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Tunisie

Tunisie: le ministre de l’Intérieur limogé en pleine controverse migratoire

AFP

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Le ministre de l’Intérieur tunisien Lotfi Brahem a été limogé et sera remplacé, par intérim, par le ministre de la Justice Ghazi Jribi, ont annoncé mercredi les services du chef du gouvernement.

Cette décision intervient en pleine controverse après la mort, dans la nuit de samedi à dimanche, de plusieurs dizaines de migrants –en majorité des Tunisiens- au large de Kerkennah (est).

Le texte officiel ne fournit aucune précision sur le motif de ce limogeage, décidé à la suite d’une rencontre entre le Premier ministre Youssef Chahed et le président Béji Caïd Essebsi.

Selon des sources proches du gouvernement interrogées par l’AFP, MM. Chahed et Brahem entretenaient des relations fraîches et ce limogeage était attendu, surtout après le drame de Kerkennah, l’un des pires depuis le début de l’année avec un bilan d’au moins 66 migrants morts noyés.

Mercredi matin, M. Brahem avait décidé de limoger des responsables sécuritaires, sur la base d' »investigations préliminaires » faisant apparaître qu’ils avaient failli à leur devoir, « de façon directe ou indirecte », dans le cadre de ce naufrage, selon le ministère de l’Intérieur.

Ce sont, au total, dix responsable de la sûreté nationale et de la garde nationale (gendarmerie) qui ont été limogés, dont les directeurs de la sûreté nationale et de l’unité des gardes-côtes de Kerkennah, ainsi que celui de la garde nationale à Sfax.

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Tunisie

Jihadistes: la Tunisie également confrontée au casse-tête des rapatriements

AFP

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Les autorités tunisiennes ont entamé des démarches pour rapatrier des enfants de jihadistes partis combattre en Libye, mais les efforts restent largement « insuffisants » selon une ONG internationale, qui s’inquiète aussi de la situation de familles en Syrie.

Dans un pays toujours sous état d’urgence et qui reste traumatisé par la vague d’attaques sanglantes de 2015 et 2016, le gouvernement est en revanche explicitement défavorable à tout retour organisé de combattants, ainsi qu’une bonne partie de l’opinion.

Pour la Tunisie, pays qui fut ces sept dernières années l’un des principaux pourvoyeurs de jihadistes au monde, ce casse-tête frappe littéralement à ses portes: fin janvier, la police scientifique tunisienne s’est ainsi rendue à Misrata, en Libye, pour prélever des échantillons ADN sur six enfants dont les parents tunisiens auraient été tués à Syrte, ex-fief libyen de l’EI, selon le Croissant rouge local.

De source gouvernementale tunisienne, on confirme ces prélèvements ADN, en ajoutant qu’il s’agit des premiers tests effectués pour s’assurer de la nationalité d’enfants de jihadistes, avant de les rapatrier.

Malgré cette dernière démarche, Human Rights Watch (HRW) s’est montré sévère mardi envers Tunis.

« Les responsables tunisiens ont tardé à faciliter le retour d’enfants tunisiens actuellement détenus sans inculpation à l’étranger », a dénoncé l’ONG.

Dans un texte documenté, HRW souligne l’importance de la question pour ce petit pays d’Afrique du Nord de 11 millions d’habitants.

  • « Camps sordides » –

« Même si la Tunisie n’est pas le seul pays qui rechigne à aider ces femmes et ces enfants à rentrer chez eux (…) c’est la Tunisie qui a le plus de ressortissants dans cette situation », avance l’organisation.

Elle relève notamment qu’environ 200 enfants et 100 femmes tunisiens sont « détenus dans des prisons et camps sordides en Libye, Syrie et Irak ».

A Tunis, ces dernières années, les autorités ont évoqué le chiffre de 3.000 Tunisiens partis combattre à l’étranger aux côtés d’organisations jihadistes. Un groupe de travail de l’ONU a lui parlé de plus de 5.000.

