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En Tunisie, les touristes reviennent, mais les revenus ne suivent pas

AFP

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Des touristes au bord de la piscine d'un hôtel à Nabeul, sur la côte est de la Tunisie, le 1er Juillet 2018 / © AFP/Archives / FETHI BELAID

Plus de six millions de vacanciers sont venus en Tunisie cette année, soit davantage qu’en 2014, avant une série d’attentats dévastateurs: mais si le tourisme a rebondi, les retombées économiques ne suivent pas, entre mauvaise gestion, concurrence et difficulté à rapatrier les devises.

Les revenus du tourisme en euros ont augmenté de 28% sur un an, du 1er janvier au 20 septembre, à 1 milliard d’euros, pour 6,2 millions de touristes, selon le gouvernement tunisien.

Cela constitue plus de touristes que sur l’ensemble de l’année 2014 (6,07) mais, dans le même temps, moins des deux tiers des recettes engrangées cette année-là (1,59 md d’euros).

« Ca repart en nombre de visiteurs, mais en +cash flow+, on est loin du compte », estime un haut cadre de la STB, l’une des principales banques tunisiennes, mise en difficulté par l’imposante dette des hôteliers.

La STB, banque publique massivement recapitalisée en 2015, traîne 1,7 milliard de dinars de dettes des hôteliers. En tout, ces derniers doivent toujours 4,4 milliards de dinars (1,4 milliard d’euros) à l’ensemble des banques.

Ces créances empêchent les établissements endettés de contracter de nouveaux crédits pour se moderniser.

« Un tiers de l’offre touristique n’est pas viable économiquement, il faut épurer le secteur », estime la même source, soulignant que le revenu moyen par chambre est trois fois inférieur en Tunisie qu’au Maroc.

Recouvrement

L’hôtellerie a été développée à marche forcée dans les années 1990 sous le régime de Zine el Abidine Ben Ali. Les banques ont prêté largement à des notables pour qu’ils lancent leur hôtel, donnant naissance à une multitude d’établissements souvent mal gérés.

Depuis 2015, une circulaire permettait aux banques de ne pas provisionner les créances non performantes des opérateurs touristiques.

Il s’agissait d’alléger la pression sur ces acteurs clés de l’économie, dans la foulée d’attentats contre le principal musée de Tunis (le Bardo) et une station balnéaire de Sousse, qui avaient fait 60 morts et entraîné une chute brutale du tourisme.

Mais cette facilité n’a pas été renouvelée cette année.

« Un crédit, ça se rembourse, (et) le temps est venu pour cela », souligne le directeur général de la STB, Samir Saied. « Autant nous avons été flexibles, autant nous allons être très exigeants sur le remboursement », martèle-t-il.

Un pari compliqué: la STB déplore une durée moyenne des procédures en justice dépassant les sept ans.

« C’est un secteur chouchouté par l’Etat. Quand une banque va en justice contre un hôtel, on ne cesse de nous rappeler que c’est le tourisme qui fait vivre 800.000 familles… », estime un cadre d’une banque franco-tunisienne.

Un livre blanc a été mis au point avec la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH) pour épurer les dettes, mais il n’a toujours pas été approuvé par le gouvernement.

La dépréciation du dinar, si elle rend la destination Tunisie plus attrayante, pèse également sur les retombées du tourisme calculées en devise.

Fraudes

En outre, une concurrence effrénée affaiblit les hôtels de moyenne et basse gammes.

Ceux-ci ont peu de pouvoir de négociation face à des tour-opérateurs dont les charters sont la seule façon de pallier le manque de vols réguliers, souligne la FTH, qui réclame l’ouverture à la concurrence du trafic aérien, un serpent de mer en Tunisie.

Après 2011, « nous n’avons pas su profiter de la crise (du tourisme) pour renouveler l’offre », souligne Mouna Ben Halima, secrétaire générale adjointe de la FTH, déplorant que les trois quarts des touristes européens viennent en Tunisie via des voyages organisés.

