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Santé

Le paracétamol, médicament dangereux voire mortel

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Tout le monde a du paracétamol dans son armoire à pharmacie mais mal utilisé, ce médicament peut être dangereux voire mortel, comme le rappelle l'affaire Naomi Musenga, et est à l'origine d'une centaine de greffes de foie chaque année. afp.com - MYCHELE DANIAU

Tout le monde a du paracétamol dans son armoire à pharmacie mais mal utilisé, ce médicament peut être dangereux voire mortel, comme le rappelle l’affaire Naomi Musenga, et est à l’origine d’une centaine de greffes de foie chaque année.

“Le paracétamol, c’est la meilleure et la pire des choses. C’est un médicament anodin, très bien toléré dans 99,999% des cas mais qui devient une arme extrêmement dangereuse quand il est utilisé en dehors des clous”, explique à l’AFP le pharmacologue François Chast.

“C’est comme un couteau de cuisine: c’est un outil efficace et sans danger quand on le tient par le manche, mais si on est maladroit, on peut se couper”, ajoute-t-il.

Doliprane, Dafalgan, Efferalgan… De nombreux médicaments à base de paracétamol sont vendus sans ordonnance et couramment utilisés contre les douleurs et les fièvres. Mais à doses trop élevées, cette substance peut s’attaquer au foie.

La mort de Naomi Musenga, décédée le 29 décembre à 22 ans après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu de Strasbourg, est “la conséquence d’une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours”, a indiqué mercredi la procureur de cette ville, Yolande Renzi.

“La destruction évolutive des cellules de son foie a emporté une défaillance de l’ensemble de ses organes conduisant rapidement à son décès”, selon Mme Renzi.

Des conclusions contestées par la famille: “Je ne crois pas que la prise de paracétamol soit la cause qui a précipité le décès de ma fille”, qui était “bien informée sur la manière de prendre ce médicament”, a réagi le père de la jeune femme.

“Problème d’information”

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), “une dose unique de 10 à 15 grammes suffit à provoquer une nécrose hépatique pouvant être mortelle”. C’est pourquoi le paracétamol est souvent utilisé dans les suicides.

La dose maximale est 3 grammes par 24 heures, en espaçant les prises.

“Quand on prend 4 grammes par jour pendant plusieurs jours, en particulier si on consomme de l’alcool en même temps, c’est de nature à provoquer une hépatite médicamenteuse dite fulminante, c’est-à-dire radicale rapidement”, souligne le Pr Chast.

Il s’agit d’une urgence, qui nécessite l’administration d’une molécule appelée N-acétylcystéine. Faute de traitement rapide, cette affection du foie peut être fatale.

Une surdose de paracétamol provoque d’abord des “signes discrets d’irritation gastro-intestinale”, selon l’OMS.

Ils “sont généralement suivis deux jours plus tard d’anorexie, de nausées, de malaise, de douleurs abdominales, puis de signes progressifs d’insuffisance hépatique et, finalement, de coma hépatique”.

“Chaque année en France, près d’une centaine de transplantations hépatiques (sur environ 1.200 au total, ndlr) sont liées à une intoxication au paracétamol”, déplore le Pr Chast. “C’est une proportion considérable, tout ça pour un mésusage d’un médicament réputé anodin”.

Et même si on est vigilant, on peut parfois dépasser la dose maximale sans le savoir.

“Il existe 200 médicaments qui contiennent du paracétamol, je suis spécialiste des médicaments depuis 50 ans et je suis incapable de tous les citer”, dit à l’AFP le professeur Jean-Paul Giroud.

“Si vous en prenez deux, par exemple l’un prescrit par un médecin et l’autre en automédication, vous pouvez vous retrouver à des doses supérieures à 4 grammes par jour”, poursuit-il.

Le professeur Giroud plaide pour une meilleure information du grand public sur les dangers potentiels du paracétamol: “Il y a un problème d’information pour lequel je me bats depuis 40 ans, mais on ne peut pas dire que les pouvoirs publics s’en saisissent. C’est à eux d’insister là-dessus”.

Santé

Cancers, diabètes, AVC: la bataille contre les maladies non transmissibles n’est pas gagnée

AFP

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L’ONU entend réduire d’ici 2030 de 30% les décès prématurés dus à des maladies chroniques (cancers, maladies cardiovasculaires, diabète…), dites maladies non transmissibles, mais plus de la moitié des pays du monde ne sont pas dans les clous pour atteindre cet objectif, s’alarment des chercheurs.

