L'île Dumet, un "joyau" de biodiversité menacé par la surfréquentation touristique - LaMinuteInfo

L'île Dumet, un "joyau" de biodiversité menacé par la surfréquentation touristique

L’île Dumet, sa nature sauvage, ses goélands… et ses flots de plaisanciers débarquant chaque été. Les autorités se mobilisent pour préserver de la surfréquentation touristique ce bout de terre fragile de huit hectares situé au large de Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique).

« Entre le 14 juillet et le 15 août, on peut avoir certains jours 200 bateaux au mouillage », assure le maire de Piriac-sur-Mer, Paul Chainais, venu sensibiliser les visiteurs de l’île à ce « joyau » sommeillant au large de sa commune, réservoir de biodiversité faunistique et floristique et accessible uniquement aux bateaux de plaisance.

En ce début de saison estivale, une vingtaine d’embarcations ont jeté l’ancre aux abords immédiats de l’île, l’unique en mer de Loire-Atlantique et propriété depuis 1992 du Conservatoire du littoral, qui en a confié la gestion au département, à la commune de Piriac-sur-Mer et à l’association Dumet Environnement et Patrimoine.

Cannes à pêche fixées à la poupe de leur bateau, certains plaisanciers tentent d’attraper des poissons tandis que des promeneurs et des familles en maillots de bain rejoignent l’une des deux plages, la glacière tenue au-dessus de l’eau.

L’île, sa dune, ses falaises, ses arbres rabotés par le vent, son chardon envahissant : « elle a un côté sauvage et magique » pour Jacky Vilain, 65 ans, débarqué avec ses petits-enfants en vue de cacher un trésor sur cette île qu’il visite depuis trente ans et dont il craint, à terme, la fermeture totale.

Convoitée de tous temps, du fait de sa position stratégique, entre les embouchures de la Loire et de la Vilaine, l’île Dumet a vu débarquer Vénètes, Saxons, Vikings, Espagnols ou Anglais. Deux forts, datant des XVIIIe et XIXe siècles et encore debout, témoignent des velléités militaires de défendre ce rocher.

Garnison militaire au XVIIIe siècle, le fort rond situé au nord de l’île, entre les deux plages, fut pendant 34 ans le lieu d’habitation d’un aristocrate, guérisseur radiesthésiste, et de son épouse, vivant en reclus sur ce bout de terre avant leur retour définitif sur le continent en 1986.

– ‘Fréquentation raisonnée’ –

L’île a souffert de cette présence humaine : en quelques années, les milliers de sternes qui colonisaient l’île ont été décimés, laissant place aux goélands, espèce prédatrice moins effrayée par l’Homme. Plus de 90 couples viennent nicher tous les ans sur l’île pour s’y reproduire, dans un périmètre désormais barré d’un grillage.

La biodiversité, elle, « s’est cassée la figure » avec l’arrivée massive dès les années 1980 de plaisanciers, « parfois plus d’un millier par jour », indique Olivier Penard, technicien du conseil départemental chargé de la gestion du site.

Deux espèces végétales protégées au niveau régional, le bec-de-grue maritime et la renouée maritime, subsistent tant bien que mal sur cette terre sauvage, malgré le piétinement des touristes qui a empêché la flore de pousser.

Afin de maîtriser les flux sans interdire totalement l’accès à l’île, « impossible » selon les gestionnaires, toute la partie ouest de l’île a été clôturée pour interdire son accès. Un sentier balisé permet aux promeneurs de cheminer autour des deux forts et du site de reproduction des goélands, sans les approcher.

« Les visiteurs peuvent profiter d’un bijou en y faisant attention, c’est une fréquentation contrôlée et raisonnée », souligne le vice-président du département, Freddy Hervochon.

Alors qu’il y a encore quelques semaines, seul le vagabondage des chiens était réglementé, le maire de Piriac-sur-Mer a pris le 4 juillet un arrêté municipal plus répressif, élargissant les interdictions à la chasse, au bivouac, à la cueillette des plantes ou aux barbecues.

Chaque contrevenant s’expose à des amendes allant de 11 à 300 euros, délivrées, lors de leurs patrouilles occasionnelles, à terre ou en mer, par les services de la gendarmerie, des affaires maritimes, des douanes, de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS, la « police » du ministère de l’Environnement), de la police municipale ou des agents assermentés du département.

Source: AFP

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