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Mali: l’opposition rejette les résultats de la présidentielle

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Des agents électoraux procèdent au dépouillement des bulletins de vote pour le 2e tour de l'élection présidentielle, le 12 août 2018 à Bamako, au Mali / © AFP / Michele CATTANI

Le candidat de l’opposition au Mali, Soumaïla Cissé, a rejeté lundi à l’avance les résultats du second tour de la présidentielle, appelant le pays à se lever face à « la dictature de la fraude » après un scrutin qui s’était pourtant déroulé dans de meilleures conditions sécuritaires qu’au premier tour.

Les résultats du duel entre le président sortant et favori Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et l’opposant Soumaïla Cissé doivent être proclamés en milieu de semaine par la Cour constitutionnelle, mais « d’ores et déjà, nous (les) rejetons », a lancé à ses partisans M. Cissé du balcon de son siège de campagne.

La mission d’observation de l’Union européenne doit présenter son rapport préliminaire sur le déroulement du scrutin du second tour mardi à 11h00 (heure locale et GMT).

M. Keïta devrait ensuite s’exprimer depuis son siège de campagne en début d’après-midi.

Le vainqueur entrera en fonction début septembre avec la lourde tâche de relancer l’accord de paix conclu en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touareg, dont l’application accumule les retards, dans ce vaste pays du Sahel toujours confronté à la menace jihadiste malgré cinq années d’interventions militaires internationales.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Malgré l’accord de paix, les violences ont persisté et ont progressé vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

Interrogé début juin par l’AFP, M. Cissé avait estimé qu’il faudrait « absolument éviter une crise électorale ». Mais alors qu’en 2013 il avait reconnu sa défaite, déjà face M. Keïta, avant même l’annonce des résultats, il n’a cessé cette fois d’accuser le camp d' »IBK » de profiter de l’insécurité dans le centre et le Nord pour truquer le scrutin. 

« J’en appelle à tous les Maliens à se lever (…) Nous n’accepterons pas la dictature de la fraude », a lancé lundi à ses militants M. Cissé, ancien ministre des Finances de 68 ans, accusant le pouvoir d’avoir « attaqué » et mis hors d’usage le système de comptabilisation électorale de l’opposition dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’il était crédité selon lui de 51,93% des suffrages contre 47,53% pour le président sortant.

« La responsabilité de ce qui va arriver dans le pays est dans le camp du président de la république », a averti M. Cissé lors d’un bref entretien à des médias, dont l’AFP.

Il a en outre déploré la brève arrestation dimanche de six membres de son équipe de communication, dont quatre Français, par les services de renseignement maliens qui ont saisi leurs ordinateurs et téléphones.

« Pourquoi, si ce n’est pour cacher quelque chose ? », a demandé M. Cissé. Cinq hommes ont été libérés sans charges au bout de deux heures, mais l’opposition est toujours, 24 heures plus tard, « sans nouvelles » du sixième, un Ivoirien.

« Ca n’a rien à voir avec le candidat Cissé, absolument rien à voir. L’élection se fait, mais le travail de sécurité se fait aussi », a fait valoir le ministre de la Sécurité publique, le général Salif Traoré. Une enquête a été « ouverte ».

– Baisse des incidents –

Le second tour s’était pourtant déroulé dans un climat plus apaisé que le premier. Seuls 490 bureaux de vote – sur 23.000 – n’ont pu ouvrir, soit moitié moins que le 29 juillet, a indiqué le général Traoré.

« Nous avions un peu plus de 3,7% des bureaux qui n’avaient pas fonctionné normalement » lors du premier tour, dont M. Keïta était sorti largement en tête avec près de 42% des voix pour 17,78% à son concurrent, a noté le général Traoré.

Il a estimé à 2,1% le nombre de bureaux restés fermés dimanche. Il a attribué ce succès à la « montée en puissance » de l’armée qui avait déployé 36.000 hommes, 6.000 de plus qu’au premier tour.

La grande majorité des bureaux restés fermés (440 sur 490) étaient à nouveau situés dans la région de Mopti (centre), en proie à des violences ethniques attisées par des groupes jihadistes. Les autres se trouvent dans le Nord, dont 23 dans la région de Tombouctou, où l’Etat est peu ou pas présent et où un président de bureau de vote a été tué par six jihadistes présumés lors du plus grave incident de la journée.

