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Mali – Election présidentielle : Le candidat Soumaïla Cissé a présenté son programme « Ensemble, restaurons l’espoir »

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Le candidat à l’élection présidentielle et chef de file de l’opposition au Mali, Soumaïla Cissé, a présenté officiellement son programme « Ensemble, restaurons l’espoir », au cours d’une cérémonie à Bamako.

Ce programme (ci-dessous) repose sur cinq piliers : Restaurer la paix, la sécurité du pays et l’autorité de l’État ; Instaurer un véritable dialogue entre tous les Maliens ; Mettre l’État au service des populations ; Donner aux jeunes et aux femmes la place qui leur est due dans la société malienne ; Construire une économie performante et solidaire.

« Notre pays est à présent devant un choix majeur, continuer sur le chemin actuel qui conduit à l’échec ou bien se redresser pour redevenir ce que le Mali a toujours été : un pays stable et fier », a déclaré le candidat. Avant d’ajouter : « Le Mali va finir par triompher. Les Maliens vont se retrouver tels qu’ils sont et tels qu’ils ont toujours été : des femmes et des hommes de paix et de dialogue. La situation actuelle de notre pays n’est pas une fatalité, elle n’est que l’enchaînement d’un cycle catastrophique de lâchetés et de calculs de petite politique. La reconstruction du Mali et le redressement de la Nation malienne reposent sur nous-mêmes. Soyons patriotes, soyons responsables et déterminés dans nos actions et nos décisions. »

« Je m’engage à instaurer une gouvernance vertueuse en luttant énergiquement contre la corruption, les abus de biens sociaux et les surfacturations, a poursuivi Soumaïla Cissé. Les réformes institutionnelles que j’engagerai nous conduiront vers une véritable refondation de l’État. Elles nous mettront à l’abri des ravages du culte de la personnalité et du pouvoir personnel qu’il nous a été donné d’observer ces dernières années. Je m’engage à lutter énergiquement contre le clientélisme et à promouvoir l’intérêt général. Si les Maliens m’accordent leur confiance, aucun membre de ma famille n’aura de fonctions officielles. J’en fais ici le serment. Les réflexes claniques seront combattus. J’exigerai de tous ceux qui servent la Nation une probité exemplaire tant la corruption s’est accrue ces dernières années pour devenir un véritable fléau. Je propose aujourd’hui un projet pour réparer un pays abîmé par cinq années de mauvaise gouvernance. »

Soumaïla Cissé a ensuite présenté et détaillé le contenu des 5 piliers de son programme « Ensemble, restaurons l’espoir ». Pour rétablir la paix et la sécurité (Pilier 1) dans le nord et le centre du pays, le candidat a notamment insisté sur la mise en œuvre de bonne foi de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale (Accords d’Alger), la réforme de l’armée, la création de Brigades d’intervention rapide, l’augmentation du budget militaire et une décentralisation effective.

Concernant le dialogue (Pilier 2), en cas de victoire, le candidat s’est engagé à organiser très vite des Assises Nationales sur les grands problèmes de la Nation et à mettre en place un cadre pour favoriser le dialogue intercommunautaire et interreligieux afin de lutter contre l’extrémisme et la radicalisation. Il a par ailleurs insisté sur la révision du statut de la télévision et radio publique (ORTM) pour lui assurer une plus grande indépendance.

Pour que l’État soit véritablement au service des populations (Pilier 3), les mesures prioritaires concernent la santé, dont la part dans le budget national passera à 15 %, le lancement d’un programme national pour l’accès à l’eau, l’éducation avec notamment le recrutement systématique des diplômés des écoles de formation et la construction d’écoles, une meilleure protection sociale et le lancement d’un programme de construction de logements sociaux.

Le Pilier 4 prévoit notamment l’instauration de quotas à l’Assemblée Nationale : 20 % pour les jeunes et 30 % pour les femmes ainsi qu’une série de mesures pour favoriser l’accès à l’emploi (Guichets Uniques Jeunesse…) ainsi que l’organisation des Assises de la condition féminine.

