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La Russie aurait des informations compromettantes sur Trump

par Jonathan Landay et John Walcott

WASHINGTON (Reuters) – Des documents confidentiels présentés la semaine dernière par les agences américaines du renseignement à Donald Trump indiquent que des agents russes détiendraient des informations personnelles et financières compromettantes à son sujet, a-t-on appris mardi soir auprès de deux responsables américains.

Ces informations non corroborées par les agents américains figurent dans un résumé de deux pages annexé au rapport sur les ingérences russes présumées dans la campagne présidentielle américaine que les services de renseignement ont remis la semaine dernière au futur président des Etats-Unis et au président sortant, Barack Obama, précisent ces responsables américains, confirmant des informations d’abord révélées par CNN.

« Fausse information, chasse politique totale aux sorcières! », a répliqué Trump dans un tweet rédigé en lettres capitales et publié dans la soirée.

Son équipe de transition n’a pas répondu à nos sollicitations mais le futur président, qui prêtera serment le 20 janvier, aura l’occasion de revenir sur ce sujet ce mercredi lors de la conférence de presse qu’il donnera à sa Trump Tower de New York, la première depuis près de six mois.

Programmé à 11h00 (16h00 GMT), ce rendez-vous avec la presse, le premier depuis son élection le 8 novembre, doit théoriquement porter sur les initiatives que le milliardaire entend prendre pour s’écarter de la gestion de son empire financier et éloigner les risques de conflit d’intérêt.

EX-AGENT BRITANNIQUE DU MI6

D’après l’une des sources interrogées par Reuters, les agents fédéraux de la police judiciaire (FBI) et d’autres administrations américaines n’ont pas encore établi la véracité des affirmations contenues dans cette note, que le site BuzzFeed a intégralement mise en ligne.

Ils n’ont pas davantage pu confirmer la matérialité des relations financières et personnelles de Trump avec des hommes d’affaires russes et d’autres que les analystes du renseignement américain estiment être des agents russes du renseignement ou qui travaillent pour le compte des renseignements russes.

En outre, ajoute une des sources contactées par Reuters, une partie des informations compilées par l’ancien espion britannique s’est révélée fausse.

Les chefs du renseignement américain, dont le Directeur du renseignement national James Clapper, ont néanmoins pris l’initiative très inhabituelle d’en informer Trump pour qu’il soit conscient de l’existence de ces allégations et de leur circulation dans les sphères du renseignement, souligne CNN.

Les informations relatives au « dossier Trump » des Russes proviennent notamment de notes émanant d’un ancien agent britannique du MI6, le renseignement extérieur britannique, qui a été en poste à Moscou dans les années 1990 et dirige aujourd’hui une société privée de renseignement, précise CNN. Son travail passé a en général été considéré comme crédible par les agences américaines.

Le New York Times rapporte de son côté que ces informations « compromettantes et salaces » ont été compilées à la demande de républicains opposés à la candidature de Trump puis de démocrates.

Ces mémos, ajoute le journal, suggèrent que l’administration russe de Vladimir Poutine s’efforce depuis des années de trouver des leviers d’influence sur Donald Trump. L’homme d’affaires aurait été la cible d’opérations visant à le piéger pour réunir des « kompromat », du matériau compromettante susceptible de servir ensuite à des tentatives de chantage.

L’idée que la Russie aurait tenté de discréditer Donald Trump circule depuis plusieurs mois à Washington et a été présentée au FBI et à d’autres responsables du gouvernement américain l’été dernier.

Le FBI a pris l’affaire au sérieux, expliquent les personnes interrogées par Reuters, mais il n’y pas eu de suivi concret par la suite et l’ancien agent britannique a rompu le contact environ trois semaines avant l’élection de novembre.

« PLUS FACILE DE CONCLURE UN ACCORD » AVEC TRUMP

Le Directeur du renseignement national James Clapper a évoqué ces derniers temps l’influence russe « aux multiples facettes » dans les opérations d’espionnage en Europe et aux Etats-Unis.

Auditionné mardi par la commission du renseignement du Sénat, il a déclaré que la Russie avait tenté d’influencer le résultat des élections dans une « vingtaine » de pays.

 Les Russes, a-t-il ajouté lors de cette audition, sont parvenus à la conclusion que l’élection de Donald Trump leur serait favorable parce qu’étant un homme d’affaires, « il serait plus facile de conclure un accord avec lui » qu’avec les dirigeants démocrates. [nL5N1F05MX]

Le directeur du FBI James Comey a déclaré devant la même commission qu’il y avait des preuves que la Russie avait piraté la campagne du Parti républicain au niveau de certains Etats, mais que rien ne prouvait que la Russie se soit introduite dans les serveurs utilisés par Donald Trump pendant la campagne électorale.

Selon les services de renseignement américains, la Russie ne se contente pas de pirater les réseaux informatiques et de diffuser de la propagande et de fausses informations mais recherche aussi des informations compromettantes personnelles, financières ou autres sur un certain nombre de personnalités.

Dans la version publique de leur rapport diffusée vendredi dernier, les agences disent avoir la quasi-certitude que leurs homologues russes, notamment le GRU (renseignements militaires), ont mené des cyberattaques contre des cibles dans les deux camps et utilisé Guccifer 2.0 (qui a revendiqué le piratage du Parti démocrate), DCLeaks.com et WikiLeaks pour rendre publiques certaines données piratées. [nL5N1EW44W]

(avec Eric Beech, Warren Strobel et Mark Hosenball; Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français)

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