Lucarne sur les ouragans et la probabilité de leurs survenances en Côte d’Ivoire (feature) - LaMinuteInfo

Lucarne sur les ouragans et la probabilité de leurs survenances en Côte d’Ivoire (feature)

Abidjan, 13  sept (AIP) – Les ouragans Irma et Harvey, qui frappent respectivement la Floride et le Texas (Etats unis) depuis dimanche, ont provoqué des inondations, emporté des habitations causant ainsi d’énormes dégâts évalués à 290 milliards dollars US, selon un service de météorologie American. Le service prévision générale et météo marine de la Société d’exploitation de développement aéroportuaire aéronautique météo (SODEXAM), apporte des explications sur l’origine, la catégorisation de ce phénomène, le mode de nomination, les régions à risque et enfin les probabilités de sa survenance en Côte d’Ivoire.

 Origine et terminologie du phénomène

un schémas illustrant la formation d'un ouragan ou cyclone, typhon ( ph d'archives)

un schémas illustrant la formation d’un ouragan ou cyclone, typhon ( ph d’archives)

L’ouragan est une tempête très violente né de vents opposés à savoir les anticyclones et les dépressions. Il résulte d’un mouvement thermodynamique des mers et des océans réchauffés par l’action du soleil,  et qui atteignent la température de 26,5°C, puis connaissent une évaporation importante. Tandis qu’un air à la fois chaud et chargé en humidité s’élève dans les régions supérieures, un air froid souffle dans les régions inférieures, en-dessous de cet air chaud, le tout formant peu à peu un système dépressionnaire animé d’un mouvement. Des nuages se forment alors, et les perturbations s’accroissent, formant des orages et des précipitations. Les courants d’air contraires (ascendants et descendants) prennent de la force, la dépression tropicale absorbe de l’énergie, les nuages se massent et la colonne d’air gagne en puissance. L’ouragan est alors formé.

L’on parle dans un premier temps de dépression tropicale avec une vitesse maximale des vents inférieur à 63km/h, ensuite de tempête tropicale (63km et 117km/h), et  enfin l’ouragan ou typhon ou encore cyclone selon les régions avec des vitesses de vent supérieur à 117 km/h.

Les ouragans se forment généralement en été ou en automne, entre juin et novembre dans l’hémisphère nord et entre avril et novembre dans l’hémisphère sud. La saison bat son plein en juillet et en août dans les deux hémisphères.

Catégorisation des ouragans

L’échelle de Saffir-Simpson classant les ouragans de 1 à 5 est utilisée pour les catégoriser selon la force de leurs vents. Un ouragan de catégorie 1 a les vents les plus faibles, alors qu’un autre de la catégorie 5 est le plus intense. A titre d’illustration un ouragan de catégorie 1 a une 1 vitesse de vents de 118-153 km/h et occasionne peu de dommage et une inondation côtière légère à l’exemple de l’ouragan césar survenu en 1996, et Noël en 2007. Par contre Katarina survenu aux Etats-Unis en 2005 est classé catégorie 5 avec une vitesse de vents de plus de 250 Km /h et a entrainé des dommages importants, des évacuations des maisons dans un rayon de six à 16 km des côtes.

Nomination des ouragans

Le principe de nomination des ouragans répond aux soucis d’identification de ce phénomène. Ainsi les Espagnols donnaient au cyclone le nom du saint patron du jour. Par exemple, les ouragans ayant frappé Porto Rico le 13 septembre 1876, puis à la même date en 1928, s’appellent tous les deux San Felipe (Saint-Philippe).

La première utilisation de noms de personnes donnés à ces systèmes fut amorcée par Clément Lindley Wragge, un météorologiste australien du début du  20ème siècle. Il prenait des prénoms de femmes, des noms de politiciens qu’il n’aimait pas, des noms historiques et mythologiques.

L’armée américaine, du début du 20ème  siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale, avait l’habitude d’utiliser l’alphabet phonétique des transmissions militaires avec l’année. De leur côté, les météorologistes de l’American Air Force et de la US Navy du théâtre pacifique, donnaient des prénoms féminins aux cyclones tropicaux. En 1950, le système d’alphabet phonétique (Able, Baker, Charlie, etc.) fut officialisé dans l’Atlantique Nord par le service météorologique américain (National Weather Service). En 1953, la liste répétitive fut remplacée par une autre liste utilisant exclusivement des prénoms féminins et en 1954, la liste précédente fut reprise mais il fut décidé de changer de liste chaque année.

Depuis 1979, à la suite des critiques des mouvements féministes, les ouragans reçoivent des prénoms alternativement masculins et féminins (en anglais, espagnol et français) dans le bassin atlantique.

En outre, un principe de cycles fut aussi établi. Il est basé sur six ans et six listes, les années paires débutent par un prénom masculin, les années impaires par un prénom féminin. Ainsi la liste de 2000 est la même que celle de 1994, la liste de 2001 reprend celles de 1989 et 1995. Les six listes prévoient 21 prénoms courants de A à W mais sans Q ni U, plutôt pauvres en prénoms. Ensuite, il est prévu d’utiliser les lettres de l’alphabet grec. En 2005, année de record avec 27 cyclones, la liste fut totalement utilisée jusqu’à Wilma, puis jusqu’à la lettre grecque Zêta.

Relation entre le réchauffement climatique et les cyclones tropicaux

Selon des études climatologiques, la relation entre le réchauffement climatique et la survenance des cyclones tropicaux n’est pas bien établie. En effet, une température de surface de l’océan plus élevée ne « facilite » pas forcément la naissance de cyclones. Mais un cyclone déjà bien formé «puisera» bien plus d’énergie pour se renforcer dans une atmosphère humidifiée au-dessus d’océans réchauffés. En effet, la capacité de l’atmosphère à contenir de l’humidité augmente avec sa température. Ce supplément d’humidité sera à l’origine d’un renforcement des pluies cycloniques qui elles-mêmes intensifient le système.

Toute fois, pour le chef du service prévision générale et météo marine de la SODEXAM, Eklou Ferdinand,  avec les effets du réchauffement, il peut y avoir une naissance beaucoup plus récurrente de phénomène cyclonique. Plus les mers sont chaudes, en plus d’autres facteurs favorisant, plus les dépressions tropicales peuvent s’accroitre et engendrer par la suite des cyclones.

Probabilité de survenance d’un cyclone en Côte d’Ivoire

Selon M. Eklou,  la Côte d’Ivoire ne peut être concernée par un cyclone, de par sa situation géographique. La Côte d’Ivoire se trouve près de l’équateur et bénéficie de ce fait,  d’une force de Coriolis faible, « quasi nulle ». Un éloignement de 550 ou 600 km par rapport à l’équateur (soit 5° de latitude) est donc nécessaire à la formation d’un ouragan. La force de Coriolis, qui donne aux cyclones leur rotation initiale, est si faible à l’équateur que les cyclones tropicaux se forment rarement à moins de 10° de l’équateur, c’est-à-dire dans la zone latitudinale où se situe la Côte d’Ivoire (4 à 11°Nord).

 

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