Pour construire une économie performante et solidaire (Pilier 5), Soumaïla Cissé insiste sur la promotion du secteur privé et de l’entrepreneuriat (réduction à 5 jours du délai pour créer une entreprise, accès au financement…), la maîtrise et une meilleure gestion des finances publiques pour garantir des marges de manœuvre en termes d’investissement public, la modernisation de l’agriculture,  la réforme du secteur minier, le transport et la construction de 2 000 kilomètres de routes, le développement des énergies renouvelables (solaire et éolien). Le candidat a par ailleurs présenté le projet de création d’une nouvelle ville, entre Koulikoro et Ségou, pour désengorger la capitale Bamako.

Ce programme est chiffré à 7 310,1 milliards de francs CFA (11 milliards d’euros) soit 82,4 % du PIB de 2017 (8 868, 4 milliards de francs CFA). En comparaison avec d’autres pays de la sous-région (178% au Benin, 227% au Burkina Faso, 178% au Niger, 185% au Togo et 99 % au Sénégal), « ce programme est donc sérieux et rigoureux, réaliste et réalisable », a conclu Soumaïla Cissé.

Député et chef de file de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé a participé au second tour des élections présidentielles de 2002 et 2013. Entre ces deux scrutins, il a été le Président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), après avoir été successivement Secrétaire Général de la Présidence et Ministre des Finances et du Commerce puis en charge du portefeuille de l’Equipement, de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de l’Urbanisme sous la Présidence d’Alpha Oumar Konaré.

Le premier tour de l’élection présidentielle est fixé au 29 juillet 2018.

 

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Mali: plus d’une centaine de civils tués pendant une visite du Conseil de sécurité au Sahel

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Plus d’une centaine d’habitants d’un village peul du Mali ont été tués samedi par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons, près de la frontière avec le Burkina Faso, en pleine visite du Conseil de sécurité de l’ONU dans un Sahel en proie à la menace jihadiste.

Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs propres “groupes d’autodéfense”.

Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l’ONU.

Samedi à l’aube, c’est un de ces groupes de chasseurs dogons présumés qui est à l’origine d’un carnage à Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, tuant plus d’une centaine de villageois, selon des sources concordantes.

Dans un communiqué samedi soir à New York, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a évoqué un bilan dépassant les 130 morts.

“Au moins 134 civils, y compris des femmes et des enfants, auraient été tués et au moins 55 blessés” à la suite de l’attaque, indique-t-il, en affirmant être “choqué et outré” par ce massacre.

“Le secrétaire général condamne fermement cet acte odieux et appelle les autorités maliennes à enquêter rapidement sur cette tragédie et à traduire ses auteurs en justice”, ajoute le communiqué diffusé par l’ONU.

– Assaillants “habillés en chasseurs” –

Une mission composée d’un détachement de l’armée et des autorités locales est arrivée sur place dans l’après-midi, selon une source de sécurité.

“Ce sont les chasseurs traditionnels qui sont accusés par les rescapés”, avait souligné dans la journée le préfet de Bankass, Boubacar Kané, parlant pour sa part de “115 morts, dont les éléments peuls du DDR cantonnés dans le village de Ogossagou”. Il faisait référence à l’extension au centre du pays depuis le début de l’année du processus de “désarmement, démobilisation et réinsertion” (DDR) prévu par l’accord de paix de 2015 pour les combattants de groupes armés.

Selon l’association de défense des droits des populations pastorales Kisal, qui avait signalé des “exactions perpétrées contre la communauté peule par des hommes armés habillés en chasseurs dans le cercle de Bankass”, les personnes tuées incluent “le chef du village et sa famille, le marabout Bara Sékou Issa et toute sa famille”.

Selon des témoins, les cases du village ont été incendiées.

L’ambassadeur français aux Nations unies, François Delattre, a parlé d’une “attaque terrible” que “nous condamnons fermement”, lors d’une conférence de presse samedi à Bamako.