Beaucoup sont morts au combat, mais l’épineuse question du retour se pose avec davantage d’acuité depuis que Washington, sur le point de retirer ses troupes en Syrie, pousse les pays d’origine à favoriser les rapatriements.

Des centaines de jihadistes étrangers sont détenus par les Kurdes en Syrie, auxquels s’ajoutent les femmes non combattantes et les enfants, et la Tunisie revient régulièrement dans la liste des pays cités.

S’agissant des familles, une source gouvernementale tunisienne assure que des démarches sont en cours depuis plusieurs années pour permettre leur retour.

Une liste de 43 enfants présumés tunisiens se trouvant en Libye a été établie en 2017, d’après la même source. Trois d’entre eux ont été rapatriés la même année, une fois leur identité établie.

Depuis, les rapatriements patinent, admet toutefois cette source, évoquant des problèmes de coopération juridique entre Tunis et Tripoli et des difficultés à confirmer la nationalité des enfants, condition sine qua none.

Aucun rapatriement n’a eu lieu de Syrie ni d’Irak, relève pour sa part HRW.

Cité par l’ONG, le ministère des Affaires étrangères assure que la Tunisie « attache une importance particulière au cas des enfants détenus », en arguant être « fermement convaincue de la valeur des droits humains ».

  • « Victimes » –

Les autorités tunisiennes sont en revanche catégoriques sur le cas des combattants eux-mêmes: pas question de faciliter leur retour, alors que selon elles au moins 800 étaient déjà revenus par leurs propres moyens à fin 2016, et se trouvaient alors détenus ou sous haute surveillance.

L’opinion publique est particulièrement attentive, et un débat public avait agité le pays dès début 2017: un millier de personnes avaient manifesté pour s’opposer à tout retour, estimant que ces Tunisiens représentaient une grande menace pour la sécurité nationale.

« S’il y a des combattants tunisiens (…) qui veulent rentrer en Tunisie, la Constitution prévoit qu’on doit accepter tous les citoyens, mais il faut qu’ils passent par la justice et éventuellement la prison », a réitéré le président Béji Caïd Essebsi récemment.

Selon l’Association des Tunisiens bloqués à l’étranger, qui milite pour faciliter les retours, les autorités craignent qu’un rapatriement des enfants n’accélère un retour de membres de l’EI. « L’Etat tunisien n’a pas de stratégie pour prendre en charge ces enfants perturbés, qui ont 4 à 6 ans en moyenne », déplore son dirigeant, Mohamed Iqbel Ben Rejeb.

Alors que le « califat » de l’EI rend son dernier souffle, HRW reconnaît des « préoccupations légitimes » sur la sécurité.

Mais des enfants sont bloqués dans des camps, « sans éducation, sans avenir (…), tandis que leur gouvernement semble ne pas lever le petit doigt », clame l’ONG, qui dit notamment avoir interrogé des proches de 13 femmes et de 35 enfants détenus en Libye et Syrie.

Ces enfants « doivent être traités avant tout comme des victimes », plaide l’ONG.

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Tunisie

Tunisie: Deux djihadistes se suicident lors d’une opération policière

Reuters

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Deux djihadistes présumés se sont suicidés jeudi en Tunisie en actionnant des ceintures d’explosifs lors d’une fusillade avec les forces de sécurité, a annoncé le ministère tunisien de l’Intérieur.

Les forces de l’ordre avaient investi leur repaire, situé à Jilma, à 250 km environ au sud de Tunis, dans le centre du pays, a ajouté le ministère.

L’un des deux hommes tués a été identifié comme étant Azzedine Alaoui, chef de la « Brigade du Djihad et de l’Unité », a déclaré le porte-parole du pôle judiciaire antiterroriste Sofiene Sliti.

Azzedine Alaoui était le cerveau d’un « complot terroriste » visant à prendre le contrôle du gouvernorat de Sidi Bouzid, dans le centre du pays, a dit Sofiene Sliti aux journalistes.