Une poignée d’intermédiaires engrangent en outre une large part des bénéfices des propriétaires incapables de traiter eux-mêmes avec les tour-opérateurs étrangers, souligne la STB.

Et certains patrons d’hôtels sont soupçonnés de frauder, plaçant en Europe ou dans le foncier une partie de leurs recettes.

« Légalement, les bénéfices doivent être rapatriés dans les banques tunisiennes, mais on sait qu’une partie de l’argent reste ailleurs », explique le cadre de la STB.

Pour les hôtels qui encaissent de précieuses devises, ces fonds sont soumis à une réglementation stricte, appliquée de façon particulièrement tatillonne par la banque centrale ces derniers mois, car les réserves sont au plus bas.

« Certains ne rapatrient pas les fonds, cela évite à la fois la fiscalité et les restrictions aux mouvements de devises », explique un spécialiste des marchés de change.

En outre, un marché noir aux taux juteux attire au moins 30% des devises selon lui –dont la majorité de celles changées manuellement auprès des hôtels ou des commerces par les touristes.

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Tunisie

111 nouvelles start-up tunisiennes célébrées par Souk At-tanmia

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La Banque africaine de développement a organisé la cérémonie d’annonce des lauréats de la troisième édition de Souk At-tanmia, un Partenariat qu’elle a initié et coordonné depuis 2012. Il s’agit de la troisième édition, qui a vu l’annonce officielle de111 projets lauréats, sélectionnés parmi près de 4500 candidats. L’évènement consacre l’esprit d’initiative et d’innovation en Tunisie, et s’inscrit dans le cadre des célébrations de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat, commémorée du 12 au 18 novembre 2018 dans plus de 170 pays.

Plus de 400 personnes, y compris des responsables gouvernementaux, des partenaires de l’initiative, privés et publics investis dans l’écosystème ainsi que des  représentants de structures publiques et de la société civile tunisiennes.

La cérémonie a été également marquée par la présence des ambassadeurs des Etats-Unis d’Amérique et du Royaume-Uni en Tunisie, Daniel Rubinstein et Louise De Sousa qui se sont félicités des résultats portés par Souk At-tanmia avec la création, sur ses trois (3) éditions, de plus de 270 entreprises.

« Aujourd’hui, nous fêtons, dans leur diversité, ces jeunes femmes et ces jeunes hommes qui ont le goût d’entreprendre, l’indéniable envie de réussir et cette forte ambition de servir le développement de leur pays. Ces jeunes peuvent continuer à compter sur le soutien de la Banque africaine de développement et celui des différents partenaires », s’est réjoui dans son allocution d’ouverture, le Directeur général de la Banque africaine de développement pour l’Afrique du Nord, Mohamed El Azizi.

« Je tiens à saluer les efforts déployés par la Banque africaine de développement et ses partenaires pour leur contribution à la promotion de l’initiative privée et donc de l’emploi en Tunisie » a déclaré Saida Ounissi, ministre de la Formation professionnelle et de l’emploi. Et d’ajouter: « Basé sur une approche réussie qu’il est intéressant de dupliquer, le Partenariat Souk At-tanmia s’aligne parfaitement avec les objectifs de la Stratégie nationale de l’entrepreneuriat conduite par le ministère de l’emploi »

En marge de cet évènement, une exposition a été également organisée pour renforcer la visibilité des startups créées, leur permettre de renforcer leurs réseaux d’affaires et leur faciliter l’établissement de synergies avec de nouveaux partenaires.

Honneur aux talentueux entrepreneurs

De l’intelligence artificielle avec ses algorithmes sophistiqués aux solutions informatiques complexes en passant par des procédés industriels très novateurs, les centaines d’idées présentées ont révélé une nouvelle génération d’entrepreneurs tunisiens capables d’impulser l’émergence de secteurs porteurs pour l’économie du pays.

« Cette troisième édition marque ainsi l’aboutissement d’un travail d’appui et de renforcement de capacités dont ont bénéficié, pendant plus de 18 mois, les 111 candidats retenus pour arriver à réussir leur levée de fonds et à concrétiser in fine leurs projets, » affirment les organisateurs.

