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Nigeria

Nigeria: les déplacés de Boko Haram et l’illusion du retour, à six mois de la présidentielle

AFP

Publié le

Abba Zakary, 41 ans, est arrivé à Pulka, dans le nord-est du Nigeria, il y a quelques semaines avec femmes et enfants.

Comme des milliers d’autres victimes de Boko Haram, cet ancien cultivateur qui espérait rentrer enfin chez lui après des années d’errance, est passé d’un camp de déplacés… à un autre.

« On nous avait dit que la situation sécuritaire était meilleure ici », à Pulka, où aucune attaque n’a été recensée depuis près d’un an, explique cet homme aux traits fatigués après près de dix ans de guerre des insurgés jihadistes qui a forcé plus de 2,6 millions de personnes à quitter leur foyer dans le nord-est du Nigeria depuis 2009.

A l’approche des élections générales, prévues en février 2019, le gouvernement nigérian et les autorités du Borno, l’Etat le plus touché par les violences, encouragent et facilitent à grand renfort de matraquage médiatique le « retour » de ces déplacés.

A Pulka, le drapeau vert blanc bleu de l’APC, le parti au pouvoir, et des panneaux géants affichant les visages de ses candidats s’étalent à chaque coin de ruelle en terre.

Elu en 2015 sur la promesse de vaincre Boko Haram, le président Muhammadu Buhari, qui espère briguer un second mandat, a assuré récemment que le Nord-Est était en « phase de stabilisation post-conflit ».

Mais quoi qu’en dise la propagande officielle diffusée en boucle sur les radios locales ces derniers mois, à Pulka comme ailleurs, l’espoir de retrouver sa vie d’avant reste largement illusoire.

Pulka est une ville-garnison, entourée de profondes tranchées, conçue sur un modèle répliqué à l’infini dans la région, avec sa base militaire, ses camps de déplacés sous perfusion de l’aide humanitaire internationale.

« La plupart des déplacés sont rassemblés dans des petites villes hautement protégées par l’armée mais ils ont un accès très limité à leurs villages, et n’ont pas de moyen de survie (en dehors de l’aide humanitaire), ne pouvant pas cultiver leurs terres ni travailler », résume Fouad Diab, coordinateur d’urgences à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

  • Coincés dans les montagnes –

Aux abords de l’un des cinq camps de déplacés de la ville, située au pied des Monts Mandara, plus de 50 familles tout juste débarquées de Banki, à environ 75 km, patientent sur des nattes dans un vaste hangar de transit, le temps qu’on leur affecte un autre abri « temporaire ».

La plupart sont originaires des hameaux alentour, mais ils ne retourneront pas chez eux. Du moins pas dans l’immédiat. Le danger est omniprésent dès que l’on s’éloigne des localités placées sous contrôle militaire.

L’armée a certes affaibli les insurgés depuis l’époque (2013-2014) où ils régnaient en maîtres sur de larges portions du territoire, mais ils conservent une capacité de nuisance considérable entre attentats-suicides, embuscades sur les routes et enlèvements.

Pour Fadi Ali, ces trois dernières années ont été un effroyable jeu du chat et de la souris avec les jihadistes ayant établi leurs bases dans les grottes des Monts Mandara, où les militaires ne vont jamais les chercher.

Elle a dû fuir à maintes reprises Ngoshe, son village situé en contre-bas, sous le feu des attaques, se cachant en brousse et revenant prudemment lorsque Boko Haram s’en allait.

« L’an dernier, ils ont massacré mon mari, ma grand-mère et deux de mes enfants » durant une incursion nocturne, explique cette femme de 35 ans, qui a finalement croisé un convoi de l’armée le mois dernier et pu rejoindre Pulka sous bonne escorte.

A côté d’elle, Baba Ali, originaire de Ngoshe lui aussi, affirme que des milliers de personnes, dont des femmes et des enfants, seraient toujours bloqués dans les montagnes, où ils tentent de survivre à l’abri des jihadistes, en mangeant ce qu’ils trouvent, y compris des racines et des feuilles.