Or les maladies non transmissibles (MNT), qui tuent près de 41 millions de personnes par an, soit sept personnes sur dix dans le monde, sont devenues une menace de grande ampleur pour la santé, loin devant les autres causes de mortalité mondiale comme les maladies infectieuses tels la tuberculose, le sida ou le paludisme.

Les habitants du Royaume-Uni, des États-Unis et de Chine ont un risque plus élevé de mourir prématurément (avant 70 ans) de maladies comme le cancer, les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) que ceux d’Italie, de France, de Corée du Sud et d’Australie, estiment les chercheurs dont l’étude est publiée vendredi par la revue médicale The Lancet.

L’étude, sur les décès dus aux maladies dites non transmissibles (MNT) dans 186 pays de 2010 à 2016, paraît en amont de la troisième réunion des Nations unies dédiée à ces pathologies, le 27 septembre à New York.

En 2016, environ 40,5 millions des 56,9 millions de décès dans le monde étaient dus à des maladies non transmissibles, selon l’étude.

Selon cette dernière, 1,7 million (4% des décès dus aux MNT) sont survenus chez les moins de 30 ans, 15,2 millions chez les 30 à 70 ans et 23,6 millions chez les 70 ans et plus.

Selon ces estimations, 32,2 millions de ces décès étaient dus aux cancers, maladies cardiovasculaires (dont AVC), pneumopathies chroniques et diabète, tandis que les 8,3 millions restants sont attribués à d’autres maladies non transmissibles (mentales, neurologiques, rénales).

Hypertension, alcool, tabac

La réduction de 30% de la mortalité prématurée due aux quatre principales maladies chroniques ou MNT – cancers, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires chroniques et diabète – d’ici 2030 est un objectif fixé par les Nations unies en 2015.

Selon l’étude, 35 pays sont prêts d’atteindre l’objectif de l’ONU de réduction de cette mortalité prématurée (entre 30 et 70 ans) pour les femmes et 30 pays pour les hommes. Il s’agit pour la plupart de pays riches où cette mortalité est déjà faible.

La France pourrait atteindre cet objectif pour les deux sexes en 2040, selon la revue.

Un pays sur dix a vu ses taux de mortalité stagner ou s’aggraver.

Aux États-Unis par exemple, le taux de MNT chez les femmes a stagné. Près d’une femme de 30 ans sur huit y est décédée avant ses 70 ans de l’une des quatre principales MNT, contre une sur vingt dans le pays le plus performant, la Corée du Sud.

“Trop de gens meurent trop tôt” souligne le Collège impérial de Londres, co-signataire de ce travail, réalisé avec l’OMS et la revue médicale notamment.

Pour le professeur Majid Ezzati, du Collège impérial, qui a supervisé l’étude, “le traitement de l’hypertension et le contrôle de la consommation de tabac et d’alcool, à eux seuls, peuvent prévenir des millions de décès dus au cancer, aux maladies cardiaques, aux accidents vasculaires cérébraux et à d’autres maladies non transmissibles”.

“Mais il faut aussi des soins accessibles et de grande qualité pour diagnostiquer et traiter les maladies chroniques le plus tôt possible”, ajoute-t-il.

L’OMS, qui avait déjà tiré la sonnette d’alarme en septembre 2017, souligne les effets “dévastateurs” des maladies non transmissibles dans un document de présentation de la réunion à New York . “Au cours des 15 prochaines années, les coûts humains et économique des MNT devraient s?élever, selon les estimations, à plus de 7.000 milliards de dollars dans les seuls pays en développement”, note-t-elle.

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Santé

Hôpital: la tarification à l’activité, un mode de financement décrié

AFP

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Le financement des hôpitaux, que le gouvernement promet de revoir, repose majoritairement sur la tarification à l’activité, ou T2A. Un modèle décrié pour ses effets pervers malgré les bonnes intentions qui accompagnaient son lancement en 2004.

Instaurée par souci d’efficience, la T2A constitue en moyenne 63% des ressources des établissements publics, selon la Fédération hospitalière de France.