Sélection compétitive et transparente

Suivant un processus transparent et compétitif, l’évaluation des projets a été conduite par des experts nationaux et internationaux représentant tous les partenaires de Souk At-tanmia, incluant les banques partenaires et les institutions financières de la place.

Figuraient au nombre des critères de sélection, la qualité et la viabilité techniques du projet, sa viabilité commerciale et sa faisabilité technique, outre le potentiel d’emplois créés. En sus du potentiel d’innovation, voire de l’impact positif du projet sur l’environnement et de son implantation géographique, il a également été tenu compte du profil de l’entrepreneur (jeune, chômeur, femme) et de sa motivation. A l’issue de ce processus, les 111 lauréats qui se sont distingués avaient finalisé, à 100 %, leurs schémas de financement.

« Souk At-tanmia m’a réellement permis de mettre en pratique mes idées et de créer ma propre entreprise» s’est réjouie Rania Mechergui, orignaire de Ain Draham, dans le Nord-Ouest de la Tunisie. Fondatrice de l’ONG « Koullena Harfa » qui œuvre à la préservation et à la promotion du savoir-faire artisanal tunisien, sa participation à Souk At-tanmia lui a offert la possibilité de développer une véritable offre d’éco-tourisme dans sa région natale. Et d’ajouter « Souk At-tanmia a répondu concrètement à l’envie des jeunes entrepreneurs, que nous sommes, d’aller de l’avant et au-delà des contraintes pour contribuer au développement de notre pays ».

Un entrepreneuriat créateur de vocations et d’emplois

La sélection des 111 projets retenus accorde une belle place aux jeunes de 18 à 35 ans (69 % des projets), aux femmes (43.2 %), aux chômeurs (63 %), tout en valorisant les régions prioritaires du pays (70.3 %). D’ici 2023, plus de 1600 emplois seraient ainsi créés par ces entrepreneurs.

Les projets retenus reflètent une grande diversité sectorielle : agriculture et agro-alimentaire (29.7%), manufacture et industrie (20.7%), technologies de l’information et de la communication (14.4%), autres services (12.6%), énergies renouvelables et recyclage (7.2%). L’artisanat, éducation ainsi que les services liés au tourisme comptent pour 15.4%.

Le coût total de ces projets atteint les 14 millions de dinars tunisiens (TND). Ce sont 4,3 millions TND environ de dons qui seront versés par Souk At-tanmia aux lauréats, afin qu’ils  renforcent le capital de leurs entreprises. A noter que le Partenariat a permis de lever 5,7 millions TND auprès des banques et 4,1millions TND auprès d’autres sources de financement.

Enfin, chaque lauréat se verra financer par un don à concurrence de 50 000 TND et bénéficiera d’un programme d’accompagnement personnalisé avec des modules exposant les mécanismes de création de la valeur ajoutée ainsi que les techniques d’accès aux marchés.

La nécessité de renforcer l’écosystème

En marge de cette cérémonie, un atelier intitulé « Cartographie de l’entreprenariat en Tunisie : Situation, défis et perspectives » a été organisé. Pour les dizaines d’experts présents, l’opportunité a été donnée d’établir un état des lieux des dispositifs existants de soutien à l’entreprenariat et d’échanger sur les actions à mettre en œuvre pour renforcer l’écosystème entrepreneurial dans le pays.

Particularité de cette troisième édition de Souk At-tanmia, un nouveau programme de renforcement des capacités a été développé au profit des multiples acteurs de l’écosystème tunisien de l’entreprenariat. Objectif : améliorer la qualité des services d’accompagnement et d’appui offerts aux entrepreneurs à travers le pays. La cérémonie a été enfin l’occasion de célébrer les 60 meilleurs participants à ce cycle de formation qui se sont vu décerner un diplôme.

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Tunisie

La Tunisie touchée par un attentat terroriste

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Un attentat, perpétré par une femme en pleine coeur de Tunis, a fait 20 blessés, dont 15 policiers, et un mort, la kamikaze, le 29 octobre 2018. Un acte terroriste qui vient rappeler à la Tunisie la réalité de la menace terroriste venant de ses frontières Ouest et Sud.

