis mais ont fait l’objet d’un contrôle réglementaire plus strict du fait de leur utilisation croissante chez les adolescents.

Les appareils Juul, comme la plupart des cigarettes électroniques, vaporisent un liquide contenant de la nicotine, le stimulant provoquant une dépendance qui incite les fumeurs à se précipiter.

Les défenseurs des appareils disent qu’ils représentent une menace beaucoup moins grave pour la santé, car les utilisateurs n’inhalent pas la matière dangereuse absorbée par la cigarette dans les poumons.
Les opposants soutiennent que les dispositifs impliquent toujours des produits chimiques provoquant une dépendance et peuvent constituer une passerelle vers la cigarette, en particulier pour les jeunes.

La volonté de se lancer en Inde fait partie de la stratégie plus large de la société en Asie. L’Inde compte 106 millions de fumeurs adultes, juste derrière la Chine dans le monde, ce qui en fait un marché lucratif pour des entreprises telles que Juul et Philip Morris International Inc.

Cependant, l’environnement réglementaire indien pour le tabac et les cigarettes électroniques est extrêmement restrictif. L’année dernière, le ministère de la Santé a conseillé aux États d’interrompre la vente ou l’importation de cigarettes électroniques, affirmant qu’elles posaient un «grand risque pour la santé». Huit des 29 États indiens interdisent actuellement les cigarettes électroniques.

Juul étudie des réglementations fédérales et nationales susceptibles de bloquer ses projets, a précisé la source, ajoutant qu’il s’engagerait avec la communauté médicale à promouvoir l’acceptation de ces appareils.

Juul a déclaré dans un communiqué que l’Inde faisait partie des marchés asiatiques en cours d’évaluation, mais qu’il n’y avait pas de « plans définitifs ».

«Tandis que nous explorons des marchés potentiels, nous collaborons avec les régulateurs de la santé, les décideurs et d’autres parties prenantes clés», a déclaré la société.


JOURNAL MÉDICAL

Dans le cadre de son évaluation, Juul a indiqué qu’il consulterait l’Indian Journal of Clinical Practice (IJCP), une entreprise de communication dans le secteur de la santé.

L’un des rédacteurs de la revue est un ancien président de l’Indian Medical Association, K.K. Aggarwal, qui a publiquement exprimé son soutien à la cigarette électronique.

Le CIPJ conseillera Juul sur le paysage réglementaire et sur la manière dont il devrait aborder le marché, a déclaré une deuxième personne familiarisée avec les projets.

Juul devrait faire face à la concurrence des principaux acteurs du marché indien des cigarettes, ITC et Godfrey Phillips, qui représentent 10 milliards de dollars et vendent également de tels appareils électroniques.

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Yahoo n’est-il plus fiable ?

Yahoo fait l’objet de multiples pertes d’informations personnelles

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Un juge américain a rejeté le règlement proposé par Yahoo avec des millions de personnes dont les adresses électroniques et d’autres informations personnelles avaient été volées au cours de la plus grande violation de données jamais enregistrée, accusant le fournisseur de services Internet d’avoir manqué de transparence.

Dans une décision prise lundi soir, la juge américaine Lucy Koh, à San Jose, en Californie, a déclaré qu’elle ne pouvait pas déclarer le règlement «fondamentalement juste, adéquat et raisonnable», car il n’indiquait pas combien de victimes pourraient espérer récupérer.

Yahoo, qui fait maintenant partie de Verizon Communications Inc, basée à New York, a été accusé d’avoir été trop lent pour divulguer trois violations de 2013 à 2016 qui ont affecté environ 3 milliards de comptes.

Le règlement prévoyait un versement de 50 millions de dollars, ainsi que deux ans de surveillance du crédit gratuit pour environ 200 millions de personnes aux États-Unis et en Israël, avec près d’un milliard de comptes.

Mais le juge a déclaré que l’accord ne divulguait pas la taille du fonds de règlement ni les coûts de la surveillance du crédit, et que la classe proposée pourrait être trop importante, car le nombre d’utilisateurs « actifs » que Yahoo lui a révélé en privé était bien inférieur.

Koh a également déclaré que les honoraires maximum de 35 millions de dollars des avocats des plaignants pourraient être « déraisonnablement élevés », affirmant que les théories juridiques de l’affaire n’étaient « pas particulièrement nouvelles ».

L’avocat des plaignants n’a pas immédiatement répondu mardi aux demandes de commentaires.

Verizon a déclaré: « Bien que l’approbation préliminaire du règlement n’ait pas été accordée, nous sommes convaincus que nous pouvons trouver une voie viable pour aller de l’avant. »

Yahoo a révélé l’étendue des violations après avoir convenu en juillet 2016 de vendre ses activités Internet à Verizon pour 4,83 milliards de dollars. Les révélations ont entraîné une réduction du prix d’achat à 4,48 milliards de dollars.

Les procureurs américains ont inculpé deux agents des services de renseignement russes et deux pirates informatiques en lien avec l’une des infractions commises en 2017. Un pirate informatique a par la suite plaidé coupable.

Koh a comparé sa décision avec son approbation, en août dernier, du règlement de 115 millions de dollars de l’assureur-maladie Anthem Inc pour violation de données affectant environ 79 millions de victimes.

Le juge a déclaré que Anthem, contrairement à Yahoo, avait révélé en temps utile les violations, proposé une surveillance du crédit gratuite avant même le règlement, et s’était engagé à améliorer la sécurité de ses données.

«L’histoire de Yahoo en matière de non-divulgation et de manque de transparence concernant les violations de données est flagrante», a écrit Koh.

«Malheureusement, l’accord de règlement, l’avis proposé, la requête en approbation préliminaire et les documents supplémentaires publiés et sous scellés continuent de faire apparaître ce schéma de manque de transparence», a-t-elle ajouté.

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