Le scrutin, déterminant pour l’avenir du Sahel, s’est déroulé dans la relative indifférence de la population entre météo pluvieuse, risques de violences et manque de suspense. 

L’Union européenne a appelé à la « transparence » dans chaque étape de la compilation des résultats.

Selon le camp de M. Cissé, des bulletins de vote « circulaient » ces derniers jours, preuve que des bourrages d’urnes étaient en préparation.

Des journalistes de l’AFP ont constaté que dans au moins six bureaux de vote de Bamako, les procès-verbaux électoraux avaient été préremplis et signés avant même la fin du vote. Ibrahim Boubacar Keïta a répliqué aux accusations en dénonçant des « manoeuvres » de l’opposition.

Notant que les deux camps se sont accusés de « fraude ou de tentatives de fraude », la mission d’observation de l’Union africaine a indiqué lundi, « à ce stade », ne détenir « aucun élément tangible » démontrant de quelconques irrégularités.



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Mali

Les troupes françaises neutralisent une trentaine de terroristes au Mali

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Des militaires français engagés dans l’opération Barkhane dans la région africaine du Sahel ont neutralisé une trentaine de terroristes au Mali, a annoncé le ministère des Forces armées françaises.

« Dans la nuit du 23 novembre 2018, les forces françaises participant à l’opération Barkhane ont porté un coup sévère au groupe terroriste du Front de libération de Macina dans la région de Mopti au Mali … 30 terroristes ont été neutralisés « , a déclaré vendredi le ministère des Forces armées dans un communiqué.

La déclaration suggère que Hamadoun Kouffa, le chef du groupe islamiste du Front de libération de Macina, et ses principaux collaborateurs pourraient avoir été parmi les victimes de l’offensive française.
L’opération Barkhane est en cours depuis 2014. Outre Mail, la mission concerne le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie et le Niger.

En octobre, le Conseil des ministres du Mali a prolongé d’un an l’état d’urgence instauré pour la première fois dans le pays touché par le conflit en novembre 2015 à la suite de l’attaque meurtrière d’un hôtel à Bamako.

La situation au Mali était déstabilisée en 2012 lorsque les militants touaregs ont conquis de vastes territoires dans le nord du pays. Le conflit s’est encore aggravé avec les activités des islamistes, des forces fidèles à l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et de l’ingérence française.

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Mali

La force de l’ONU au Mali visée par deux attaques en une journée

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La mission de l’ONU au Mali a été la cible de deux attaques samedi, dont la première, de « grande envergure », a fait deux morts et cinq blessés dans le nord au sein du contingent burkinabè, tandis que la seconde, quelques heures plus tard dans le centre, a fait trois blessés parmi les soldats de la paix togolais.

Déployée en 2013, après que le nord du Mali est tombé sous la coupe de jihadistes liés à Al-Qaïda, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, avait déjà perdu plus de 160 Casques bleus, dont plus de 100 dans des actes hostiles, soit plus de la moitié des soldats de l’ONU tués pendant cette période dans le monde.

Samedi à l’aube, son camp de Ber, un village de la région de Tombouctou (nord), a été visé par une « attaque complexe lancée simultanément par plusieurs pick-up armés de lance-roquettes et de mitrailleuses et d’autres chargés d’explosifs », a expliqué la mission de l’ONU dans un communiqué.

Les Casque bleus ont « repoussé l’attaque » et ont « poursuivi les assaillants, selon le même source.

Selon l’état-major général des armées du Burkina Faso, « deux soldats burkinabè ont trouvé la mort » et cinq autres ont été blessés dans ces affrontements.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a condamné ces attaques dans un communiqué publié samedi.

« Le secrétaire général adresse ses sincères condoléances et sa sympathie aux familles des victimes et aux gouvernements du Burkina Faso et du Togo et souhaite un prompt rétablissement aux Casques bleus blessés », indique ce texte diffusé par son porte-parole Stéphane Dujarric.

Cette attaque rappelle l’opération de jihadistes qui avaient tenté de prendre le contrôle du « Super Camp » de l’ONU et de la force française Barkhane à Tombouctou à la mi-avril, au cours de laquelle un Casque bleu avait été tué et sept militaires français blessés lors d’un assaut d’environ quatre heures.