Cet acte terroriste, le premier à secouer la capitale tunisienne depuis 2015, est une véritable tragédie car elle replonge la capitale tunisienne plusieurs années en arrière.

En effet, il s’agit du premier attentat à secouer Tunis depuis le 24 novembre 2015, quand une attaque suicide, commise là aussi en plein centre, avait visé un bus de la garde présidentielle, tuant 12 agents, attentat revendiqué par le groupe jihadiste Etat Islamique (EI).

Cette même année, 60 personnes dont 59 touristes, avaient été tuées dans d’autres attentats contre le musée du Bardo à Tunis, le 18 mars 2015, puis contre une plage et un hôtel près de Sousse, le 26 juin 2015. Ces deux attaques avaient aussi été revendiquées par l’EI.

En mars 2016, des dizaines de jihadistes venus de Libye avaient en outre tenté, sans succès, de s’emparer de postes des forces de sécurité dans la région de Ben Guerdane (Sud), près de la frontière libyenne, faisant 20 morts.

Cette vague d’attentats, consécutive à l’émergence d’une mouvance jihadiste comprenant l’EI mais aussi Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), avait gravement miné le tourisme, un secteur vital de l’économie tunisienne et contribué à fragiliser le processus démocratique né de la révolution de 2011 contre le régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Mais, depuis le printemps 2016, les autorités tunisiennes se sont félicitées d’un retour au calme, même si des incidents meurtriers persistent, notamment dans les régions montagneuses du Nord-Ouest, repaire des jihadistes.

Cet attentat terroriste va à l’encontre du développement démocratique de la Tunisie et peut affaiblir les positions économiques du pays parce que l’insécurité croissante le rendra moins attractif pour les banques internationales.
A noter, qu’à la faveur de l’accalmie, l’industrie touristique a connu une embellie lors des saisons 2017 et 2018, et la croissance tunisienne s’est raffermie, contrairement à son voisin algérien.

Suite à cet attentat, le Roi Mohammed VI du Maroc a transmis, le 30 octobre 2018, un message dans lequel Il exprime, en son nom propre et au nom du peuple marocain, sa ferme condamnation de cet acte criminel et sa solidarité absolue avec la Tunisie dans sa lutte contre le fléau abject de terrorisme, exprimant Son soutien à toutes les initiatives tunisiennes visant à préserver la sécurité et la stabilité du pays.

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Tunisie

Tunisie: neuf blessés dans un attentat-suicide à Tunis

Ange Poireau

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Une femme dans la trentaine s’est faite exploser lundi dans le centre de la capitale tunisienne, Tunis, blessant neuf personnes dans un «attentat terroriste», selon le ministère de l’Intérieur.

Des témoins ont décrit une explosion sur l’avenue centrale Habib Bourguiba, où la police bouclait la zone située à proximité du théâtre municipal emblématique de la capitale.

Le ministère a indiqué que huit policiers étaient parmi les blessés.

On pouvait entendre des ambulances se précipiter sur les lieux.

«J’étais devant le théâtre et j’ai entendu une énorme explosion», a déclaré à Reuters Mohamed Ekbal bin Rajib.

La Tunisie, fortement dépendante du tourisme, a amélioré la sécurité depuis une série d’attaques militantes visant les touristes qui ont provoqué le quasi-effondrement du secteur il y a trois ans.

En 2015, 21 personnes ont été tuées lors d’un siège d’otages organisé dans son musée national, le Bardo à Tunis, et un homme armé a tué 38 personnes sur une plage de villégiature.

Depuis lors, aucune attaque de cette envergure n’a eu lieu, mais l’économie est restée perturbée et les autorités s’inquiètent pour les militants qui s’abritent dans la Libye voisine.

La Tunisie est l’une des rares démocraties arabes et le seul pays à se débarrasser d’un autocrate de longue date lors des révoltes populaires du Printemps arabe de 2011 sans provoquer de troubles ou de guerre civile.

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