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a “condamné fermement de telles attaques contre des civils”, dans un communiqué publié samedi. “En soutien au Gouvernement malien, la Minusma a fourni un appui aérien afin de prévenir toute nouvelle attaque et a aidé à l’évacuation des blessés”, a précisé Antonio Guterres dans son communiqué.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion) a “condamné avec la dernière énergie ce crime imprescriptible” et appelé “à la cessation immédiate de ces massacres qui s”apparentent à un véritable pogrom orchestré”, dans un communiqué distinct.

– “Menace” –

L’attaque est survenue six jours après un attentat jihadiste à Dioura, dans la même région mais beaucoup plus au nord, contre un camp de l’armée malienne, qui a perdu 26 hommes, selon un dernier bilan de source militaire.

Dans un communiqué de revendication vendredi, la principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda justifie l’opération de Dioura par les “crimes odieux commis par les forces du gouvernement de Bamako et les milices qui le soutiennent contre nos frères peuls”.

Après avoir été reçus vendredi par le président Ibrahim Boubacar Keïta, les ambassadeurs des 15 pays siégeant au Conseil de sécurité ont rencontré samedi les signataires de l’accord de paix de 2015 puis le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, avec lequel ils ont évoqué la situation dans le centre du pays, selon l’ONU.

Dans un rapport publié le 5 mars, Antonio Guterres affirme que “les six derniers mois ont enregistré davantage d’avancées que le reste de la période écoulée depuis la signature de l’Accord en 2015”, grâce selon lui à “la pression internationale, notamment la perspective de sanctions”.

Mais “la menace, qui continue de se propager du nord vers le centre du Mali, détourne l’attention de l’Accord et en complique la mise en oeuvre”, souligne-t-il.

Le très lourd bilan de l’attaque de Dioura a provoqué l’ire des familles de militaires maliens, bien que le gouvernement ait décrété un deuil national de trois jours à partir de vendredi et que le président Keïta ait prévenu les chefs de l’armée qu'”aucune négligence ne saurait plus être tolérée”.

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Mali

Mali: Plus de 100 villageois tués par des hommes armés

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Plus de 100 personnes ont été tuées dans l’attaque d’un village du centre du Mali par des hommes armés portant les vêtements des chasseurs Dogon, selon des reportages.

Des hommes armés ont encerclé le village avant d’attaquer les habitants de leurs maisons à Ogossagou, dans la région de Mopti, dans le pays, a déclaré un responsable local.

L’attaque de samedi a visé des membres de la communauté ethnique peule.

Des ambassadeurs auprès de l’ONU se trouvent actuellement au Mali pour faire face aux niveaux croissants de violence ethnique et djihadiste.

Les victimes de l’attaque meurtrière de samedi ont été “tuées à coups de pistolet et de machette”, a déclaré un responsable de la sécurité locale à l’agence de presse AFP.

Cheick Harouna Sankare, maire du village voisin de Ouenkoro, a qualifié l’attaque de “massacre”.

Des affrontements entre chasseurs Dogon et éleveurs peuls nomades peuvent se produire pour l’accès à la terre et à l’eau.

Les Dogon accusent également les Fulanis de liens avec des groupes djihadistes. Les Fulanis affirment que l’armée malienne a armé les chasseurs pour les attaquer.

L’année dernière, des centaines de personnes sont mortes lors d’affrontements entre des chasseurs Dogon et des membres du groupe ethnique peuls.

Vendredi, un affilié al-Qaïda basé au Mali a déclaré qu’il avait mené une attaque la semaine dernière sur une base militaire qui a coûté la vie à plus de 20 soldats.

Le groupe a déclaré que c’était en réponse à la violence contre les éleveurs peuls.

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Mali

Mali: une attaque jihadiste contre un camp de l’armée fait 21 morts dans le centre

AFP

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Vingt-et-un militaires maliens ont été tués dimanche à l’aube dans une attaque contre leur camp à Dioura, dans le centre du Mali, ont indiqué des sources locales, une opération menée selon Bamako par un “groupe terroriste” dirigé par un déserteur passé dans les rangs jihadistes en 2012.