  • Retour des fonctionnaires –

Même à Bama, deuxième agglomération du Borno, censée servir de modèle pour le reste de la région, la politique de retours massifs du gouvernement suscite de nombreuses inquiétudes chez les acteurs humanitaires.

Dans cette ville détruite à 85% par les insurgés, près de 11.000 maisons ont été officiellement rebâties sous la houlette du ministère de la Reconstruction et de la Réhabilitation.

Plusieurs milliers de personnes qui ont cru aux promesses des autorités sont arrivés ces derniers mois par vagues successives, mais sont obligés de vivre dans le camp de déplacés de la ville: selon les témoignages recueillis par l’AFP, la plupart des façades repeintes cachent des amas de ruines et les services de base manquent toujours.

Vendredi, l’organisation Médecins sans frontières (MSF) s’est alarmée de la situation « critique » qui prévaut dans le camp, désormais surpeuplé, où 33 enfants sont morts – notamment de malnutrition – au cours de la première quinzaine d’août.

« L?hôpital général de Bama, la seule structure hospitalière de la région, n?est pas opérationnel. Les enfants sévèrement malades doivent voyager jusqu?à Maiduguri (la capitale du Borno, à une centaine de kilomètres) pour recevoir des soins adaptés », affirme MSF.

D’autres villes (Monguno, Guzamala…) désignées comme pilotes ne sont pas prêtes à accueillir le flux de « retournés » tant que les médecins, les enseignants et les autorités locales n’ont pas repris le travail, selon plusieurs organisations humanitaires.

« Notre principale préoccupation est d’accélérer le retour des fonctionnaires et des services publics dans les localités où la situation sécuritaire le permet », explique Fouad Diab, de l’OIM.

NOTE: Dans le but d’élargir son champ d’action, LaminuteInfo s’ouvre au journalisme citoyen. L’objectif de la politique éditoriale est d’essayer  désormais de publier des actualités concernant des événements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Si vous avez des informations à partager avec les autres, alors soumettez les pour publication ICI

Nigeria

Le Nigéria dit non à l’ingérence étrangère

Le Nigeria rejette l’ingérence étrangère sur le juge en chef suspendue avant le vote de février

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buhari

Le gouvernement nigérian a déclaré qu’il n’accepterait aucune «ingérence» étrangère après que l’Union européenne, les États-Unis et la Grande-Bretagne aient fait part de leurs préoccupations concernant la suspension la semaine dernière de la plus haute magistrature du Nigeria avant l’élection présidentielle du 16 février.

Le président Muhammadu Buhari, qui cherche un second mandat, a suspendu vendredi le juge en chef, Walter Onnoghen, pour avoir enfreint les règles de déclaration de patrimoine, suscitant des critiques chez lui et à l’étranger.

L’opposition a qualifié ce geste d’acte de dictature et mis fin à sa campagne électorale pendant 72 heures en signe de protestation. L’équipe d’observation électorale de l’UE a déclaré que la suspension d’Onnoghen avait suscité des inquiétudes quant à «l’opportunité d’une justice électorale».

«Le FG [gouvernement fédéral] est déterminé à assurer des élections libres et équitables. Le gouvernement actuel ne violera pas les règles et ne permettra pas de s’immiscer dans nos affaires », a déclaré samedi un porte-parole du porte-parole de Buhari, Garba Shehu.

Quelques heures après que des déclarations exprimant des préoccupations aient été faites par les États-Unis, les États-Unis et la Grande-Bretagne, le gouvernement déclarait que le gouvernement « rejetterait toute ingérence ou gestion de la perception favorisant l’appréhension » des résultats de l’élection.

Onnoghen n’a pas répondu aux accusations et ses avocats disent que le tribunal n’a pas le pouvoir de le juger.

Buhari, qui a pris ses fonctions en 2015 après avoir remporté les élections en grande partie sur son vœu de lutter contre la corruption et d’améliorer la sécurité, est un général à la retraite qui était un dirigeant militaire dans les années 1980.