En 2014, il avait rejoint Jund al Khilafa, un autre groupe armé opérant dans les montagnes entre les villes de Sidi Bouzid et Kasserine, avant de rejoindre la Brigade du Djihad et de l’Unité, également connue sous le nom de cellule de Sidi Bouzid, a ajouté le porte-parole du pôle antiterroriste.

La plupart des membres de cette cellule ont été arrêtés par les forces de sécurité tunisiennes lors d’une opération menée le 5décembre dernier.

Les autorités tunisiennes estiment qu’environ 3.000 Tunisiens ont rejoint ces dernières années les rangs du groupe Etat islamique (EI) ou d’autres organisations armées djihadistes en Irak, en Syrie ou en Libye, sur fond de crise sociale aiguë dans les régions centrale et méridionale de Tunisie.

Le pays a connu trois attentats majeurs en 2015, deux visant les touristes au musée du Bardo à Tunis et sur une plage de Sousse, le troisième ciblant la garde présidentielle dans la capitale. Ces trois attaques avaient été revendiquées par l’EI.

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Tunisie

Nouveaux heurts nocturnes dans trois villes de l’ouest de la Tunisie

AFP

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De nouveaux heurts nocturnes ont éclaté à Kasserine, ville de l’ouest de la Tunisie où un journaliste est décédé après s’être immolé par le feu, mais aussi à Tebourba (nord) et Jbeniana (est), a indiqué mercredi le ministère de l’Intérieur.

Ces heurts ont opposé des groupes de jeunes, essentiellement, aux forces de l’ordre. A Kasserine, la police a répliqué aux jets de pierres par des tirs de gaz lacrymogène, selon un correspondant de l’AFP.

Un policier a été blessé à Jbeniana, au nord de Sfax, la deuxième ville de Tunisie, tandis que cinq personnes au moins ont été interpellées à Tebourba, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la sûreté nationale, Walid Hkima.

Dans un communiqué distinct, le ministère de l’Intérieur a par ailleurs affirmé avoir procédé à l’arrestation d’une personne pour son implication présumée dans le geste qui a coûté la vie à Abderrazk Zorgui, 32 ans.

Lundi, ce journaliste s’est immolé par le feu à Kasserine en affirmant vouloir protester contre le chômage et la dégradation de la situation économique dans cette région parmi les plus pauvres du pays.

« Pour les habitants de Kasserine qui n’ont pas de moyens de subsistance, aujourd’hui, je vais commencer une révolution, je vais m’immoler par le feu », a déclaré le journaliste dans une vidéo qu’il a publiée 20 minutes avant de passer à l’acte.

Il a par la suite succombé à ses blessures, et ce drame a suscité la colère d’habitants. Des dizaines d’entre eux ont brûlé des pneus et bloqué la rue principale du centre-ville dans la nuit de lundi à mardi, avant que des affrontements ne reprennent durant la journée de mardi.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a de son côté appelé à une grève nationale de la « dignité » le 14 janvier, jour anniversaire de la révolution de 2011.

Kasserine est l’une des premières villes où avaient éclaté fin 2010 des manifestations pour protester contre la pauvreté et la marginalisation.

Provoquées par l’immolation par le feu en décembre 2010 d’un jeune vendeur ambulant de Sidi Bouzid (centre-ouest), excédé par la pauvreté et les humiliations policières, les manifestations s’étaient ensuite propagées à travers le pays, conduisant au renversement du régime de Zine El Abidine Ben Ali.

La Tunisie est parvenue par la suite à préserver sa transition démocratique –de nouvelles élections libres sont prévues en 2019–, mais la situation économique et sociale reste difficile, les gouvernements peinant à répondre aux aspirations des Tunisiens.

Inflation et chômage alimentent les troubles sociaux. Des émeutes avaient éclaté en janvier dernier dans de nombreuses villes du pays.

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