Situé dans une zone très difficile d’accès où est active depuis plusieurs années la katiba (cellule combattante) Macina, liée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), entre la capitale régionale, Mopti, et la frontière mauritanienne, le camp de Dioura a été “attaqué aux environs de 06H00 (GMT et locales) par des terroristes”, selon l’armée malienne.

Les Forces armées maliennes (FAMa) “enregistrent des dégâts matériels et des pertes en vies humaines”, indique l’armée, qui assure avoir repris le contrôle du poste militaire à 16H00 mais ne donne pas de bilan.

Se disant “consterné”, le chef de la mission de l’ONU au Mali, Mahammad Saleh Annadif, a condamné une attaque ayant engendré “de lourdes pertes”. La Minusma a “organisé dans la journée l’évacuation médicale de plusieurs blessés”, selon un communiqué.

“21 corps de militaires maliens ont été enterrés dimanche à côté de Dioura”, a déclaré à l’AFP un élu local. Le “bilan provisoire est de 21 corps découverts”, a confirmé une source militaire malienne.

– ‘Camp détruit, le commandant tué’ –

L’opposition malienne, réunie au sein du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie, a évoqué un bilan de “plus de 20 FAMas morts, une vingtaine de disparus, un nombre indéterminé de blessés, huit véhicules brûlés, dont des (camions) citernes et huit véhicules équipés d’armes de guerre emportés par les assaillants”.

“Le camp militaire détruit. Le commandant de compagnie, le capitaine Mohamed Sidati Ould Cheikh est parmi les militaires tombés sous les feux des terroristes”, ajoute l’opposition, évoquant le plus “lourd bilan” depuis la cuisante défaite de l’armée malienne face à des groupes rebelles touareg et arabes à Kidal (nord) en mai 2014.



Selon l’armée, l’attaque de dimanche a été menée par “des groupes terroristes sous le commandement de Ba Ag Moussa”, dit Bamoussa, un ex-colonel ayant rejoint les rangs jihadistes en 2012 et considéré comme un proche du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, qui dirige la principale alliance jihadiste du Sahel.

“Toutes nos pensées pour les fiers soldats de l’Armée malienne tombés à Dioura”, a réagi le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, que l’opposition exhorte à “prendre les mesures d’urgence qui s’imposent”.

– Opérations Barkhane et Minusma –

En avril 2018, “14 suspects terroristes” arrêtés à Dioura et remis à des militaires maliens avaient été tués “suite à une présumée tentative d’évasion”, selon l’armée. Une association peule et des proches avaient dénoncé des “exécutions sommaires”.

Malgré la Minusma, une forte présence militaire française et la création de la force militaire régionale G5-Sahel, les violences jihadistes persistent dans le pays, avec 237 attaques recensées en 2018, selon l’ONU.

Les autorités maliennes et les forces internationales espéraient une baisse des violences dans le centre après avoir donné pour mort fin novembre le chef de la katiba Macina, le prédicateur radical peul Amadou Koufa, lui aussi membre de l’alliance d’Iyad Ag Ghaly.

Mais l’homme est réapparu récemment sur une vidéo jugée crédible par l’état-major français, et les violences se sont poursuivies dans la région.

Six militaires maliens ont été tués mardi: leurs véhicules ont sauté sur une mine dans la région de Mopti. Deux soldats français de Barkhane avaient été grièvement blessés quelques jours plus tôt dans leur campement temporaire près de la frontière du Niger.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous le contrôle de groupes islamistes liés à Al-Qaïda, qui en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et qui se poursuit. Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et le Sud et le phénomène déborde sur les pays voisins, le Burkina Faso et le Niger. Ces attaques s’ajoutent à des conflits intercommunautaires qui ont fait plus de 500 morts parmi les civils dans le centre en 2018, selon l’ONU.

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