– Assaillants tués –

« C’est une opération importante. D’abord un véhicule des terroristes portant une arme lourde a ouvert le feu, puis des terroristes à pied ont attaqué. C’est une opération de grande envergure » qui s’est déroulée samedi, à confié à l’AFP une source sécuritaire malienne, selon qui « au moins deux assaillants ont été tués ».

Des habitants et une source médicale ont indiqué que plusieurs civils, dont des enfants, avaient également été blessés par balles dans ce village lors des échanges de tirs entre militaires et assaillants.

Selon l’ONU, « quelques heures plus tard, à Konna, dans la région de Mopti (centre), des Casques bleus ont également été l’objet d’une attaque à l’engin explosif improvisé (IED) ». Il s’agissait cette fois de membres du contingent togolais, a indiqué une source proche de l’ONU, faisant état de trois blessés parmi les Casques bleus, dont un grave.

« Je condamne fermement cette attaque brutale qui n’entamera pas notre détermination à appuyer le Mali dans sa marche vers la paix », a déclaré dans un communiqué le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif.

– Etat d’urgence –

Présentant ses condoléances, il a rappelé que « les attaques contre les Casques bleus peuvent constituer des crimes de guerre » et a estimé que les « auteurs de ces crimes doivent être poursuivis et payer pour leurs actes ».

L’état d’urgence au Mali, en vigueur quasiment sans interruption depuis l’attentat jihadiste contre un grand hôtel de Bamako en novembre 2015, avait été à nouveau prorogé d’un an à compter du 31 octobre mercredi, deux mois après la réélection du président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a fait de la « sécurisation » du Mali la priorité de son second mandat.

Les jihadistes avaient pris le contrôle du nord du Mali en mars-avril 2012, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée. Ils ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires, qui ont fait plus de 500 morts parmi les civils dans le centre du Mali depuis le début de l’année, selon les comptages de l’ONU.

 

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Mali

Mali: deux Casques bleus burkinabè tués et d’autres blessés dans deux attaques samedi contre la Minusma

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Deux Casques bleus, de nationalité burkinabè, selon Ouagadougou, ont été tués et « plusieurs autres » blessés samedi lors de deux attaques dans le nord et le centre du Mali, a annoncé la mission de l’ONU dans le pays (Minusma).

« Ce matin à l’aube, les Casques Bleus de la Minusma basés à Ber, dans la région de Tombouctou (nord), ont repoussé une attaque complexe lancée simultanément par plusieurs pick-up armés de lance-roquettes et de mitrailleuses et d’autres chargés d’explosifs et ont poursuivi les assaillants », a indiqué dans un communiqué la Minusma.

« Quelques heures plus tard, à Konna, dans la région de Mopti (centre), des Casques bleus ont également été l’objet d’une attaque à l’engin explosif improvisé (IED) », selon la même source.

« Selon un premier bilan, deux Casques bleus ont été tués et plusieurs autres blessés », a ajouté la mission de l’ONU.

« Deux soldats burkinabè ont trouvé la mort » dans une « attaque complexe » qui s’est déroulée vers 05H30 à Ber et cinq ont été blessés, a indiqué de son côté l’état-major général des armées du Burkina Faso.

Déployée en 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, a perdu plus de 160 Casques bleus, dont 104 dans des actes hostiles, soit plus de la moitié des soldats de l’ONU tués sur cette période dans le monde.

« Je condamne fermement cette attaque brutale qui n’entamera pas notre détermination à appuyer le Mali dans sa marche vers la paix », a déclaré le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, cité dans le communiqué.

Présentant ses condoléances, il a rappelé que « les attaques contre les Casques bleus peuvent constituer des crimes de guerre » et estimé que les « auteurs de ces crimes doivent être poursuivis et payer pour leurs actes ».

L’état d’urgence au Mali, en vigueur quasiment sans interruption depuis l’attentat jihadiste contre un grand hôtel de Bamako en novembre 2015, avait été à nouveau prorogé d’un an à compter du 31 octobre mercredi, deux mois après la réélection du président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a fait de la « sécurisation » du Mali la priorité de son second mandat.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les jihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

 

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