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Nigeria

Nigeria: cinq personnes tuées le crash d’un hélicoptère militaire

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L’armée de l’air nigériane a confirmé la mort de cinq membres de l’équipage dans l’hélicoptère militaire qui s’est écrasé mercredi soir dans le nord-est du pays.

Elle ajoute que leurs corps ont été retrouvés dans l’épave.

Selon un responsable, l’hélicoptère Mi-35M s’est écrasé alors qu’il fournissait un appui aérien aux troupes terrestres opérant dans la ville de Damasak.

La cause de l’accident n’a pas été confirmée. L’avion soutenait les troupes au sol contre les militants de Boko Haram dans la région de Damasak, à la frontière avec le Niger, a déclaré un porte-parole de l’armée.

Le Nigéria lutte contre l’insurrection du groupe terroriste Boko Haram dans le nord du pays depuis 2009. Le groupe a prêté allégeance au groupe terroriste État islamique.

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Nigeria

Boko Haram attaque des postes militaires dans le nord-est du Nigeria

Les djihadistes de Boko Haram ont effectué des raids sur au moins trois postes militaires et maîtrisé leurs troupes lors des derniers attaques dans le nord-est du Nigeria, ont indiqué des sources mercredi.

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Des combattants de la province d’Afrique de l’Ouest (ISWAP), affiliée à l’Etat islamique, ont lancé un assaut sur les postes dans l’État de Borno mardi, ont annoncé des sources militaires et milices.

La faction Boko Haram a intensifié ces derniers mois ses attaques contre des cibles militaires dans les États de Borno et de Yobe, en effectuant des raids sur des bases et en tuant des dizaines de soldats.

«Ils ont d’abord délogé des soldats à un poste de contrôle à Kimba à Biu … puis ont pris un autre poste à Sabon Gari, à cinq kilomètres de là», a déclaré un officier de l’armée lors des dernières attaques.

Les djihadistes ont lancé une autre attaque sur une base située à proximité de Wajirko, selon un milicien dans la région.

Lundi, les djihadistes avaient submergé les troupes du village de Buni Gari, dans l’Etat voisin de Yobe, provoquant « quelques pertes », a déclaré un officier de l’armée.

« Les troupes ont été utilisées et obligées de se retirer après de violents combats avec les terroristes », a déclaré une source militaire.

Des hommes armés de l’ISWAP auraient apparemment attaqué le village en représailles au meurtre d’autres confrères jihadistes dans le village le mois dernier.

Les habitants ont alerté les soldats d’une base militaire voisine à leur arrivée dans des camions.

Hélicoptère disparu

Lors d’une tentative de prise de contrôle d’une autre base par des combattants djihadistes mercredi à Damasak, l’armée a annoncé la perte d’un hélicoptère.

Les détails sont maigres, mais si l’avion était abattu par les insurgés, cela laisserait penser qu’ils possèdent maintenant des armes plus sophistiquées que celles qu’ils ont utilisées au cours des quatre dernières années de combats.

L’ISWAP a revendiqué la responsabilité de ces attaques, affirmant qu’ils ont tué 14 soldats et pris un autre otage, selon les informations du SITE qui surveillent les activités des djihadistes.

La semaine dernière, le groupe a pris le contrôle de la ville stratégique de Baga, située au bord du lac Tchad.

Borno et Yobe, ainsi que l’état voisin d’Adamawa, ont été les premières victimes de neuf années de violence djihadiste qui ont coûté la vie à 27 000 personnes et contraint 1,8 million de personnes à fuir leur domicile.

Mais les combats ne se sont pas tous déroulés dans la même direction. L’armée du Niger a tué plus de 280 militants de Boko Haram près de la frontière sud-est avec le Nigeria lors de raids aériens et terrestres, a annoncé mercredi le ministère de la Défense.

Les opérations ont été menées sur les îles du lac Tchad et le long du fleuve Komadougou Yobe, qui constitue une frontière naturelle entre le Niger et le Nigéria, qui a récemment fait l’objet d’une série d’attaques sur ses bases militaires.

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