Jusqu’en 2004, les hôpitaux publics recevaient chaque année une dotation fixe indépendante de leur activité et qui empêchait le développement de certains établissements tout en favorisant des situations de rente pour d’autres.

Depuis bientôt 15 ans, une partie des ressources dépend du nombre d’actes et de séjours enregistrés. C’est le cas pour toutes les activités de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO). En revanche, la psychiatrie, les soins de suites ou les urgences restent financées par des dotations.

En MCO, 2.300 catégories d’actes correspondent à autant de “tarifs” fixés par le gouvernement pour déterminer les sommes remboursées aux hôpitaux par l’Assurance maladie.

Plus l’établissement enregistre de séjours, plus son budget augmente. De quoi favoriser une “course à la rentabilité” et aux actes les plus rémunérateurs, selon les détracteurs de la T2A. D’autant que celle-ci ne tient pas compte des spécificités du patient (âgé, précaire, malade chronique) ni du nombre de jours passés à l’hôpital.

Pour contrer les dérives de l'”hôpital-entreprise”, le gouvernement prévoit donc de corriger la T2A et de la plafonner à 50% dans la part du financement des établissements, dans la droite ligne d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.

Il s’agira d’accorder une place plus importante à la prévention, la coopération entre l’hôpital et la ville (professionnels de santé libéraux) et les pratiques vertueuses pour éviter les actes inutiles et les réhospitalisations, par exemple.

Le budget de la sécurité sociale pour 2018 a déjà prévu des expérimentations avec la mise en place de forfaits englobant le parcours du patient.

Reste la question épineuse des économies imposées à l’hôpital, qui subit chaque année une baisse de ses tarifs. Et est ainsi incité à produire plus d’actes pour viser l’équilibre.

En 2017, le déficit des hôpitaux publics a atteint le niveau record de 890 millions d’euros, selon la FHF.

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Santé

L’épidémie de peste porcine en Chine menace de s’étendre en Asie (FAO)

AFP

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Une épidémie de peste porcine africaine affectant la Chine risque désormais de se propager à d’autres régions d’Asie, a prévenu mardi une agence onusienne, alors que le géant asiatique, premier éleveur mondial, peine à contenir cette maladie très contagieuse.

Pékin avait annoncé début août avoir détecté un foyer de cette fièvre hémorragique animale, pour la toute première fois sur son territoire, dans un élevage du Liaoning (nord-est)

Depuis, les autorités ont fait abattre quelque 24.000 porcs dans quatre provinces et imposé des zones de confinement pour tenter d’enrayer l’épidémie, mais sans l’empêcher de s’étendre, a souligné dans un communiqué l’Agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO).

Des cas de contamination ont été détectés dans des zones chinoises à plus de 1.000 km l’une de l’autre, rapporte la FAO.

Cette maladie, qui ne présente pas de danger pour la santé humaine mais est mortelle pour les animaux touchés, “peut désormais contaminer à tout moment d’autres pays d’Asie”, prévient l’institution.

La rapide dissémination du virus en Chine et la “vaste étendue géographique de l’épidémie alimentent les craintes de voir la maladie traverser les frontières et se propager aux pays voisins d’Asie du sud-est et de la péninsule coréenne, où la consommation de porc est également très importante”, s’alarme la FAO.

La fièvre porcine, extrêmement contagieuse, est transmise par contact direct entre les porcs infectés par des tiques ou des animaux sauvages comme les sangliers ou phacochères. Elle est mortelle à 100% pour les animaux touchés, ce qui crée d’importantes pertes économiques dans les élevages.

Présente en Afrique, en Russie et en Europe de l’est, cette maladie est très difficile à maîtriser car il n’existe pas de vaccin efficace.

“Le transport des produits de viande porcine peut contribuer à propager rapidement la maladie (…) Il est probable que l’acheminement de produits de porcs plutôt que les animaux vivants ont provoqué cette propagation du virus dans diverses régions chinoises”, estime Juan Lubroth, chef vétérinaire de la FAO.

Environ la moitié de la population mondiale de porcs est élevée en Chine, pays qui consomme le plus de viande porcine par habitant.

En mars, la FAO avait averti de la menace pesant sur le nord-est de la Chine, en raison de la présence du virus en Russie frontalière et exigé une vigilance accrue de la surveillance de la maladie.

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